L’exposition au soleil reste le principal facteur de risque du cancer de la peau, pourtant, ce ne sont pas les zones les plus chaudes de France qui enregistrent le plus de cas. Top Santé a interrogé le Dr Alain Toledano, oncologue, pour identifier les régions où la vigilance doit être accrue et rappeler les gestes de prévention essentiels.

Ce qu'il faut retenir

  • L’exposition au soleil est le premier facteur de risque du cancer de la peau, mais pas uniquement dans les régions les plus chaudes.
  • Le Dr Alain Toledano, oncologue, alerte sur une région française où le risque est particulièrement sous-estimé.
  • Les gestes de prévention restent la meilleure arme pour limiter les cas.
  • Le cancer de la peau représente plus de 80 000 nouveaux cas par an en France.

Un risque insoupçonné dans une région tempérée

Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas dans le Sud ou sur le littoral méditerranéen que le risque de cancer de la peau est le plus élevé. Selon le Dr Alain Toledano, oncologue et président de l’Institut Rafaël, « on ne se méfie pas assez » dans certaines zones du pays. L’expert souligne que des régions comme la Bretagne ou la Normandie, souvent perçues comme moins ensoleillées, présentent des taux de cancers cutanés comparables à ceux des zones plus méridionales. « Le problème, c’est que les habitants ne prennent pas la mesure du danger », a-t-il précisé lors de son entretien avec Top Santé.

L’exposition chronique, un danger sous-estimé

Le Dr Toledano explique que le risque ne vient pas seulement des coups de soleil occasionnels, mais aussi de l’exposition prolongée et répétée au soleil, même par temps nuageux. « Les UV traversent les nuages, et une exposition de 15 minutes par jour, sur plusieurs années, suffit à augmenter significativement le risque », a-t-il souligné. Cette exposition chronique concerne particulièrement les travailleurs en extérieur, les agriculteurs ou les marins, mais aussi les citadins qui s’exposent lors de leurs loisirs. « On pense que parce qu’on n’a pas chaud, on n’est pas en danger, mais c’est une erreur », a-t-il ajouté.

Les chiffres clés du cancer de la peau en France

Chaque année, près de 80 000 nouveaux cas de cancers de la peau sont diagnostiqués en France, selon les dernières estimations de Santé publique France. Parmi eux, le mélanome, forme la plus grave, représente environ 15 000 cas, avec près de 2 000 décès annuels. « Ces chiffres montrent que la prévention doit devenir une priorité nationale », a commenté le Dr Toledano. Il rappelle que la France se situe dans la moyenne européenne, mais que le nombre de cas continue d’augmenter, en partie à cause d’une méconnaissance des risques réels.

Les gestes de prévention à adopter sans attendre

Pour réduire les risques, le Dr Toledano insiste sur l’importance d’adopter des mesures simples mais efficaces. « Protégez-vous dès les premiers rayons du printemps », conseille-t-il. Parmi les recommandations : appliquer une crème solaire à indice élevé (SPF 30 minimum) toutes les deux heures, éviter les heures où le soleil est le plus intense (entre 12h et 16h), et porter des vêtements couvrants, un chapeau à large bord ainsi que des lunettes de soleil certifiées CE. « Ces gestes doivent devenir des réflexes, comme se brosser les dents », a-t-il souligné. Il rappelle aussi l’importance de surveiller régulièrement sa peau et de consulter un dermatologue en cas de lésion suspecte.

Et maintenant ?

Face à l’augmentation constante des cas de cancers cutanés, les autorités sanitaires devraient renforcer leurs campagnes de sensibilisation, notamment dans les régions où le risque est sous-estimé. Une révision des recommandations officielles pourrait être envisagée pour 2027, selon les experts. En attendant, les associations de patients appellent à une meilleure éducation dès l’école, afin d’habituer les plus jeunes à protéger leur peau.

La vigilance individuelle reste donc le premier rempart contre cette maladie. Comme le rappelle le Dr Toledano, « le soleil n’est pas un ennemi, mais il faut apprendre à le respecter ».

Le Dr Alain Toledano évoque particulièrement la Bretagne et la Normandie, où l’exposition chronique au soleil, même faible, augmente significativement le risque.