Le transport maritime mondial traverse une période d’instabilité sans précédent, selon Ouest France. Entre tensions géopolitiques et perturbations climatiques, les routes commerciales traditionnelles – comme le détroit d’Ormuz, le canal de Suez ou le canal de Panama – deviennent des zones à haut risque. Dans ce contexte, certains armateurs explorent des alternatives, y compris des tracés empruntés il y a des millénaires.
Ce qu'il faut retenir
- Les détroits d’Ormuz, de Suez et de Panama sont actuellement les points les plus exposés aux crises géopolitiques et climatiques.
- Le transport maritime subit une instabilité violente, poussant les acteurs du secteur à chercher des solutions alternatives.
- Certains armateurs envisagent de réemprunter des routes antiques, moins exposées aux tensions actuelles.
- Les tensions en mer Rouge et dans le golfe Persique aggravent la situation depuis 2023.
Des routes historiques pour contourner les crises modernes
Les armateurs et les compagnies maritimes cherchent des solutions pour sécuriser leurs échanges, autant dire que la recherche de nouvelles routes n’est plus une option mais une nécessité. D’après Ouest France, certains professionnels du secteur évoquent un retour partiel à des tracés utilisés il y a plusieurs siècles, avant l’ouverture des grands canaux modernes. Ces routes antiques, comme celle reliant la mer Rouge à la Méditerranée via l’actuel Israël, pourraient offrir une alternative aux zones de tension actuelles.
Un armateur européen, cité par le quotidien, a confirmé à l’Agence France-Presse que « certains navires ont déjà commencé à emprunter des voies moins conventionnelles ». Ces routes, bien que plus longues, permettent d’éviter les détroits sous haute surveillance militaire ou les zones sujettes aux actes de piraterie. Les experts soulignent cependant que cette solution reste marginale pour l’instant, en raison des coûts logistiques et des infrastructures limitées.
Le canal de Suez et le détroit d’Ormuz : deux points de tension majeurs
Le canal de Suez, qui relie la Méditerranée à la mer Rouge, est l’une des artères les plus stratégiques du commerce mondial. Selon les dernières données de l’Autorité du canal de Suez, près de 12 % du trafic maritime mondial y transite chaque année. Pourtant, depuis 2023, la région est secouée par des attaques de drones et des tensions entre Israël et les groupes armés du Yémen, comme les rebelles Houthis. En 2025, plusieurs compagnies maritimes ont signalé des hausses de primes d’assurance pouvant atteindre 500 % pour les navires empruntant cette route.
À l’autre extrémité du globe, le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman, est un passage obligatoire pour près de 20 % du pétrole mondial. Les tensions entre Téhéran et Washington, ainsi que les menaces de l’Iran de bloquer le détroit en cas de conflit, ont poussé plusieurs pays à diversifier leurs approvisionnements. « On observe une volonté croissante de réduire la dépendance à cette zone », a déclaré un expert en géopolitique maritime à Ouest France.
Le canal de Panama : des restrictions liées au changement climatique
Le canal de Panama, qui relie l’océan Atlantique à l’océan Pacifique, est lui aussi en première ligne face au changement climatique. En 2023, une sécheresse historique a forcé l’Autorité du canal de Panama à réduire le nombre de passages quotidiens de 36 à 24, voire moins en période de pénurie. Les restrictions, toujours en vigueur en 2026, ont entraîné des retards de plusieurs semaines pour certains navires. Les compagnies maritimes doivent désormais payer des péages plus élevés pour obtenir des créneaux prioritaires, ce qui alourdit les coûts de transport.
Face à cette situation, certaines entreprises étudient des routes alternatives, comme le passage par le cap Horn ou le cap de Bonne-Espérance. Ces tracés, bien que plus longs, évitent les canaux sous tension. « C’est nouveau et perturbant », a reconnu un responsable d’une grande compagnie maritime. « On revient à des solutions que l’on pensait appartenir au passé. »
En attendant, le secteur maritime reste dans l’expectative, contraint de s’adapter en temps réel à un environnement de plus en plus imprévisible.
Les routes antiques, comme celle reliant la mer Rouge à la Méditerranée via l’actuel Israël, évitent les détroits sous haute tension (Suez, Ormuz) et les zones de piraterie. Elles sont également moins exposées aux restrictions climatiques, comme celles du canal de Panama. Cependant, elles restent moins efficaces en termes de temps et de coûts logistiques, ce qui limite leur adoption massive pour l’instant.