Le premier trimestre 2026 s’inscrit dans l’histoire pour les entreprises du S&P 500. Selon Cryptoast, 89 % des 500 plus grandes entreprises cotées aux États-Unis ont publié leurs résultats, révélant une performance exceptionnelle : 84 % ont dépassé les attentes en matière de bénéfice par action (BPA) et 80 % ont enregistré un chiffre d’affaires supérieur aux prévisions.
Ce qu'il faut retenir
- Croissance des bénéfices du S&P 500 à 27,7 % en glissement annuel, la plus forte depuis le quatrième trimestre 2021 (32 %).
- 84 % des entreprises ont dépassé les attentes de BPA et 80 % celles de chiffre d’affaires.
- Sixième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres pour l’indice, avec des revenus estimés en hausse de 11,3 %.
- Ratio cours/bénéfice prévisionnel à 21, supérieur aux moyennes sur 5 et 10 ans.
- Les entreprises liées à l’IA et aux infrastructures de données dominent les performances, tandis que Tesla et Microsoft reculent.
L’indice américain a enregistré des records ces derniers mois, franchissant le seuil symbolique des 7 000 dollars en avril 2026, après être brièvement retombé sous les 6 350 dollars deux semaines plus tôt. Une volatilité qui contraste avec la solidité des résultats trimestriels. Xavier Fenaux, spécialiste de la finance, qualifie ce marché de « en bonne santé fondamentale » dans une analyse publiée sur le réseau X. Selon ses propos, le S&P 500 affiche son « sixième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres », un phénomène rare dans l’histoire récente de l’indice.
Les données, compilées par la société financière FactSet, confirment cette dynamique. Le taux de croissance mixte des bénéfices atteint 27,7 % en glissement annuel, un niveau inédit depuis 2021. Pour rappel, le dernier trimestre affichant une croissance supérieure datait du quatrième trimestre 2021, avec une progression de 32 %. Un chiffre qui souligne l’ampleur de la reprise actuelle, dans un contexte où les prévisions pour le deuxième trimestre 2026 restent partagées : 38 entreprises ont publié des anticipations négatives de BPA, contre 39 avec des prévisions positives. Un équilibre qui contraste avec la moyenne de 58 % de prévisions négatives sur les cinq dernières années.
Un marché résilient, mais sous haute surveillance
Le ratio cours/bénéfice prévisionnel sur 12 mois du S&P 500 s’élève à 21, un niveau supérieur aux moyennes des cinq et dix dernières années (19,9 et 18,9 respectivement). Ce chiffre reflète la confiance des investisseurs, malgré une tolérance réduite aux déceptions. Xavier Fenaux souligne qu’une « punition sur les déceptions quasi deux fois supérieure à la moyenne sur cinq ans (-2,9 %) » est observée, avec une moyenne de -4,9 % en cas de résultats inférieurs aux attentes. Autant dire que les marchés sanctionnent sévèrement les contre-performances.
Parmi les entreprises les plus en vue, celles liées à l’intelligence artificielle et aux infrastructures de données se distinguent. SanDisk enregistre une progression spectaculaire de 558 %, suivie par Intel (+238 %) et Seagate Technology (+184 %). À l’inverse, certains géants de la tech subissent des reculs notables : Tesla affiche une baisse de 4,75 % et Microsoft de 14 %. Une divergence qui illustre la sensibilité du marché aux secteurs porteurs, comme l’IA, tout en rappelant que même les mastodontes ne sont pas à l’abri d’une correction.
Des perspectives contrastées pour le deuxième trimestre
Les analystes restent prudents quant aux prochains mois. Bien que le premier trimestre 2026 ait été marqué par une croissance record, les prévisions pour le trimestre en cours s’équilibrent entre optimisme et scepticisme. 38 entreprises anticipent une baisse de leur BPA, tandis que 39 tablent sur une hausse. Une répartition presque parfaite, bien meilleure que la moyenne historique de 58 % de prévisions négatives sur cinq ans. Pour les investisseurs, cela signifie que la prudence reste de mise, malgré un environnement globalement favorable.
Le ratio cours/bénéfice, à 21, reste élevé par rapport aux moyennes historiques, mais il reflète la confiance des marchés dans la capacité des entreprises à maintenir leur dynamique. Xavier Fenaux note que « le marché est en bonne santé fondamentale », mais il met en garde contre une « tolérance à l’échec inexistante ». En d’autres termes, les investisseurs n’hésiteront pas à sanctionner les entreprises dont les résultats décevront, même légèrement. Cette pression accrue sur les performances explique en partie la volatilité récente, malgré les records atteints par l’indice.
Les secteurs en tête et en retrait
Le S&P 500 offre un tableau contrasté selon les secteurs. D’un côté, les entreprises liées à l’IA et aux infrastructures de données trustent le haut du classement. SanDisk, spécialisée dans les solutions de stockage, affiche une croissance de 558 %, tandis qu’Intel et Seagate Technology enregistrent des hausses respectives de 238 % et 184 %. Ces performances s’expliquent par la demande croissante en solutions de traitement des données et en stockage, portée par l’adoption massive de l’intelligence artificielle dans les entreprises.
De l’autre, certains poids lourds de la tech connaissent des difficultés. Tesla, bien que toujours leader sur le marché des véhicules électriques, voit son bénéfice par action reculer de 4,75 %. La situation est encore plus marquée pour Microsoft, dont le BPA baisse de 14 %. Ces reculs peuvent s’expliquer par des facteurs spécifiques, comme des investissements massifs dans de nouveaux projets ou des pressions concurrentielles accrues. Ils rappellent aussi que, même dans un contexte de croissance globale, certains acteurs peuvent sous-performer.
Par ailleurs, l’évolution des taux d’intérêt et la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) pourraient également influencer la dynamique du S&P 500. Toute décision susceptible de freiner la croissance économique ou d’alourdir le coût du crédit serait susceptible de peser sur les valorisations des entreprises. Les marchés restent donc sous haute surveillance, dans l’attente des prochaines annonces.
Un ratio cours/bénéfice élevé, comme celui observé à 21 pour le S&P 500, indique que les investisseurs paient proportionnellement plus pour chaque dollar de bénéfice généré par les entreprises. Cela reflète généralement une confiance forte dans la croissance future des bénéfices. Cependant, cela peut aussi signaler une valorisation excessive si les attentes ne se matérialisent pas. Historiquement, la moyenne sur cinq ans est de 19,9 et de 18,9 sur dix ans, selon les données compilées par FactSet.
Plusieurs facteurs pourraient freiner la croissance du S&P 500. D’abord, une détérioration de l’environnement économique, marquée par une hausse des taux d’intérêt ou une récession, pourrait peser sur les bénéfices des entreprises. Ensuite, une correction brutale des valorisations dans le secteur de la tech ou de l’IA pourrait entraîner un effet domino sur l’ensemble du marché. Enfin, des déceptions sur les résultats trimestriels, même mineures, pourraient être sévèrement sanctionnées par les investisseurs, comme le souligne Xavier Fenaux.