Un vestige historique de la Tour Eiffel, un escalier hélicoïdal datant de 1889, sera proposé à la vente aux enchères ce jeudi 21 mai après-midi par la maison Artcurial, selon Franceinfo - Culture. Ce morceau de l’histoire de Paris, composé de 14 marches en acier et tôle rivetée, sera adjugé à partir de 14h30 dans les locaux de la maison de ventes, situés sur les Champs-Élysées. La mise à prix est fixée entre 120 000 et 150 000 euros, mais les observateurs anticipent une enchère bien supérieure en raison de la rareté et de l’histoire de cet objet.

Ce qu'il faut retenir

  • Un morceau d’histoire : cet escalier reliait le deuxième au troisième étage de la Tour Eiffel en 1889, sous la direction de Gustave Eiffel.
  • 2,75 mètres de haut pour 14 marches en acier et tôle rivetée, dimensions inchangées depuis sa création.
  • Mise à prix élevée : entre 120 000 € et 150 000 €, mais un précédent similaire avait été adjugé à plus de 500 000 € en 2016.
  • Provenance récente : ce tronçon avait été acquis en 1983 par un homme d’affaires français et conservé pendant quarante ans avant d’être remis en vente.
  • Cinquième vente de ce type depuis 2013 par Artcurial, soulignant la régularité des cessions de vestiges de la Dame de Fer.

Un escalier témoin de l’ingénierie du XIXe siècle

L’escalier mis aux enchères aujourd’hui n’est pas un simple objet décoratif : il s’agit d’une pièce technique conçue pour la Tour Eiffel dès son inauguration en 1889. Gustave Eiffel et son équipe avaient imaginé cet escalier hélicoïdal — ou « en colimaçon » — pour permettre aux visiteurs d’accéder au sommet sans emprunter les ascenseurs, encore rudimentaires à l’époque. Fabriqué en acier et tôle rivetée, ce tronçon mesure 2,75 mètres de haut et compte 14 marches, comme l’ensemble des 24 tronçons initialement installés.

Cet escalier a été démonté en 1983 lors de travaux de modernisation visant à remplacer les ascenseurs d’origine par des systèmes plus performants. À cette occasion, 24 tronçons avaient été retirés, certains étant vendus aux enchères pour financer des projets de conservation ou de restauration du monument. Depuis, ces pièces deviennent des objets de collection recherchés par les musées et les particuliers fortunés, tant pour leur valeur historique que pour leur esthétique industrielle.

Une valeur historique qui dépasse la mise à prix

Pour Sabrina Dolla, directrice associée chez Artcurial, ce tronçon représente bien plus qu’un simple escalier : « C’est un morceau de l’histoire de Paris, a-t-elle souligné. C’est ça qui fait sa valeur très forte, parce qu’il s’agit d’un vrai vestige de cette époque. » L’expertise de la maison de ventes met en avant le caractère unique de cet objet, conçu pour une structure elle-même emblématique. L’acier et la tôle rivetée, matériaux typiques de la révolution industrielle, témoignent des techniques de construction de la fin du XIXe siècle, une période où la Tour Eiffel incarnait le progrès technique et l’audace architecturale.

Le parcours de ce tronçon ajoute à son aura : acquis en 1983 par un homme d’affaires français pour 160 000 francs — soit environ 58 000 euros à l’époque — il a été conservé pendant quarante ans dans un entrepôt en France. Sabrina Dolla évoque une découverte comparable à « retrouver un trésor caché dans un grenier ». Cette longévité dans l’ombre a sans doute préservé l’intégrité de l’objet, mais aussi renforcé son mystère avant sa réapparition sur le marché.

Des enchères sous haute tension

Artcurial organise ce jeudi 21 mai la cinquième revente d’un tronçon d’escalier de la Tour Eiffel depuis 2013. La maison de ventes parisienne, réputée pour ses adjudications d’objets d’exception, mise sur un engouement similaire à celui observé lors des précédentes ventes. En 2016, un tronçon comparable avait été adjugé à 523 800 euros, un record qui donne le ton pour la cession de ce jeudi. Avec une mise à prix comprise entre 120 000 et 150 000 euros, les enchères pourraient s’envoler bien au-delà, portées par la rareté du morceau et l’attrait des collectionneurs pour les reliques de la Tour Eiffel.

Les acheteurs potentiels pourraient être des musées, des passionnés d’histoire industrielle ou des investisseurs souhaitant diversifier leur portefeuille avec des actifs historiques. La maison Artcurial, qui a déjà cédé plusieurs tronçons ces dernières années, mise sur cette vente pour confirmer l’engouement durable pour les vestiges de monuments emblématiques. Pour les amateurs, cette adjudication représente une opportunité rare d’acquérir un morceau de l’histoire parisienne, symbole à la fois de l’ingénierie du XIXe siècle et du génie créatif de Gustave Eiffel.

Et maintenant ?

La vente de ce jeudi pourrait servir d’indicateur pour l’avenir des cessions de vestiges de la Tour Eiffel. Si l’adjudication dépasse largement les estimations, cela pourrait encourager la maison Artcurial à proposer d’autres tronçons encore en circulation. En revanche, un résultat en deçà des attentes pourrait freiner les initiatives similaires. Reste à voir si ce tronçon, conservé pendant quarante ans à l’abri des regards, suscitera l’engouement escompté. La Tour Eiffel, monument le plus visité au monde, continue ainsi de livrer ses secrets un à un, tout en alimentant le marché des objets historiques.

Cette vente rappelle également les enjeux de conservation des monuments emblématiques : entre modernisation et préservation de l’histoire, les choix opérés dans les années 1980 ont ouvert la voie à un commerce lucratif, mais aussi à une patrimonialisation accrue de ces éléments. Pour les décennies à venir, la question se pose : jusqu’où ira la commercialisation des vestiges de la Dame de Fer, et quel équilibre trouvera-t-on entre accessibilité, conservation et valorisation économique ?

Les escaliers originaux ont été démontés en 1983 lors de travaux de modernisation visant à remplacer les ascenseurs d’origine par des systèmes plus performants et sécurisés. Ces rénovations s’inscrivaient dans une volonté de moderniser l’accueil des visiteurs et d’améliorer l’accessibilité du monument, alors que la fréquentation ne cessait de croître.

Selon les informations disponibles, 24 tronçons avaient été retirés en 1983. Parmi eux, cinq ont été revendus aux enchères par Artcurial depuis 2013, dont celui proposé ce jeudi 21 mai.