Un groupe sanguin jusqu’ici considéré comme minoritaire pourrait être lié à un ralentissement du vieillissement des organes, selon deux études publiées récemment et relayées par Top Santé. Cette découverte, qui suscite autant d’espoir pour les perspectives de longévité que de questions sur les risques cardiovasculaires associés, complexifie les connaissances actuelles sur la relation entre groupes sanguins et santé. Si les résultats restent à confirmer, ils pourraient ouvrir de nouvelles pistes de recherche en médecine préventive.

Ce qu'il faut retenir

  • Le groupe sanguin AB est pointé du doigt par deux études distinctes comme étant associé à un vieillissement cellulaire plus lent, notamment au niveau des organes.
  • Ce groupe sanguin, présent chez environ 4 % de la population française, pourrait influencer la longévité, mais son lien avec d’autres risques santé reste à éclaircir.
  • Les recherches, menées sur plusieurs milliers de participants, suggèrent que les porteurs de ce groupe bénéficieraient d’une baisse de 15 % des marqueurs de vieillissement par rapport aux autres groupes sanguins.
  • Certains experts soulignent toutefois que ce groupe serait aussi associé à un risque accru de maladies cardiovasculaires, en particulier chez les femmes.

Des études concordantes sur un groupe sanguin rare

Deux recherches indépendantes, l’une menée par l’Université de Californie à San Diego et l’autre par des scientifiques européens, ont identifié une corrélation entre le groupe sanguin AB et un vieillissement organique atténué. Selon Top Santé, les équipes ont analysé les données de plus de 14 000 participants, en mesurant des indicateurs comme la fonction rénale, la santé pulmonaire et l’élasticité des vaisseaux sanguins. Les résultats, publiés en 2025 et début 2026, révèlent que les personnes du groupe AB présentaient des « marqueurs de vieillissement » — comme des télomères plus longs ou une meilleure fonction cognitive — significativement meilleurs que les autres groupes.

Comme l’a expliqué le Dr. Anna Frenkel, coauteure de l’étude californienne : « Ces données sont intrigantes, car elles suggèrent que certains groupes sanguins pourraient influencer non seulement la compatibilité transfusionnelle, mais aussi la biologie du vieillissement. Cependant, nous ne comprenons pas encore les mécanismes sous-jacents. » La chercheuse a précisé que des analyses génétiques supplémentaires sont prévues pour identifier les voies biologiques impliquées.

Un paradoxe : longévité et risques cardiovasculaires

Si le groupe AB semble offrir un avantage en termes de ralentissement du vieillissement, les études pointent aussi un revers de la médaille. Selon les données relayées par Top Santé, les femmes porteuses de ce groupe présenteraient un risque accru de 20 % de maladies cardiovasculaires, notamment en raison d’une propension à l’hypertension artérielle et à l’accumulation de plaques d’athérome. Les chercheurs tempèrent cependant ces résultats, rappelant que d’autres facteurs — comme le mode de vie ou les antécédents familiaux — jouent un rôle déterminant.

Pour le Pr. Marc Dubois, cardiologue à l’hôpital Georges-Pompidou à Paris, « cette découverte ne doit pas être interprétée comme une fatalité pour les porteurs du groupe AB. Elle souligne simplement la nécessité d’un suivi médical personnalisé, avec une attention particulière portée à la santé cardiovasculaire ». Le spécialiste a ajouté que des travaux complémentaires sont nécessaires pour affiner ces observations, notamment en distinguant l’impact du groupe sanguin des effets des autres marqueurs biologiques.

Un groupe sanguin sous-représenté, mais aux implications majeures

En France, le groupe AB concerne 4 % de la population, selon les chiffres de l’Établissement français du sang (EFS). Ce groupe, souvent classé comme « receveur universel » pour les globules rouges (car compatible avec tous les groupes en cas de transfusion), est également associé à des particularités immunitaires. Les chercheurs estiment que ces caractéristiques pourraient expliquer, en partie, les différences observées dans le vieillissement. Cependant, comme le rappelle Top Santé, « les mécanismes exacts restent à élucider ».

Parmi les pistes explorées figurent l’influence des anticorps anti-A et anti-B — naturellement présents chez les personnes du groupe AB — sur la réponse inflammatoire ou la régulation du stress oxydatif. Autant dire que ces travaux pourraient avoir des répercussions bien au-delà de la simple compréhension des groupes sanguins, en ouvrant des perspectives sur des thérapies ciblées contre le vieillissement.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à reproduire ces résultats sur des cohortes plus larges et diversifiées, afin de confirmer l’association entre le groupe AB et le vieillissement. Des essais cliniques pourraient être lancés d’ici 2027 pour tester des interventions — comme des régimes alimentaires ou des traitements — visant à moduler les effets observés. Dans l’immédiat, les experts appellent à la prudence : « Ces découvertes sont prometteuses, mais elles ne doivent pas occulter l’importance des facteurs environnementaux, comme l’alimentation ou l’activité physique, dans la longévité », a souligné le Pr. Dubois.

Quant aux porteurs du groupe AB, les médecins recommandent de ne pas tirer de conclusions hâtives. « Un suivi régulier reste le meilleur moyen de prévenir les risques, quels qu’ils soient », a conclu le cardiologue.