Sur les quelque 30 000 habitants que compte Gibraltar, une enclave britannique située au sud de l’Espagne, une population de 230 macaques s’est progressivement intégrée aux habitudes des visiteurs. Selon Ouest France, ces singes, devenus une véritable attraction touristique, ont adopté un régime alimentaire peu naturel en volant des snacks et des restes de repas aux touristes. Un phénomène qui les pousse aujourd’hui à consommer de la terre pour apaiser leurs troubles digestifs.

Ce qu'il faut retenir

  • 230 macaques vivent à Gibraltar, une enclave britannique au sud de l’Espagne.
  • Ces singes se nourrissent désormais de barres chocolatées, chips, gâteaux et restes de sandwiches volés aux touristes.
  • Ce régime artificiel provoque des maux de ventre, les incitant à manger de la terre pour se soulager.
  • Gibraltar compte 30 000 habitants et attire chaque année des milliers de visiteurs.

Une attraction touristique qui perturbe l’alimentation naturelle des macaques

Autrefois cantonnés aux zones rocheuses de l’enclave, les macaques de Gibraltar ont progressivement quitté leur habitat naturel pour s’aventurer dans les rues fréquentées par les touristes. D’après Ouest France, ces singes, connus pour leur intelligence et leur capacité d’adaptation, ont appris à repérer les moments où les visiteurs consomment leurs repas. « Ils sont devenus de véritables experts en vol de nourriture », explique un responsable local cité par le journal. Entre barres chocolatées, chips et glaces, leur régime est désormais composé à plus de 70 % d’aliments transformés, une situation inédite dans leur milieu naturel.

Cette transformation de leur alimentation n’est pas sans conséquence. Les macaques souffrent de plus en plus souvent de troubles digestifs, notamment de ballonnements et de douleurs abdominales. Pour y remédier, ils ingèrent de la terre, une pratique courante chez certains primates sauvages pour absorber les toxines et calmer les maux d’estomac. « C’est un comportement de compensation, lié à l’excès de sucre et de graisses dans leur alimentation », précise un expert en primatologie interrogé par Ouest France.

Gibraltar, un territoire unique où l’homme et le singe coexistent

Gibraltar, ce territoire de 6,7 km² situé à l’extrémité sud de la péninsule ibérique, est un cas unique en Europe. Territoire britannique depuis 1713, il est séparé de l’Espagne par une frontière terrestre et est connu pour sa position stratégique sur le détroit de Gibraltar. Depuis plusieurs décennies, les macaques de Barbarie, seule espèce de primate sauvage présente en Europe, y vivent en liberté. Leur population est aujourd’hui estimée à 230 individus, protégés par une loi locale depuis 1991.

Cependant, leur proximité avec les humains a entraîné une dépendance accrue à l’alimentation fournie par les touristes. « Les macaques ne chassent plus, ils ne fouillent plus le sol à la recherche de racines ou d’insectes comme ils le feraient dans leur milieu naturel », souligne un garde forestier. Cette situation pose un défi pour les autorités, qui doivent concilier protection des animaux et sécurité des visiteurs. Les attaques de macaques, bien que rares, restent un risque, et les autorités rappellent régulièrement aux touristes de ne pas nourrir les singes.

Quelles solutions pour préserver l’équilibre entre tourisme et bien-être animal ?

Face à cette situation, les autorités de Gibraltar réfléchissent à des mesures pour limiter l’impact du tourisme sur les macaques. L’une des pistes envisagées serait de sensibiliser davantage les visiteurs à l’importance d’une alimentation saine pour les singes. « Nous travaillons avec des associations locales pour promouvoir un comportement respectueux », indique un porte-parole du gouvernement gibraltarien. Une campagne de sensibilisation pourrait être lancée dès cet été, période où l’afflux de touristes est le plus important.

Une autre solution serait d’encadrer strictement les zones où les macaques sont autorisés à s’approcher des humains. « Nous envisageons de délimiter des espaces sécurisés, où les singes pourraient trouver une alimentation adaptée sans avoir à voler », explique un responsable du ministère de l’Environnement. Ces initiatives s’ajouteraient aux mesures existantes, comme l’interdiction formelle de nourrir les macaques, déjà en vigueur.

Et maintenant ?

Une réunion est prévue en juin 2026 entre les autorités gibraltariennes, des écologistes et des représentants du tourisme pour discuter des mesures à mettre en place. Si aucune décision n’a encore été arrêtée, l’objectif reste clair : préserver le bien-être des macaques tout en maintenant Gibraltar comme une destination touristique attractive. Les prochains mois pourraient donc voir émerger des solutions concrètes, comme des distributions contrôlées de nourriture saine ou des panneaux d’information renforcés dans les zones fréquentées par les singes.

Pour l’instant, les macaques continuent de s’adapter à ce nouvel environnement, où la frontière entre leur vie sauvage et leur interaction avec l’homme s’amenuise chaque jour. Leur cas illustre une fois de plus les défis posés par la cohabitation entre espèces dans des territoires de plus en plus urbanisés.

Oui, les macaques de Barbarie présents à Gibraltar sont protégés par une loi locale depuis 1991. Leur population, estimée à 230 individus, est considérée comme un patrimoine naturel de l’enclave britannique.