Quatre antennes-relais installées en Biélorussie, près des frontières ukrainiennes, feraient office de relais pour corriger les frappes de drones russes sur le territoire ukrainien. Volodymyr Zelensky, président ukrainien, a adressé un ultimatum à Alexandre Loukachenko et au gouvernement de Minsk : soit ces installations sont démantelées sous sept jours, soit Kiev se chargera elle-même de leur destruction, a-t-il annoncé le 21 juin 2026. Selon Courrier International, cette crise s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre les deux pays, alors que la Biélorussie est accusée d’être un soutien actif à l’invasion russe lancée en février 2022.

Ce qu'il faut retenir

  • Quatre antennes-relais situées en Biélorussie, dans les régions de Gomel et Brest, seraient utilisées pour guider les frappes de drones russes contre l’Ukraine.
  • Zelensky a exigé leur démantèlement sous sept jours, menaçant de les détruire par ses propres moyens si Minsk refuse.
  • Depuis 2022, l’Ukraine accuse la Biélorussie de servir de base arrière pour les offensives russes, notamment lors de l’avancée vers Kiev au printemps 2022.
  • L’incident du 17 juin 2026, où un drone a blessé six enfants biélorusses dans la région russe de Bryansk, a ravivé les tensions entre Kiev et Minsk.
  • Loukachenko a présenté ses excuses à Zelensky en juin 2026, après des propos insultants tenus en mai, mais ces gestes n’ont pas apaisé les craintes ukrainiennes.

Ces antennes-relais, signalées par la version ukrainienne de la Deutsche Welle, sont pointées du doigt pour leur rôle dans les attaques contre des villes comme Jytomyr, Rivne et la région de Volhynie, ainsi que contre des infrastructures énergétiques et ferroviaires. « Grâce à ce matériel, des attaques ont été menées contre nos secteurs stratégiques, nos villes et nos villages », a déclaré Zelensky dans un message publié sur Telegram le 19 juin. Le président ukrainien a ajouté, lors d’un entretien diffusé le 21 juin sur la chaîne TSN : « Qu’il garde ses excuses pour lui. Cela ne sert à rien depuis le premier jour de la guerre. »

La présence de ces infrastructures en Biélorussie n’est pas nouvelle, mais leur impact sur le conflit s’est intensifié ces derniers mois. Depuis l’invasion russe, Kiev craint une offensive biélorusse depuis le nord, comme celle qui avait permis aux troupes de Moscou d’avancer jusqu’aux portes de la capitale ukrainienne en février 2022 avant un repli partiel en avril de la même année. « Reste que la présence de ces antennes-relais constitue un problème depuis longtemps, avec des conséquences dramatiques pour les Ukrainiens », a souligné Zelensky, selon le quotidien Gazeta.

Un incident récent attise les tensions

Le 17 juin 2026, un bus transportant des enfants biélorusses dans la région russe de Bryansk a été touché par un drone, faisant un mort et six blessés. Moscou a immédiatement accusé Kiev d’être responsable de l’attaque, une allégation qualifiée de « propagande » par l’Ukraine. Le Kremlin a évoqué un « attentat terroriste », tandis qu’Alexandre Loukachenko a emboîté le pas en déclarant que le drone était « d’origine ukrainienne ». Une affirmation rejetée par les autorités ukrainiennes, qui pointent plutôt du doigt des opérations russes visant à discréditer Kiev.

Quelques jours plus tard, le 19 juin, Loukachenko a tenté de désamorcer la crise en affirmant qu’il « n’y aurait aucune action militaire de la Biélorussie contre l’Ukraine » et en présentant ses excuses à Zelensky. Cette prise de parole intervient après des déclarations controversées tenues en mai 2026, où le dirigeant biélorusse avait accusé le président ukrainien de consommer des drogues, une accusation qualifiée de « virulente » par les médias indépendants comme Meduza. Malgré ces gestes d’apaisement, les relations restent extrêmement tendues.

Loukachenko sous pression, Kiev déterminé

Face à l’intransigeance ukrainienne, Loukachenko se trouve dans une position délicate. Bien qu’il ait assuré ne pas vouloir engager son pays dans une nouvelle guerre, les preuves s’accumulent sur le rôle ambigu de Minsk dans le conflit. En plus des antennes-relais, la Biélorussie sert de corridor logistique à l’armée russe et accueille des troupes et du matériel militaire. « Le ton est de nouveau monté le 21 juin », rappelle Courrier International. Zelensky a clairement indiqué qu’il attendait des « mesures concrètes », sans se contenter de déclarations creuses.

L’ultimatum lancé par Kiev intervient dans un contexte où chaque incident, même mineur, peut dégénérer. L’incident de Bryansk, qui a coûté la vie à un enfant, a servi de catalyseur à la crise actuelle. « Qu’il les supprime, qu’il les retire et qu’il nous prouve qu’elles ont été retirées. […] S’il ne les retire pas, nous nous en chargerons, et ce d’ici une semaine », a martelé Zelensky. Autant dire que Minsk n’a plus beaucoup de marge de manœuvre.

Et maintenant ?

La Biélorussie dispose d’un délai de sept jours pour réagir à l’ultimatum ukrainien. Si Loukachenko ne donne pas l’ordre de démanteler les antennes-relais d’ici le 28 juin 2026, Kiev pourrait passer à l’action militaire, selon les déclarations de Zelensky. Cette escalade potentielle pourrait avoir des répercussions immédiates sur la guerre en Ukraine, où chaque capacité de frappe supplémentaire compte. Parallèlement, la communauté internationale observe avec attention l’évolution de cette crise, qui pourrait, selon les analystes, s’inscrire dans une stratégie plus large de pression sur Minsk pour qu’il abandonne son soutien à Moscou.

Quoi qu’il en soit, cette affaire illustre la complexité du conflit en Ukraine, où chaque détail technique — comme ces antennes-relais — peut devenir un enjeu stratégique. Pour Kiev, l’urgence est double : neutraliser les capacités russes de frappe tout en évitant une nouvelle ouverture de front au nord. Quant à Loukachenko, il doit naviguer entre les exigences de son allié russe et la menace d’une escalade incontrôlable.

La semaine à venir sera donc décisive. Les prochains jours diront si la diplomatie peut encore jouer un rôle ou si les armes reprendront le dessus.

Ces antennes permettent de corriger les trajectoires des drones russes, augmentant ainsi leur précision et leur efficacité lors des frappes sur des cibles ukrainiennes, notamment des infrastructures civiles et militaires. Selon Kiev, elles seraient responsables de dégâts majeurs dans plusieurs régions ukrainiennes depuis 2022.

Une telle action constituerait une violation de la souveraineté biélorusse et pourrait entraîner une réponse militaire de Minsk ou de Moscou. Elle risquerait également d’aggraver les tensions déjà extrêmes entre l’Ukraine et la Biélorussie, et d’étendre le conflit à un nouveau front.