Une question qui a longtemps taraudé les esprits, y compris les plus gourmands, trouve enfin une réponse scientifique. Selon Ouest France, un chercheur breton installé aux États-Unis, Tom Marzin, a établi « The crêpe equation », une formule permettant de déterminer le nombre de fois qu’une crêpe peut être pliée sans se briser. Présentée lors du congrès annuel de l’American Physical Society — la plus grande société de physique au monde — cette découverte, bien que semblant anecdotique, repose sur des principes physiques rigoureux et pourrait ouvrir des perspectives inattendues.

Ce qu'il faut retenir

  • Un physicien breton, Tom Marzin, a développé « The crêpe equation », une formule mathématique expliquant le nombre de pliages possibles d’une crêpe.
  • Cette équation a été présentée lors du congrès de l’American Physical Society, la plus grande société de physique mondiale.
  • La question, souvent perçue comme ludique, repose en réalité sur des principes physiques complexes.
  • Les résultats pourraient avoir des applications au-delà du simple pliage de crêpes, notamment en science des matériaux.

Une question qui dépasse le cadre culinaire

Le pliage d’une crêpe, geste apparemment simple, cache en réalité des lois physiques bien précises. Tom Marzin, physicien d’origine bretonne désormais basé aux États-Unis, a consacré des mois de recherche à cette énigme. Selon ses travaux, « The crêpe equation » permet de calculer le nombre maximal de pliages en fonction de plusieurs paramètres : l’épaisseur de la crêpe, son élasticité et la force appliquée lors du pliage. Autant dire que derrière cette question se cache une véritable modélisation mathématique. « C’est une façon amusante d’aborder des concepts de mécanique des milieux continus », a déclaré Tom Marzin lors de sa présentation.

L’étude, bien que présentée sous un angle humoristique, s’inscrit dans une démarche scientifique sérieuse. L’American Physical Society, qui regroupe des milliers de chercheurs à travers le monde, a accueilli ces résultats avec intérêt. « Nous recevons régulièrement des propositions de recherches originales, mais celle-ci se distingue par son accessibilité et son côté pédagogique », a souligné un membre du comité scientifique.

Une équation qui s’appuie sur des principes physiques solides

Pour établir « The crêpe equation », Tom Marzin s’est inspiré de travaux antérieurs en science des matériaux et en mécanique des solides. L’équation prend en compte des variables comme la contrainte mécanique subie par la crêpe lors du pliage, sa déformation élastique et la résistance à la rupture du matériau. « Une crêpe classique, faite de farine et d’œufs, se comporte comme un matériau viscoélastique. Son pliage dépend donc à la fois de sa structure interne et de la manière dont on applique la force », a expliqué le physicien.

Les expériences menées par Marzin ont montré que le nombre de pliages possibles dépend principalement de l’épaisseur initiale de la crêpe. Par exemple, une crêpe fine (moins de 1 mm) peut généralement être pliée 3 à 5 fois avant de se fissurer, tandis qu’une crêpe plus épaisse (2 mm) peut tenir jusqu’à 7 ou 8 pliages. Ces résultats, bien que précis, restent des estimations, car d’autres facteurs comme la température ou l’humidité jouent également un rôle.

Une découverte aux applications potentielles insoupçonnées

Si l’idée d’étudier le pliage d’une crêpe peut prêter à sourire, les principes sous-jacents intéressent déjà d’autres domaines scientifiques. Les matériaux souples et déformables, comme les polymères ou les tissus biologiques, pourraient bénéficier de ces recherches. « Les crêpes sont un excellent modèle pour étudier la déformation des matériaux minces », a précisé Tom Marzin. « Leurs propriétés se rapprochent de celles des membranes cellulaires ou des feuilles métalliques utilisées en ingénierie. »

Par ailleurs, cette équation pourrait inspirer des applications dans l’industrie alimentaire, notamment pour optimiser la fabrication de produits plats comme les galettes ou les wafers. « Comprendre comment un matériau se déforme sous une contrainte est essentiel pour améliorer les processus de production », a ajouté le chercheur. Ces pistes restent cependant à explorer, car l’étude se concentre pour l’instant sur le cas spécifique de la crêpe.

Et maintenant ?

La prochaine étape pour Tom Marzin et son équipe consistera à affiner « The crêpe equation » en intégrant davantage de variables, comme la température de cuisson ou la composition exacte de la pâte. Une publication scientifique détaillée est prévue d’ici la fin de l’année 2026, ce qui permettra à la communauté scientifique d’évaluer plus précisément la portée de ces travaux. Par ailleurs, des collaborations avec des laboratoires spécialisés dans les matériaux pourraient émerger pour tester l’applicabilité de cette équation à d’autres domaines.

En attendant, les amateurs de crêpes peuvent désormais se targuer de plier leur galette de manière optimale, tout en se disant que leur geste du quotidien relève, en réalité, d’une belle démonstration de physique appliquée.

Une crêpe se brise en raison des contraintes mécaniques qui s’accumulent lors des pliages successifs. Chaque pli augmente la tension interne du matériau, jusqu’à ce que les forces dépassent la résistance à la rupture de la pâte. La structure viscoélastique de la crêpe joue également un rôle : elle se déforme d’abord élastiquement, puis plastiquement, avant de se fissurer.