Pour attirer les investissements et renforcer sa compétitivité face aux États-Unis et à l’Asie, l’Europe doit alléger ses contraintes réglementaires et accélérer ses réformes. C’est le principal message issu du sommet du FII Institute (Future Investment Initiative Institute), organisé à Rome du 16 au 18 juin 2026, comme le rapporte Euronews FR. Ce forum, qui a réuni des dirigeants politiques, des chefs d’entreprise et des investisseurs du monde entier, a mis en lumière les défis et opportunités pour le continent dans un contexte de concurrence accrue pour les capitaux internationaux.
Ce qu'il faut retenir
- Le sommet du FII Institute à Rome a souligné la nécessité pour l’Europe d’alléger ses contraintes réglementaires pour attirer des investissements stratégiques.
- Richard Attias, président du comité exécutif du FII Institute, a appelé à une plus grande flexibilité réglementaire et à une simplification des procédures administratives.
- Les secteurs prioritaires identifiés incluent l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques, l’énergie propre et l’industrie de pointe.
- Yasir O. Al Rumayyan, président du Public Investment Fund (PIF) saoudien et d’Aramco, a insisté sur l’importance de créer un environnement favorable aux investissements de long terme en Europe.
- Le choix de Rome comme lieu du sommet a été présenté comme un symbole de la capacité européenne à allier héritage historique et réformes économiques.
Rome, capitale d’un débat économique mondialisé
Alors que le récent sommet du G7, dominé par les questions géopolitiques, a mis l’accent sur la sécurité et les conflits internationaux, le sommet du FII Institute à Rome a recentré les discussions sur l’économie. L’événement, baptisé FII Priority Europe, a rassemblé investisseurs, entrepreneurs et responsables politiques pour explorer les moyens de redynamiser l’économie européenne et de financer sa transformation industrielle et technologique. Autant dire que, pour les organisateurs, Rome n’a pas été choisie au hasard : la capitale italienne incarne à leurs yeux la capacité du continent à concilier son patrimoine historique avec un agenda résolument tourné vers l’innovation et la modernisation.
Flexibilité réglementaire : le maître-mot pour attirer les capitaux
Parmi les intervenants, Richard Attias, président du comité exécutif du FII Institute, a martelé un message sans ambiguïté : « L’Europe reste l’un des marchés les plus attractifs au monde, mais les investisseurs recherchent de la clarté, de la prévisibilité et de la rapidité dans la prise de décision. » Il a plaidé pour une réduction des obstacles administratifs et une adaptation du cadre réglementaire afin de faciliter l’afflux de capitaux vers des secteurs stratégiques comme l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques, l’énergie propre ou encore l’industrie de pointe. « L’enjeu n’est pas de renoncer aux standards européens, mais de trouver un équilibre entre régulation, innovation et croissance », a-t-il précisé.
Attias a également mis en garde contre le retard que pourrait prendre l’Europe face aux États-Unis, mais aussi face à des économies émergentes qui accélèrent leurs réformes pour séduire entreprises et grands projets industriels. « Le monde évolue à toute vitesse, et les capitaux aussi. L’Europe a une occasion exceptionnelle de mener la prochaine transformation économique, mais elle doit veiller à ce que les conditions d’investissement soient aussi compétitives que dans les autres régions », a-t-il souligné. Le responsable a rappelé que la capacité du continent à financer sa transition énergétique, développer ses propres technologies et renforcer ses chaînes d’approvisionnement dépendra largement de sa capacité à mobiliser, à grande échelle, des capitaux publics comme privés.
L’Europe, un investissement stratégique pour les fonds souverains
Ce diagnostic a été partagé par Yasir O. Al Rumayyan, président du Public Investment Fund (PIF) d’Arabie saoudite et d’Aramco. Avec des actifs gérés d’environ 1 150 milliards de dollars pour le PIF et des bénéfices records de 93,5 milliards de dollars pour Aramco en 2025, ses déclarations pèsent lourd sur les marchés internationaux. Al Rumayyan a estimé que l’Europe se trouve à un « moment décisif » pour définir sa place dans la nouvelle économie mondiale. « L’Europe dispose d’énormes opportunités dans des domaines tels que la transition énergétique, l’innovation technologique et les infrastructures stratégiques », a-t-il affirmé. Pour lui, créer les bonnes conditions pour orienter les investissements vers des projets de long terme est une priorité absolue.
L’autonomie stratégique européenne en jeu
Au-delà des appels à la flexibilité, le sommet a souligné l’importance pour l’Europe de renforcer son autonomie stratégique. Selon les participants, la capacité du continent à financer sa transition énergétique, développer ses propres technologies et sécuriser ses chaînes d’approvisionnement dépendra de sa capacité à attirer des capitaux à grande échelle. « La concurrence pour les investissements est mondiale, et l’Europe ne peut plus se permettre de rester à l’écart », a résumé un participant sous couvert d’anonymat. Les organisateurs ont insisté sur le fait que la capitale italienne, par son histoire et son positionnement, illustre parfaitement cette ambition de concilier tradition et modernité économique.
Ce sommet à Rome a donc servi de catalyseur pour une prise de conscience collective : l’Europe possède les atouts nécessaires pour attirer les capitaux, mais son avenir économique dépendra de sa capacité à réformer en profondeur son environnement réglementaire.
Les secteurs identifiés comme prioritaires par les intervenants sont l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques, l’énergie propre et l’industrie de pointe. Ces domaines sont considérés comme stratégiques pour la compétitivité future de l’Europe et nécessitent un afflux significatif de capitaux pour financer leur développement.