Une étude publiée par Futura Sciences confirme que les data centers installés à Phoenix, en Arizona, contribuent significativement à l’augmentation des températures locales. Les mesures réalisées entre le 18 juin et le 25 octobre 2025 révèlent une élévation de 0,7 à 2,2 °C dans un rayon de 500 mètres autour de ces infrastructures.

Ce qu'il faut retenir

  • Des data centers à Phoenix ont fait grimper localement la température de 0,7 à 2,2 °C dans un périmètre de 500 mètres.
  • Dans cette ville désertique, les températures estivales dépassent régulièrement les 40 °C, pouvant atteindre 48 °C.
  • La chaleur résiduelle d’un seul data center équivaut à celle de 40 000 foyers.
  • Les chercheurs qualifient ce phénomène de « risque thermique important » pour les populations locales.
  • La capacité des data centers aux États-Unis devrait doubler d’ici 2030.

Une ville déjà en surchauffe confrontée à un phénomène aggravant

Phoenix, capitale de l’Arizona, est l’une des villes américaines les plus touchées par les canicules. En période estivale, il n’est pas rare d’y enregistrer des températures supérieures à 40 °C, voire atteignant 48 °C. Une situation déjà critique, mais qui s’aggrave avec l’implantation massive de data centers. Selon une étude publiée dans l’ASME Journal of Engineering for Sustainable Buildings and Cities, ces infrastructures techniques, nécessaires au fonctionnement des réseaux numériques, génèrent une chaleur résiduelle importante.

Les capteurs installés sur des véhicules circulant dans et autour des data centers de Phoenix ont permis de quantifier cet impact. Dans un rayon de 500 mètres, les températures mesurées dépassent de 0,7 à 2,2 °C celles enregistrées dans le reste de la ville. Autant dire que dans une agglomération où les thermomètres affichent déjà 48 °C, ces quelques degrés supplémentaires transforment une journée caniculaire en une situation potentiellement dangereuse pour les habitants.

Des data centers voraces en eau et en énergie, dans une région en stress hydrique

Pour fonctionner, les data centers doivent être refroidis en permanence. Dans le désert de l’Arizona, où les ressources en eau sont déjà limitées, cette nécessité pose un problème majeur. La plupart de ces infrastructures utilisent des systèmes de refroidissement par évaporation, ce qui augmente encore la pression sur les réserves locales. Parallèlement, l’air chaud rejeté par les systèmes de ventilation s’échappe dans l’atmosphère, contribuant à la formation de « bulles thermiques » autour des sites.

Ces rejets de chaleur, bien que localisés, s’étendent ensuite sous l’effet du vent, affectant des zones résidentielles situées jusqu’à 10 kilomètres des data centers. Les chercheurs soulignent que ce phénomène, encore peu étudié, pourrait devenir un enjeu sanitaire majeur à l’avenir. « La chaleur résiduelle des data centers ne se limite pas à leur voisinage immédiat », explique l’un des auteurs de l’étude. « Elle contribue à une élévation globale des températures urbaines, dans une région déjà en surchauffe. »

Un risque sanitaire et environnemental sous-estimé

Les températures extrêmes enregistrées en Arizona ces dernières années ont déjà causé des décès et des brûlures graves chez les habitants. L’ajout de chaleur supplémentaire émanant des data centers pourrait aggraver cette situation. Les chercheurs rappellent que la chaleur est un facteur de risque mortel, surtout pour les populations vulnérables : personnes âgées, travailleurs en extérieur ou patients souffrant de maladies chroniques.

L’étude publiée par Futura Sciences met également en garde contre l’augmentation prévue de la capacité des data centers aux États-Unis. D’ici 2030, leur puissance devrait doubler, selon les projections. « Si rien n’est fait pour atténuer cet impact thermique, les villes abritant ces infrastructures pourraient voir leurs conditions de vie se dégrader rapidement », alerte un expert cité dans l’article.

Des solutions existent-elles ?

Face à ce constat, plusieurs pistes sont envisagées pour limiter l’impact des data centers sur le climat urbain. Certaines entreprises testent des systèmes de refroidissement plus efficaces, comme l’immersion des serveurs dans des liquides diélectriques ou l’utilisation de énergies renouvelables pour alimenter les infrastructures. D’autres misent sur le recyclage de la chaleur résiduelle, par exemple pour chauffer des bâtiments voisins.

Cependant, ces solutions restent marginales et coûteuses. La plupart des data centers continuent de fonctionner avec des méthodes traditionnelles, peu adaptées aux régions désertiques. Les auteurs de l’étude appellent à une régulation plus stricte des implantations de ces infrastructures, notamment dans les zones urbaines déjà soumises à des stress thermiques.

Et maintenant ?

La multiplication des data centers aux États-Unis, couplée à l’intensification des vagues de chaleur, pourrait rendre ce problème encore plus aigu dans les années à venir. Les chercheurs plaident pour une intégration systématique de critères environnementaux dans l’implantation de ces infrastructures, ainsi que pour le développement de technologies de refroidissement innovantes. Une prise de conscience politique et industrielle sera nécessaire pour éviter que ces « usines à données » ne transforment les villes en véritables fournaises.

Pour l’instant, les habitants de Phoenix et d’autres villes confrontées au même défi doivent composer avec cette chaleur supplémentaire. La question se pose : jusqu’où les data centers peuvent-ils pousser la température avant que les autorités n’interviennent ?

Les data centers abritent des milliers de serveurs fonctionnant en permanence. Ces machines génèrent une chaleur importante, qui doit être évacuée pour éviter leur surchauffe. Les systèmes de refroidissement, souvent basés sur l’évaporation d’eau ou la ventilation, rejettent cet excédent thermique dans l’air extérieur, contribuant à l’élévation des températures locales.

Plusieurs pistes sont explorées, comme l’immersion des serveurs dans des liquides pour un refroidissement plus efficace, l’utilisation de l’énergie solaire ou éolienne pour alimenter les infrastructures, ou encore le recyclage de la chaleur résiduelle pour chauffer des bâtiments. Cependant, ces solutions restent peu répandues en raison de leur coût et de leur complexité technique.