Une vaste enquête publiée par Top Santé met en lumière des taux de mercure préoccupants dans certaines boîtes de thon en conserve disponibles sur le marché européen. Sur les 148 produits analysés, certains présentaient des concentrations pouvant atteindre 3,9 mg/kg, un seuil bien supérieur aux recommandations sanitaires. Une diététicienne, Blanca Garcia, a mené ses propres recherches pour identifier les références les moins exposées à ce métal lourd, souvent présent dans les poissons de grande taille.
Ce qu'il faut retenir
- Sur 148 boîtes de thon en conserve testées en Europe, des taux de mercure allant jusqu’à 3,9 mg/kg ont été détectés.
- Les espèces de thon les plus exposées au mercure incluent le thon rouge et le thon obèse, selon les spécialistes.
- Une diététicienne, Blanca Garcia, a mené une enquête pour repérer les marques les moins contaminées.
- Les résultats soulignent l’importance de bien choisir sa conserve en fonction des espèces et des provenances.
Une enquête indépendante sur un produit du quotidien
Les boîtes de thon en conserve figurent parmi les produits les plus consommés en France et en Europe. Pourtant, comme le rapporte Top Santé, leur composition peut varier considérablement d’un rayon à l’autre. Une diététicienne espagnole, Blanca Garcia, a décidé de mener l’enquête en testant 148 références disponibles dans plusieurs pays européens. Les résultats, publiés récemment, révèlent des écarts significatifs dans les taux de mercure, un métal lourd dont l’accumulation dans l’organisme peut entraîner des troubles neurologiques.
Les échantillons les plus contaminés affichaient des concentrations de 3,9 mg/kg, soit bien au-delà des seuils recommandés par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). « Les poissons de grande taille, comme le thon rouge, sont naturellement plus exposés au mercure, car ce métal s’accumule dans leurs tissus au fil du temps », a expliqué Garcia. Une affirmation qui rejoint les conclusions d’autres études menées sur les produits de la mer.
Les critères de sélection pour éviter les produits à risque
Face à ces résultats, Blanca Garcia a établi une liste de critères pour guider les consommateurs. Elle recommande de privilégier les boîtes de thon étiquetées « albacore » ou « listao », des espèces moins exposées au mercure que le thon rouge ou l’obèse. « Les petits thons, qui se nourrissent de plancton et vivent moins longtemps, accumulent moins de mercure », a-t-elle précisé. Une information qui pourrait influencer les choix en rayon, d’autant que ces espèces sont souvent moins chères.
L’enquête révèle aussi que certaines marques, malgré des prix similaires, affichent des écarts notables en termes de contamination. García a identifié plusieurs références disponibles en grandes surfaces françaises et européennes qui respectent des seuils bien inférieurs à la moyenne. « Il est possible de consommer du thon en conserve sans s’exposer à des risques inutiles, à condition de bien lire les étiquettes », a-t-elle souligné. Une recommandation qui s’ajoute aux conseils habituels sur la modération, notamment pour les femmes enceintes et les jeunes enfants.
« Les petits thons, comme l’albacore, sont moins contaminés, car ils vivent moins longtemps et se nourrissent en bas de la chaîne alimentaire. » — Blanca Garcia, diététicienne
Un marché où la transparence reste inégale
Si l’enquête de García apporte des réponses concrètes, elle soulève aussi des questions sur la transparence des industriels. Plusieurs marques testées n’indiquent pas clairement sur leur emballage l’espèce de thon utilisée, un flou qui complique le choix des consommateurs. « En Europe, la réglementation impose aux producteurs d’afficher la liste des ingrédients, mais pas toujours l’espèce exacte du thon », a rappelé la diététicienne. Une situation qui contraste avec les attentes croissantes des clients en matière de traçabilité.
Par ailleurs, les prix ne semblent pas toujours corrélés à la qualité sanitaire. Certaines références haut de gamme affichent des taux de mercure élevés, tandis que des produits premiers prix, à base de listao, s’avèrent moins contaminés. Une disparité qui pourrait inciter les distributeurs à revoir leurs approvisionnements ou à mieux communiquer sur les provenances.
Reste à voir si les grandes surfaces et les marques concernées prendront des mesures correctives. Pour l’instant, la vigilance reste de mise, surtout pour les populations sensibles.
Privilégiez les conserves étiquetées « albacore » ou « listao », deux espèces moins exposées au mercure que le thon rouge ou l’obèse. Vérifiez également l’origine du produit et, si possible, choisissez des marques qui communiquent clairement sur l’espèce utilisée.