Une visite de trois heures au bord d’un lac, d’une rivière ou de la mer suffit pour ressentir une amélioration significative du moral, selon une vaste étude internationale menée dans 19 pays. Ces résultats, révélés par le média estonien ERR et relayés par Franceinfo - Santé, s’appuient sur l’analyse de plus de 17 000 visites d’espaces bleus (mers, lacs, rivières, canaux, plages, etc.).

Les chercheurs ont constaté que les bénéfices sur le bien-être psychologique et le sentiment d’appartenance à la nature étaient systématiquement observés, quel que soit le type de plan d’eau visité. Même les promenades en bord de mer dans des zones densément urbanisées ont montré un effet positif sur la réduction du stress.

Ce qu'il faut retenir

  • Une visite de trois heures au bord d’un plan d’eau réduit significativement le niveau de stress, selon une étude menée dans 19 pays.
  • Les plages de sable et les rivières sont les plus efficaces pour restaurer la capacité de concentration.
  • Les personnes ayant nagé ou pratiqué un sport nautique ont bénéficié d’un regain de bien-être mental plus important que celles restées au bord de l’eau.
  • Le contact physique avec l’eau favorise la concentration sur l’instant présent et limite les pensées négatives.
  • L’étude a été publiée dans la revue Landscape and Urban Planning.

Une étude internationale pour mesurer l’impact des espaces bleus

Les chercheurs ont analysé les données recueillies auprès de plus de 17 000 visites dans des espaces bleus, couvrant 19 pays. L’objectif était de comprendre comment ces lieux influencent le bien-être psychologique et le sentiment d’appartenance à la nature. Les résultats, publiés dans la revue scientifique Landscape and Urban Planning, confirment que ces espaces ont un effet bénéfique sur la santé mentale, indépendamment de leur localisation ou de leur environnement.

Selon les auteurs, les plages de sable et les rivières se distinguent particulièrement pour leur capacité à restaurer la concentration. Cependant, tous les types d’espaces bleus – qu’il s’agisse de canaux urbains ou de lacs isolés – ont montré un impact positif sur le moral des visiteurs. Ces conclusions s’appliquent même dans les zones où l’urbanisation est dense, comme en bord de mer.

Le rôle clé de la durée et de l’immersion

Les données indiquent que la baisse du stress est la plus marquée après trois heures passées au bord de l’eau. Mais c’est l’immersion, sous forme de baignade ou de pratique sportive, qui amplifie encore davantage les effets bénéfiques. Les chercheurs soulignent que se baigner ou s’engager dans une activité nautique procure un regain de bien-être mental plus important que de simplement marcher ou s’asseoir au bord de l’eau.

Cette différence s’explique par la psychologie humaine et la perception du danger. « L’eau représente toujours un certain risque, même minime, explique Simon Bell, chercheur à l’Université estonienne des sciences de la vie et coauteur de l’étude. Pour que le cerveau puisse se détendre, il faut d’abord que la personne se sente en sécurité dans cet environnement. »

Le contact avec l’eau favorise la pleine conscience

L’étude met en lumière un mécanisme psychologique : le contact physique avec l’eau aide à prendre du recul par rapport aux soucis quotidiens. En se concentrant sur l’instant présent, les visiteurs rompent le cercle vicieux des pensées négatives. Ce phénomène, proche de la pleine conscience, contribue à une récupération plus efficace du cerveau.

Les résultats révèlent également un lien entre le sentiment de repos et le contact avec la nature. Plus une personne se sent reposée après une visite au bord de l’eau, plus elle développe un lien fort avec son environnement. Cette connexion, à son tour, renforce l’effet régénérateur de l’expérience.

« L’eau représente toujours un certain risque, même minime. Pour que le cerveau puisse se détendre, il faut d’abord que la personne se sente en sécurité dans cet environnement. »
Simon Bell, chercheur à l’Université estonienne des sciences de la vie

Et maintenant ?

Les auteurs de l’étude appellent à intégrer davantage ces espaces bleus dans les politiques publiques de santé mentale. Une recommandation qui pourrait inspirer des initiatives locales ou nationales, notamment dans les zones urbaines où l’accès à ces lieux reste limité. À plus long terme, les chercheurs souhaitent approfondir leurs travaux pour évaluer l’impact de la fréquence des visites sur la santé mentale. La publication de ces résultats dans Landscape and Urban Planning ouvre également la voie à de nouvelles recherches sur les mécanismes biologiques en jeu.

Cette étude s’inscrit dans un contexte où la santé mentale est de plus en plus reconnue comme un enjeu majeur de santé publique. Avec 17 000 visites analysées, les résultats offrent une base solide pour promouvoir les bienfaits des espaces bleus, que ce soit pour une simple promenade ou une activité nautique. Autant dire que les lacs, rivières et plages n’ont pas fini de jouer un rôle clé dans notre équilibre psychologique.

L’étude a porté sur 17 types d’espaces bleus, incluant les mers, lacs, rivières, canaux, plages, ainsi que d’autres plans d’eau naturels ou artificiels, dans 19 pays différents.

Selon les résultats, trois heures au bord d’un plan d’eau sont nécessaires pour observer une baisse significative du niveau de stress.