Alors que les prix à la pompe continuent leur progression, les chauffeurs de taxi multiplient les pressions pour obtenir un soutien plus important de l’État. Début mai, le gouvernement a annoncé une indemnisation de 50 euros pour les « grands rouleurs », sous conditions. Pourtant, cette aide ne satisfait pas la profession, qui dénonce des mesures insuffisantes face à l’augmentation continue des coûts.
Ce qu'il faut retenir
- Le gouvernement a mis en place une indemnisation de 50 euros pour les chauffeurs de taxi, rétroactive pour les mois d’avril, mai et juin.
- Les professionnels demandent un plafonnement des tarifs du carburant à 1,80 euro et un remboursement du surplus sur présentation de factures.
- La Fédération nationale des taxis propose la mise en place d’un système assurantiel, inspiré de celui du transport aérien, pour couvrir les crises successives depuis 2008.
- Les syndicats doivent être reçus par le ministre des Transports dès mercredi 13 mai 2026 pour évoquer leurs revendications.
- À Toulouse, un chauffeur comme Ludovic Descamps voit son coût de plein augmenter de 50 euros depuis le début du conflit au Moyen-Orient, passant de 85 à 132 euros.
Une indemnité jugée insuffisante par les professionnels
Selon Capital, les chauffeurs de taxi estiment que les 50 euros d’indemnisation, officialisés début mai par le gouvernement, ne suffisent pas à compenser la flambée des prix à la pompe. Cette aide, réservée aux « grands rouleurs » sous conditions, sera rétroactive pour les mois d’avril, mai et juin. Pourtant, elle n’a pas été généralisée à l’ensemble de la profession, ce qui limite son impact.
Cette exclusion des mesures précédentes avait déjà été pointée du doigt par les professionnels. BFMTV avait souligné, dans ses colonnes, que les taxis étaient jusqu’alors laissés de côté dans les dispositifs d’aide gouvernementaux. La nouvelle indemnité marque un pas en avant, mais elle reste insuffisante aux yeux des intéressés.
Des revendications précises portées par la Fédération nationale des taxis
Dominique Buisson, secrétaire de la Fédération nationale des taxis, a détaillé les demandes de la profession lors d’un entretien avec BFMTV. « Nous réclamons un plafonnement à 1,80 euro des tarifs des carburants, assorti d’un remboursement du delta sur les prix moyens, sur présentation de factures », a-t-il expliqué. Autre proposition : la création d’un système assurantiel, inspiré de celui en vigueur dans le transport aérien, pour couvrir les crises répétées depuis 2008.
Ces revendications s’appuient sur une réalité économique difficile. Pour les chauffeurs, chaque trajet doit désormais être calculé au plus juste. Ludovic Descamps, chauffeur à Toulouse, en témoigne : « Avant, un plein complet me coûtait 85 euros. Aujourd’hui, c’est 132 euros. Ce n’est plus vivable. »
« Je ne sais plus comment on va faire. On calcule le moindre trajet, la moindre course. »
— Ludovic Descamps, chauffeur de taxi à Toulouse
Un rendez-vous décisif avec le ministre des Transports
Les syndicats représentant les chauffeurs de taxi ont été conviés à un entretien avec le ministre des Transports, prévu ce mercredi 13 mai 2026. Cet échange pourrait apporter les premiers éléments de réponse aux revendications portées par la profession. Les attentes sont élevées, alors que la situation économique des taxis se dégrade.
La Fédération nationale des taxis espère que cette rencontre débouchera sur des mesures concrètes, notamment un soutien plus ciblé et des garanties pour l’avenir. En attendant, la pression monte. Les professionnels dénoncent une précarité croissante, alors que les coûts fixes — carburant, assurances, entretien des véhicules — explosent.
Reste à savoir si les propositions de la Fédération nationale des taxis — comme le plafonnement des prix ou un système assurantiel — seront retenues. Une chose est sûre : la question des carburants et de son impact sur les métiers dépendants du transport n’est pas près de s’éteindre.
Selon Capital, l’indemnité de 50 euros est réservée aux « grands rouleurs » sous conditions. Les bénéficiaires devront justifier d’un kilométrage important ou d’un usage professionnel intensif du véhicule. Les détails précis des critères d’éligibilité n’ont pas encore été rendus publics par le gouvernement.
D’après les informations relayées par Capital, les demandes pourront être déposées à partir de la fin du mois de mai 2026. L’aide sera rétroactive pour les mois d’avril, mai et juin, mais les modalités pratiques de remboursement ne sont pas encore précisées.