Alors que les troubles dépressifs touchent près de 300 millions de personnes dans le monde selon l’Organisation mondiale de la santé, la start-up française Sonomind propose une solution innovante pour les cas les plus résistants aux antidépresseurs. Jérémy Bercoff, cofondateur et président de l’entreprise, était l’invité ce jeudi 14 mai de l’émission Good Morning Business sur BFM Business pour détailler cette technologie basée sur les ultrasons.
Ce qu'il faut retenir
- Sonomind développe une technologie utilisant des ultrasons focalisés pour cibler des zones cérébrales spécifiques dans le traitement des dépressions résistantes.
- L’entreprise a été invitée dans l’émission French Tech de BFM Business ce 14 mai pour présenter ses travaux.
- Les ultrasons permettent une approche non invasive, contrairement aux méthodes traditionnelles comme l’électroconvulsivothérapie ou la stimulation magnétique transcrânienne.
- Cette innovation s’inscrit dans le cadre plus large des neurotechnologies, un secteur en plein essor en France et en Europe.
- Les dépressions résistantes aux médicaments représentent un enjeu majeur en santé mentale, avec un taux d’échec des traitements estimé à 30 % selon certaines études.
Une technologie disruptive pour soigner ce qui ne l’est pas
Face aux limites des antidépresseurs classiques, qui échouent dans près d’un tiers des cas selon les données médicales, Sonomind mise sur une approche physique et ciblée. Jérémy Bercoff a expliqué que la méthode consiste à utiliser des ultrasons pour stimuler précisément des régions du cerveau impliquées dans la régulation de l’humeur, comme le cortex cingulaire antérieur. « Nous visons une neuromodulation sans chirurgie, sans implantation d’électrodes, avec une précision millimétrique », a-t-il précisé lors de l’interview.
Cette technologie s’appuie sur des travaux de recherche menés ces dernières années en neurostimulation. Contrairement aux méthodes invasives, elle ne nécessite pas d’anesthésie générale ni d’hospitalisation prolongée, ce qui réduit significativement les risques et les coûts pour les patients. Selon les premières données cliniques évoquées par le cofondateur, les résultats seraient encourageants, avec une amélioration notable chez des patients ayant épuisé les options thérapeutiques disponibles.
Une levée de fonds en préparation pour accélérer le développement
Sonomind, encore en phase de validation clinique, prépare une levée de fonds pour financer la suite de ses essais et obtenir les certifications nécessaires à une mise sur le marché. L’entreprise, basée en région parisienne, pourrait bénéficier du soutien des dispositifs français et européens dédiés à l’innovation médicale. « Nous sommes en discussion avec plusieurs investisseurs et institutions pour structurer notre prochain tour de table », a indiqué Jérémy Bercoff, sans donner de détails sur les montants envisagés.
Le secteur des neurotechnologies, qui pèse aujourd’hui plusieurs milliards d’euros, attire de plus en plus d’acteurs en France. Des concurrents comme BrainsWay ou Neuroelectrics développent des solutions similaires, mais Sonomind se distingue par son approche par ultrasons, encore peu explorée en psychiatrie. « C’est une technologie prometteuse, mais elle doit encore prouver son efficacité à grande échelle », tempère un expert du domaine cité par BFM Business.
Un enjeu de santé publique et d’innovation industrielle
La dépression résistante aux traitements représente un coût économique et social considérable. En Europe, les pertes de productivité liées à cette maladie sont estimées à 110 milliards d’euros par an selon une étude de l’OCDE. Face à ce constat, les pouvoirs publics et les acteurs privés multiplient les initiatives pour accélérer le développement de solutions alternatives. En France, le plan France 2030 consacre 300 millions d’euros à la recherche en santé mentale, dont une partie aux neurotechnologies.
Sonomind pourrait ainsi bénéficier de ces financements, mais aussi de dispositifs comme les France 2030 Deep Tech ou les appels à projets de Bpifrance. « Notre technologie s’inscrit parfaitement dans cette dynamique d’innovation responsable », a souligné Jérémy Bercoff. Reste à démontrer sa viabilité commerciale et son acceptation par le corps médical, deux étapes clés avant une éventuelle commercialisation.
En attendant, les patients et les professionnels de santé devront se contenter des solutions actuelles, aussi imparfaites soient-elles. La route vers une médecine plus précise et moins invasive reste longue, mais des acteurs comme Sonomind montrent que des alternatives existent.
Sonomind utilise des ultrasons focalisés pour stimuler des zones cérébrales spécifiques impliquées dans la régulation de l’humeur, comme le cortex cingulaire antérieur. Cette stimulation non invasive permet de moduler l’activité neuronale sans recourir à la chirurgie ou à des électrodes implantées, contrairement aux méthodes traditionnelles.