Selon Le Figaro, l’administration américaine a décidé de suspendre les livraisons d’armes à Taïwan afin de répondre aux besoins urgents en munitions liés à l’opération « Epic Fury », lancée le 28 février 2026 contre l’Iran. Cette décision intervient après l’approbation, fin 2025, d’une seconde vente d’armes à l’île pour un montant de 11,1 milliards de dollars, dans un contexte déjà tendu entre Washington et Pékin.

Lors d’une audition parlementaire tenue jeudi, Hung Cao, ministre délégué par intérim à la Marine au Pentagone, a confirmé cette pause. « Pour l’instant, nous faisons une pause afin de nous assurer que nous avons les munitions dont nous avons besoin pour l’opération Epic Fury », a-t-il déclaré. Il a précisé que les stocks actuels étaient « suffisants », tout en insistant sur la nécessité de vérifier que les ressources sont « tout ce qu’il nous faut » avant de reprendre les ventes militaires à l’étranger. « Les ventes militaires à l’étranger reprendront lorsque l’administration le jugera nécessaire », a-t-il ajouté.

Ce qu'il faut retenir

  • Une suspension temporaire des ventes d’armes américaines à Taïwan a été annoncée pour prioriser les munitions destinées à l’opération « Epic Fury » contre l’Iran, selon Le Figaro.
  • Cette pause intervient après l’approbation, fin 2025, d’une vente d’armes d’un montant de 11,1 milliards de dollars à Taïwan.
  • Hung Cao, responsable du Pentagone, a confirmé que les stocks actuels de munitions étaient « suffisants », mais que l’administration souhaitait s’assurer de leur adéquation avant de reprendre les livraisons.
  • Donald Trump a évoqué une possible reprise des ventes, mais celle-ci dépendrait de la position de la Chine, selon ses déclarations après sa visite à Pékin la semaine dernière.
  • Washington est tenu, en vertu du Taiwan Relations Act de 1979, de fournir des armes défensives à Taïwan, à condition que l’île ne déclare pas son indépendance.

Une décision motivée par les besoins militaires au Moyen-Orient

La décision de suspendre les livraisons d’armes à Taïwan s’inscrit dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient. L’opération « Epic Fury », déclenchée fin février 2026, a entraîné une demande massive en munitions pour soutenir les forces engagées. Selon les responsables du Pentagone interrogés par Le Figaro, cette pause est une mesure temporaire visant à garantir que les États-Unis disposent des ressources nécessaires pour mener cette opération sans interruption.

Hung Cao a souligné que l’administration américaine souhaitait « s’assurer que nous avons tout ce qu’il nous faut » avant de reprendre les ventes d’armes à l’étranger. Cette déclaration laisse entendre que la reprise des livraisons pourrait intervenir une fois l’opération « Epic Fury » stabilisée, sans que les échéances ne soient précisées pour l’instant.

Le sort des ventes d’armes à Taïwan reste incertain

Alors que les États-Unis avaient approuvé fin 2025 une vente d’armes de 11,1 milliards de dollars à Taïwan, le président américain Donald Trump a laissé planer le doute sur la suite des livraisons. Lors de sa visite à Pékin la semaine dernière, il a déclaré que la poursuite de ces ventes « dépendait de la Chine » et constituait « un très bon atout de négociation ».

Cette position reflète les tensions persistantes entre Washington et Pékin, la Chine considérant Taïwan comme une province à réunifier, si nécessaire par la force. Pékin a déjà exprimé à plusieurs reprises son opposition aux ventes d’armes américaines à Taïwan, qu’il considère comme une ingérence dans ses affaires intérieures. La semaine dernière, la Chine a dénoncé par avance une éventuelle conversation téléphonique entre Donald Trump et le dirigeant taïwanais Lai Ching-te, une initiative qui rompt avec quatre décennies de protocole diplomatique.

Le cadre juridique des relations entre les États-Unis et Taïwan

Les ventes d’armes américaines à Taïwan s’inscrivent dans le cadre du Taiwan Relations Act, une loi adoptée par le Congrès américain en 1979. Ce texte oblige Washington à fournir des armes défensives à Taïwan, tout en reconnaissant officiellement la République populaire de Chine. La loi stipule que les États-Unis doivent approvisionner l’île en armements, à condition que Taïwan ne déclare pas formellement son indépendance.

Cette obligation juridique place les États-Unis dans une position délicate, entre leur alliance historique avec Taïwan et leur volonté de ne pas envenimer leurs relations avec la Chine. Les déclarations récentes de Donald Trump suggèrent que la Maison-Blanche pourrait utiliser les ventes d’armes comme levier dans ses négociations avec Pékin, une stratégie qui pourrait avoir des répercussions sur la stabilité dans la région.

Et maintenant ?

La reprise des livraisons d’armes à Taïwan dépendra de l’évolution de l’opération « Epic Fury » au Moyen-Orient et des décisions de l’administration américaine. Une reprise pourrait intervenir d’ici quelques semaines ou mois, mais elle sera conditionnée par l’évaluation des stocks de munitions et les priorités stratégiques des États-Unis. Par ailleurs, une éventuelle conversation téléphonique entre Donald Trump et Lai Ching-te, si elle a lieu, pourrait modifier la donne diplomatique et relancer les débats sur la souveraineté de Taïwan. Enfin, les prochaines déclarations de Pékin, qui a déjà exprimé son opposition à ces ventes, seront déterminantes pour l’avenir des relations sino-américaines.

Côté taïwanais, la suspension des livraisons d’armes pourrait être perçue comme un signe de désengagement américain, alors que l’île cherche à renforcer sa défense face aux pressions croissantes de la Chine. Le président taïwanais Lai Ching-te, qui a récemment rencontré des responsables européens pour défendre l’autonomie de l’île, pourrait se retrouver dans une position plus fragile si les livraisons d’armes se font attendre.

Quant à la Chine, elle devrait continuer à faire pression sur les États-Unis pour mettre fin à ces ventes, tout en surveillant de près les développements diplomatiques. Pékin a toujours affirmé privilégier une solution pacifique, mais n’exclut pas le recours à la force si nécessaire. La situation dans le détroit de Taïwan reste donc un sujet de préoccupation majeure pour la stabilité régionale.

Selon les responsables du Pentagone interrogés par Le Figaro, cette suspension est temporaire et vise à prioriser les munitions nécessaires à l’opération « Epic Fury » contre l’Iran. Les stocks actuels sont jugés « suffisants », mais l’administration souhaite s’assurer de leur adéquation avant de reprendre les livraisons d’armes à l’étranger.

La reprise des livraisons dépendra de l’évolution de l’opération « Epic Fury » au Moyen-Orient et des décisions de l’administration américaine. Une reprise pourrait intervenir d’ici quelques semaines ou mois, mais elle sera conditionnée par l’évaluation des stocks de munitions et les priorités stratégiques des États-Unis. Par ailleurs, une éventuelle conversation téléphonique entre Donald Trump et Lai Ching-te pourrait modifier la donne diplomatique.