L’action Intel a connu une hausse spectaculaire de près de 11% à l’ouverture de la Bourse de New York, mercredi 18 juin 2026, après l’annonce par Donald Trump d’un vaste plan de relocalisation de l’industrie américaine des semi-conducteurs. Selon BFM Business, cette initiative s’articule autour d’un partenariat stratégique entre Intel, Apple, Nvidia et Elon Musk, ainsi que d’une prise de participation de 10% du gouvernement fédéral dans le groupe. Une stratégie présentée comme un tournant pour l’industrie technologique des États-Unis.
Ce qu'il faut retenir
- L’action Intel a bondi de **11%** à l’ouverture de Wall Street après l’annonce de Donald Trump.
- Le président américain a détaillé un plan incluant un partenariat avec Apple pour fabriquer des puces aux États-Unis.
- Nvidia et Elon Musk (via TerraFab) rejoignent l’effort industriel, avec un soutien massif à l’activité de fonderie d’Intel.
- Le gouvernement américain prendra une participation de **10%** dans Intel, évaluée à plus de **60 milliards de dollars**.
- La capitalisation boursière d’Intel a atteint **609 milliards de dollars**, soit une progression de **464%** sur un an.
Un partenariat historique entre Intel et Apple pour relocaliser la production
Dans un message publié sur Truth Social, Donald Trump a confirmé que Apple avait accepté de collaborer avec Intel pour « concevoir et fabriquer ses puces aux États-Unis ». Une annonce qui marque un tournant pour le géant californien, jusqu’alors dépendant de partenaires asiatiques pour la production de ses processeurs. « La technologie dont le monde dépend a été inventée en Amérique. Qui n’a jamais entendu parler d’Intel Inside ? », a rappelé le président américain, critiquant au passage les présidents précédents pour leur gestion jugée « incompétente » de l’industrie.
Cette collaboration s’inscrit dans une stratégie plus large de réindustrialisation, visant à réduire la dépendance des États-Unis vis-à-vis de Taïwan et d’autres acteurs étrangers pour les semi-conducteurs. « Des présidents incompétents ont négligé notre économie et ont laissé Taïwan et d’autres s’emparer de nos usines de semi-conducteurs », a-t-il déclaré, soulignant l’urgence de retrouver une autonomie technologique.
Intel, un géant en pleine renaissance sous la direction de Lip-Bu Tan
L’annonce intervient alors qu’Intel connaît un redressement spectaculaire après plusieurs années de difficultés. Longtemps considéré comme un acteur en déclin, confronté à des retards technologiques et à la perte de sa domination historique, le groupe a retrouvé la faveur des investisseurs depuis l’arrivée de Lip-Bu Tan à sa tête, en début d’année 2025. Sous sa direction, l’action a progressé de **464%** en douze mois, portant sa capitalisation boursière à près de **609 milliards de dollars** — une valorisation supérieure à celle enregistrée lors de la bulle internet de 2000.
Selon Donald Trump, ce rebond est directement lié à la politique de son administration, qui a placé les semi-conducteurs au cœur de sa stratégie industrielle. « J’ai décidé d’aider Intel parce que nous devons concevoir et fabriquer nos puces ici même, en Amérique », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de reconstruire une chaîne d’approvisionnement 100% américaine.
Nvidia, Elon Musk et l’État américain s’engagent aux côtés d’Intel
Le plan dévoilé par Donald Trump repose sur plusieurs piliers. D’abord, Nvidia a accepté de produire ses premières puces haut de gamme dans les usines d’Intel, marquant le premier engagement majeur d’un géant technologique en faveur de l’activité de fonderie du groupe. Ensuite, Elon Musk a annoncé le développement de TerraFab, présentée comme « la plus grande usine de puces au monde », conçue en partenariat avec les équipes technologiques d’Intel. Ce projet constitue une première pour Intel, dont l’activité de fabrication de puces était jusqu’alors principalement destinée à ses propres besoins.
Enfin, l’État américain prendra une participation de **10%** dans Intel en échange de son soutien financier. « Nous avons décidé d’aider Intel en échange de 10% de leurs actions. Leur valeur était d’environ 100 milliards de dollars lorsque nous avons fait notre offre. Elles valent maintenant plus de 600 milliards de dollars », a expliqué Donald Trump. Selon lui, cette participation publique, désormais évaluée à **plus de 60 milliards de dollars**, représenterait « l’un des investissements publics les plus rentables de l’histoire récente des États-Unis ».
« Quand un président a-t-il fait gagner de l’argent à l’Amérique pour la dernière fois ? »
— Donald Trump, sur Truth Social
Les critiques de Bill Gates : un gouvernement actionnaire remet-il en cause l’équité du marché ?
Si l’annonce a été saluée par les marchés, elle suscite déjà des interrogations dans le secteur technologique. Sur la chaîne américaine CNBC, Bill Gates, fondateur de Microsoft, a exprimé ses craintes quant à un possible favoritisme de l’État envers les entreprises dont il détient des parts. « Un gouvernement fonctionne mieux lorsqu’il est relativement prévisible », a-t-il déclaré. « Washington soutient-il une technologie émergente dans l’intérêt du pays et traite-t-il toutes les entreprises sur un pied d’égalité, ou cherche-t-il simplement à se constituer un portefeuille d’investissements qu’il voudra ensuite protéger ? »
Une distinction que Donald Trump ne semble pas faire, selon Bill Gates. Pour l’instant, l’administration n’a pas commenté ces critiques, se concentrant sur la mise en œuvre du plan annoncé. Reste à voir si cette prise de participation publique sera perçue comme un levier stratégique ou comme une distorsion de concurrence.
Pour l’heure, les marchés semblent convaincus : l’action Intel, déjà en forte progression, pourrait continuer sur cette dynamique si les premières réalisations confirment les promesses annoncées. Une chose est sûre : l’industrie des semi-conducteurs américaine est entrée dans une nouvelle ère, marquée par une volonté politique sans précédent de reprendre le contrôle de sa souveraineté technologique.
Selon Donald Trump, cette participation de 10% dans Intel est un échange en contrepartie du soutien financier apporté par l’État fédéral. Le gouvernement américain considère ce partenariat comme un levier pour relancer l’industrie des semi-conducteurs et réduire la dépendance des États-Unis vis-à-vis de Taïwan et d’autres acteurs étrangers. La valorisation de cette participation est passée de 100 à plus de 600 milliards de dollars, ce qui en ferait l’un des investissements publics les plus rentables de l’histoire récente.
TerraFab, présentée par Elon Musk comme « la plus grande usine de puces au monde », vise à produire des semi-conducteurs à grande échelle en partenariat avec Intel. Ce projet s’inscrit dans la stratégie de réindustrialisation américaine et devrait permettre de renforcer les capacités de fabrication locales, actuellement limitées. Les détails techniques et les calendriers de construction n’ont pas encore été précisés, mais l’annonce marque un engagement concret en faveur de la production nationale.