L’encyclopédie en ligne Wikipédia a réaffirmé son opposition à l’utilisation de l’intelligence artificielle pour modifier directement ses articles, selon Le Figaro. Cette décision a été annoncée par son cofondateur, Jimmy Wales, lors d’un événement organisé par Octopus Energy à Londres. « On ne laissera pas l’IA éditer directement nos articles, car on ne peut pas vraiment lui faire assez confiance », a-t-il déclaré, soulignant les risques liés aux hallucinations générées par les outils d’IA.

Ce qu'il faut retenir

  • Wikipédia interdit l’édition directe de ses articles par l’IA en raison de problèmes de fiabilité, selon Jimmy Wales.
  • Le site n’exclut pas d’utiliser des agents IA pour suivre des sujets de niche peu couverts par les contributeurs humains.
  • La plateforme constate une baisse de 8 % du trafic humain due à la concurrence des IA, mais une hausse du trafic généré par les robots.
  • Wikipédia a signé des accords avec plusieurs géants de la tech pour compenser l’utilisation de ses contenus par ces outils.

Jimmy Wales a rappelé que l’ambition de Wikipédia reste inchangée : reposer sur les contributions bénévoles pour garantir la fiabilité des informations. « Les hallucinations à court terme des IA restent un problème extrêmement grave », a-t-il ajouté, évoquant l’objectif de l’encyclopédie de rassembler les savoirs du monde entier. Si l’IA ne pourra pas éditer les articles, elle pourrait être utilisée pour des tâches spécifiques, comme le suivi de l’actualité de profils moins médiatisés, comme un professeur de biologie de 97 ans décédé.

Cette position contraste avec la réalité du fonctionnement de Wikipédia aujourd’hui. Les intelligences artificielles se nourrissent largement de son contenu pour répondre aux requêtes des utilisateurs. Malgré une baisse de 8 % du trafic humain liée à la concurrence des outils d’IA, la plateforme enregistre une augmentation globale de son trafic, portée par les robots. « Cette baisse est significative, mais pas désastreuse », a précisé Jimmy Wales, car le modèle économique de Wikipédia repose sur les dons et non sur la fréquentation. Le site figure parmi les dix plateformes les plus visitées au monde depuis sa création en 2001 par Jimmy Wales et Larry Sanger.

Des accords avec les géants de la tech pour une « juste part »

Wikipédia a engagé des discussions avec plusieurs acteurs majeurs de la tech pour encadrer l’utilisation de ses contenus par les IA. Si l’accès à l’encyclopédie reste gratuit pour les utilisateurs, les entreprises qui « bombardent » Wikipédia de millions de requêtes doivent désormais contribuer financièrement. « Nous avons eu beaucoup de succès avec bon nombre des gros acteurs et nous commençons à bloquer ceux qui ne se comportent pas correctement », a indiqué Jimmy Wales, sans préciser le montant exact de ces accords. Il s’est dit « plutôt satisfait des progrès » réalisés dans ce domaine, sans donner plus de détails.

Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où les modèles d’IA, comme ceux développés par des entreprises comme Mistral AI ou Anthropic, s’appuient massivement sur les données publiques pour entraîner leurs algorithmes. Wikipédia, en tant que source ouverte et collaborative, représente une mine d’informations pour ces outils. Cependant, la plateforme cherche à protéger ses intérêts en monétisant indirectement son utilisation par les géants de la tech, tout en maintenant son modèle économique basé sur le don.

Un équilibre entre innovation et préservation des contributions humaines

Le cofondateur de Wikipédia a reconnu que l’avenir de l’IA reste incertain. « Il est difficile de savoir à quoi ressemblera l’IA dans 25 ans », a-t-il concédé. Malgré cela, l’encyclopédie en ligne reste ferme sur sa ligne directrice : ne pas confier l’édition des articles à des outils automatisés. Cette prudence s’explique par la volonté de préserver la qualité et la vérifiabilité des informations, deux piliers du projet depuis ses débuts. « On ne peut pas laisser une génération entière découvrir l’intelligence artificielle sans lui donner les clés pour la comprendre et donc la maîtriser », a-t-il ajouté, soulignant l’importance de l’éducation face à ces nouvelles technologies.

Pour autant, Wikipédia ne ferme pas la porte à toutes les utilisations de l’IA. L’encyclopédie pourrait intégrer des agents automatisés pour des missions spécifiques, comme la détection de sujets peu couverts ou la mise à jour d’articles sur des personnalités mineures. Ces outils pourraient compléter le travail des bénévoles, sans les remplacer. « Le suivi de certains sujets niches, comme le décès d’un professeur de biologie de 97 ans, pourrait être assuré par des IA », a expliqué Jimmy Wales, illustrant ainsi les limites qu’il compte imposer à ces technologies.

Et maintenant ?

Wikipédia devrait maintenir sa position ferme contre l’édition directe par IA dans les mois à venir, tout en explorant des usages ciblés pour ces outils. Les négociations avec les géants de la tech pourraient s’intensifier, notamment pour clarifier les modalités de rémunération liées à l’exploitation de ses contenus. Une échéance clé sera celle de l’évolution des régulations européennes et américaines sur l’utilisation des données publiques, qui pourraient impacter directement le modèle économique de la plateforme.

Jimmy Wales a conclu en insistant sur l’importance de garder le contrôle sur l’IA : « Nous devons nous assurer que cette technologie reste un outil au service des humains, et non l’inverse ». La question de son intégration progressive dans les processus de Wikipédia, même de manière limitée, pourrait devenir un sujet de débat parmi les contributeurs et les utilisateurs de l’encyclopédie.

Selon Jimmy Wales, cofondateur de Wikipédia, la plateforme ne fait pas « assez confiance » à l’IA en raison des risques d’hallucinations, c’est-à-dire des informations erronées ou inventées générées par ces outils. L’encyclopédie privilégie donc les contributions humaines pour garantir la fiabilité de ses articles.

Wikipédia n’exclut pas d’utiliser des agents IA pour des missions spécifiques, comme le suivi de sujets de niche peu couverts par les contributeurs humains. Par exemple, l’encyclopédie évoque le cas de la mise à jour d’articles sur le décès de personnalités mineures, comme un professeur de biologie de 97 ans, qui pourraient échapper à l’attention des éditeurs bénévoles.