Depuis le début de l’invasion russe en 2022, l’Ukraine, les institutions internationales et les organisations non gouvernementales (ONG) se mobilisent sans relâche pour localiser et rapatrier les milliers d’enfants déportés de force vers la Russie. Selon RFI, ce travail colossal vise à rassembler plus de 20 000 mineurs arrachés à leur pays d’origine. Parallèlement, la justice internationale avance : Vladimir Poutine et Maria Lvova-Belova, commissaire russe aux Droits de l’enfant, sont visés par des mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour ce crime de déportation. En attendant un éventuel procès, les familles ukrainiennes et les autorités locales poursuivent leurs efforts pour retrouver leurs enfants.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 20 000 enfants ukrainiens ont été déportés de force vers la Russie depuis 2022, selon les estimations disponibles.
  • Vladimir Poutine et Maria Lvova-Belova sont recherchés par la CPI pour leur rôle présumé dans ces déportations.
  • Les autorités ukrainiennes, les ONG et les institutions internationales coordonnent leurs actions pour identifier et rapatrier ces mineurs.
  • La mobilisation inclut des procédures administratives, des enquêtes et des partenariats avec des pays tiers.

Un crime de guerre reconnu par la justice internationale

Dès 2023, la Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre le président russe Vladimir Poutine et Maria Lvova-Belova. Comme le rapporte RFI, cette décision s’appuie sur des preuves de déportations massives d’enfants ukrainiens vers des territoires sous contrôle russe ou en Russie même. Ces actes sont qualifiés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité par plusieurs pays et organisations. « Le transfert forcé d’enfants est une violation grave du droit international humanitaire », a rappelé un rapport de l’ONU en 2024. Pour l’instant, aucun procès n’a encore eu lieu, mais les investigations se poursuivent.

Les mécanismes mis en place pour localiser et rapatrier les mineurs

Sur le terrain, une cellule dédiée, composée d’agents du ministère ukrainien des Affaires étrangères, de la police nationale et d’ONG comme Save the Children ou le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), travaille à identifier les enfants disparus. D’après RFI, cette équipe s’appuie sur des bases de données, des témoignages de familles et des signalements en provenance de pays voisins. Une fois localisés, les enfants font l’objet d’une procédure administrative pour vérifier leur identité et leur lien avec l’Ukraine. Si la filiation est établie, leur rapatriement est organisé en coordination avec les autorités russes — un processus souvent complexe et semé d’embûches.

Les obstacles sont nombreux : certains enfants ont été adoptés ou placés dans des familles russes, tandis que d’autres ont vu leur identité modifiée. Les autorités ukrainiennes insistent sur la nécessité de former les personnels en contact avec ces mineurs pour éviter tout traumatisme supplémentaire. « Chaque cas est unique, et notre priorité est de garantir leur sécurité et leur retour dans les meilleures conditions possibles », a déclaré Iryna Vereshchuk, vice-Première ministre ukrainienne chargée de la Réintégration des territoires temporairement occupés, en mars 2025.

La mobilisation des familles et de la société civile

Derrière les chiffres, il y a des vies brisées et des familles déchirées. Depuis 2022, des associations ukrainiennes comme « Children of War » ou « Save Ukraine » ont lancé des campagnes pour sensibiliser l’opinion publique et recueillir des témoignages. RFI souligne que ces initiatives ont permis de retrouver plusieurs centaines d’enfants, mais que le nombre de disparus reste élevé. Les réseaux sociaux jouent un rôle clé dans cette quête : des groupes de recherche locaux et internationaux partagent des photos et des informations pour identifier les mineurs déportés.

Les familles, souvent sans nouvelles depuis des mois, se tournent aussi vers les ambassades ukrainiennes en Europe pour obtenir de l’aide. En Pologne, en Allemagne ou en France, des consulats ont reçu des centaines de demandes de rapatriement. Les retours, quand ils ont lieu, sont encadrés par des psychologues pour aider les enfants à se réadapter à leur vie en Ukraine. « Certains ne parlent plus ukrainien, d’autres ne reconnaissent plus leurs parents après deux ans d’absence », a expliqué une psychologue de l’ONG « Blue Bird » en 2025.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient marquer les prochains mois dans ce dossier. La CPI doit présenter un rapport d’étape sur l’avancée de ses enquêtes d’ici la fin 2026, tandis que l’Ukraine prépare une conférence internationale avec ses alliés pour renforcer la pression sur Moscou. Par ailleurs, des négociations indirectes entre Kiev et Moscou pourraient aboutir à des échanges de prisonniers incluant des enfants, comme cela a été le cas par le passé. Enfin, l’Union européenne a annoncé un financement supplémentaire de 50 millions d’euros pour soutenir les opérations de rapatriement. Reste à voir si ces initiatives suffiront à accélérer le processus.

La tâche reste immense, mais l’espoir persiste. Chaque enfant rapatrié est une victoire pour les familles et pour le droit international.

Les autorités ukrainiennes et les ONG recommandent de signaler toute disparition via la plateforme officielle « Missing Children Ukraine » ou en contactant directement le ministère des Affaires étrangères. Une base de données centralisée recense les mineurs recherchés, avec leurs photos et leurs signalements.