Deux magistrats de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) de Madagascar viennent d’annoncer leur démission, selon RFI. Cette décision intervient dans un contexte de tensions politiques alors que le pays traverse une période de transition. Les deux juges figuraient parmi les quatre magistrats poursuivis par le parquet pour avoir validé une requête visant à destituer le colonel Randrianirina, président de la transition malgache. Leur départ précipité relance les interrogations sur l’équilibre institutionnel et l’avenir politique de l’île.
Ce qu'il faut retenir
- Deux juges de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) malgache ont démissionné après avoir fait l’objet de poursuites judiciaires.
- Ils faisaient partie des quatre magistrats poursuivis pour avoir validé une requête de destitution contre le président de la transition, le colonel Randrianirina.
- Leur démission intervient dans un contexte de tensions politiques et de transition institutionnelle à Madagascar.
- La société civile, notamment le mouvement Gen Z, exprime son inquiétude face à cette situation.
Une décision liée à une procédure de destitution controversée
Les deux magistrats démissionnaires avaient validé une requête déposée pour tenter de destituer le président de la transition, le colonel Randrianirina. Cette procédure, engagée en octobre 2025, avait marqué un tournant dans la crise politique malgache, selon les observateurs. Leur implication dans ce dossier a conduit le parquet à les poursuivre pour leur rôle dans cette initiative juridique. Leur démission, effective immédiatement, intervient donc comme une réponse directe à cette pression judiciaire et politique.
Cette affaire s’inscrit dans le prolongement des mouvements de contestation qui avaient conduit à la transition d’octobre 2025. Le mouvement Gen Z, à l’origine des mobilisations ayant abouti au changement de pouvoir, suit désormais de près l’évolution de cette crise institutionnelle. Leur inquiétude porte notamment sur la stabilité du processus démocratique et le respect des institutions en place.
Une société civile en alerte face aux remous institutionnels
La démission des deux juges a immédiatement suscité des réactions dans la société civile malgache. Le mouvement Gen Z, qui avait joué un rôle clé dans la transition politique, a exprimé son inquiétude quant à l’indépendance de la justice et à la pérennité des acquis démocratiques. « Cette situation révèle une fois de plus les tensions persistantes entre les différentes branches du pouvoir », a déclaré un porte-parole du mouvement à RFI. Les observateurs locaux s’interrogent également sur les motivations réelles derrière ces poursuites, évoquant parfois des luttes de pouvoir au sommet de l’État.
Cette crise intervient alors que Madagascar tente de stabiliser son système politique après les bouleversements de 2025. Les autorités de transition avaient promis de rétablir l’ordre constitutionnel, mais les récents événements semblent remettre en cause cette feuille de route. Les défenseurs des droits humains appellent à la prudence, craignant que ces tensions ne dégénèrent en une crise plus large.
Un contexte politique toujours aussi fragile
La transition politique malgache, entamée en octobre 2025, reste marquée par des divisions persistantes. Le président de la transition, le colonel Randrianirina, a vu son autorité contestée à plusieurs reprises, notamment par des factions au sein de l’armée et de la société civile. Les poursuites engagées contre les juges de la HCC illustrent les fractures au sein des institutions, où le pouvoir judiciaire est désormais au cœur des tensions. Les analystes politiques soulignent que la légitimité de cette transition repose en grande partie sur l’apaisement des conflits internes et le respect des procédures légales.
Pour l’instant, aucune date n’a été annoncée pour le remplacement des deux juges démissionnaires. Leur départ laisse la HCC avec un nombre réduit de magistrats, ce qui pourrait compliquer la prise de décisions futures. Les prochaines semaines seront donc cruciales pour évaluer l’impact de cette crise sur le fonctionnement des institutions malgaches.
En attendant, la situation à Madagascar continue de susciter l’attention des organisations régionales et internationales, qui appellent au dialogue et au respect de l’État de droit.
Ils ont été poursuivis pour avoir validé une requête visant à destituer le président de la transition, le colonel Randrianirina. Le parquet malgache les accuse d’avoir outrepassé leurs prérogatives dans le cadre de cette procédure, selon les informations rapportées par RFI.