Selon BFM Business, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a officiellement demandé au roi d’Angleterre, Charles III, la libération de quelque **30 tonnes d’or vénézuélien** actuellement bloquées au Royaume-Uni. Cette demande s’inscrit dans le cadre des sanctions internationales contre Caracas et vise à financer la reconstruction du pays, dévasté par un double séisme survenu le **24 juin 2026**, qui a fait plus de **3 600 morts** et causé des dégâts estimés à **6,7 milliards de dollars**, soit **6 % du PIB vénézuélien**. Autant dire que la pression sur le gouvernement de Nicolas Maduro, déjà fragilisé par une crise économique prolongée, n’a jamais été aussi forte.
Ce qu'il faut retenir
- 30 tonnes d’or vénézuélien sont gelées à la Banque d’Angleterre depuis des années, sous le coup des sanctions internationales.
- Le double séisme du **24 juin 2026** a causé plus de **3 600 morts** et des dégâts matériels estimés à **6,7 milliards de dollars**, selon l’ONU.
- Delcy Rodriguez, présidente par intérim, a directement écrit au roi Charles III pour demander la libération de ces réserves, qu’elle qualifie de « propriété du peuple vénézuélien ».
- Le ministre des Affaires étrangères, Yvan Gil, a également sollicité, lors d’une réunion de l’ONU, le déblocage de l’ensemble des avoirs vénézuéliens gelés à l’étranger.
- Les États-Unis ont temporairement suspendu, pour quatre mois, certaines sanctions contre le Venezuela afin de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire.
- Washington avait imposé un régime de sanctions strict depuis 2019, visant à affaiblir le gouvernement de Nicolas Maduro, jugé « illégitime » par l’administration américaine.
Dès le **26 juin 2026**, l’administration américaine avait annoncé une suspension partielle de ses sanctions économiques contre le Venezuela. Une décision prise pour éviter que ces mesures n’entravent les opérations de secours dans un pays meurtri par la catastrophe. Depuis l’arrestation de Nicolas Maduro début janvier 2026 – opérée sous l’administration Trump –, les relations entre Caracas et Washington se sont significativement améliorées. Les États-Unis soutiennent désormais ouvertement Delcy Rodriguez, figure centrale de la transition politique vénézuélienne, et envisagent même de lever progressivement les sanctions afin de relancer, entre autres, l’exploitation des ressources pétrolières du pays.
Une demande réitérée, mais des précédents judiciaires défavorables
Cette demande de libération des réserves d’or n’est pas une première pour le Venezuela. Depuis des années, Caracas tente de récupérer ces fonds, notamment lors de la crise sanitaire liée au Covid-19. À chaque fois, les autorités britanniques avaient opposé une fin de non-recevoir. En effet, la justice du Royaume-Uni avait systématiquement rejeté ces requêtes, arguant que le Venezuela ne pouvait prétendre à ces avoirs en raison des sanctions internationales en vigueur. La situation actuelle, marquée par une urgence humanitaire sans précédent, pourrait-elle faire évoluer cette position ? Rien n’est moins sûr.
Dans ce contexte, la lettre envoyée par Delcy Rodriguez au souverain britannique prend une dimension symbolique et politique majeure. « J’ai décidé d’envoyer une lettre au roi d’Angleterre pour qu’ils libèrent l’or qui est retenu à la Banque d’Angleterre. Cet or appartient à notre peuple. Nous avons besoin de cet or pour faire face aux conséquences du séisme », a-t-elle déclaré à la télévision nationale. Une affirmation qui résonne comme un appel à la solidarité internationale, mais qui s’inscrit aussi dans une stratégie plus large de légitimation du gouvernement transitoire vénézuélien.
Le Venezuela entre crise humanitaire et opportunités politiques
Le séisme du 24 juin a révélé l’ampleur des vulnérabilités structurelles du Venezuela. Avec des centaines de bâtiments détruits ou endommagés, des milliers de familles sans abri et une infrastructure sanitaire déjà exsangue, le pays peine à faire face à l’urgence. Les Nations Unies estiment que les pertes économiques directes s’élèvent à **6,7 milliards de dollars**, un montant colossal pour une économie déjà en récession depuis plusieurs années. Face à cette situation, la communauté internationale, et en particulier les États-Unis, ont choisi de temporiser sur le front des sanctions.
Cette suspension partielle des mesures coercitives américaines intervient alors que le Venezuela, sous l’impulsion de Delcy Rodriguez, tente de se repositionner sur la scène diplomatique. Depuis l’arrestation de Nicolas Maduro, accusé de violations des droits humains et de corruption, Washington a progressivement basculé vers un soutien à la nouvelle direction politique. Une stratégie qui vise notamment à sécuriser l’accès aux ressources pétrolières du pays, parmi les plus importantes au monde. « Les États-Unis appuient fortement la présidente par intérim Delcy Rodriguez et lèvent graduellement ses sanctions, notamment pour développer l’exploitation des immenses ressources pétrolières du Venezuela », rappelle BFM Business.
Un pari risqué pour le gouvernement transitoire
Pourtant, ce rapprochement avec Washington n’est pas sans risque pour Delcy Rodriguez et son gouvernement. Bien que soutenue par les États-Unis, la présidente par intérim doit composer avec une opposition interne puissante et une population épuisée par des années de crise économique. La récupération des avoirs vénézuéliens gelés à l’étranger, et en particulier les 30 tonnes d’or, pourrait constituer un levier décisif pour relancer l’économie et regagner la confiance des citoyens. Mais elle dépend, en grande partie, de la bonne volonté des autorités britanniques et internationales.
D’autant que le Venezuela n’est pas le seul pays à voir ses actifs gelés à l’étranger. De nombreux États, confrontés à des crises similaires, ont tenté – parfois en vain – de récupérer leurs réserves bloquées par des sanctions. Dans ce jeu géopolitique, la question n’est pas seulement financière, mais aussi diplomatique. Le Royaume-Uni, traditionnellement aligné sur les positions américaines, pourrait-il faire une exception au profit du Venezuela ? La réponse dépendra largement de l’évolution de la situation humanitaire et des négociations en cours.
En définitive, la crise vénézuélienne s’inscrit dans un contexte géopolitique complexe, où les enjeux économiques se mêlent aux considérations politiques. La libération des 30 tonnes d’or pourrait-elle servir de catalyseur pour une relance tant attendue ? Une chose est sûre : sans une réponse rapide et coordonnée de la part de la communauté internationale, le Venezuela risque de s’enfoncer davantage dans une crise dont les conséquences se feront sentir bien au-delà de ses frontières.
Le Venezuela, frappé par un double séisme le 24 juin 2026 ayant causé plus de 3 600 morts et des dégâts estimés à 6,7 milliards de dollars, cherche à récupérer ses réserves d’or gelées à la Banque d’Angleterre pour financer la reconstruction du pays. Selon la présidente par intérim Delcy Rodriguez, cet or appartient « au peuple vénézuélien » et est indispensable pour faire face à l’urgence humanitaire.
Oui. Depuis le 26 juin 2026, les États-Unis ont suspendu pour quatre mois certaines sanctions économiques contre le Venezuela afin de ne pas entraver les opérations de secours dans le pays. Cette décision s’inscrit dans un contexte de rapprochement diplomatique entre Washington et le gouvernement transitoire de Delcy Rodriguez, soutenu par les États-Unis.