Le Premier ministre Sébastien Lecornu a appelé ce jeudi 21 mai 2026 à préserver la France et l’Europe comme des « sanctuaires pour l’État de droit », aujourd’hui menacé par les populismes et les régimes autoritaires, selon BFM - Politique.

Dans un discours prononcé devant le Conseil d’État à Paris, Sébastien Lecornu a souligné que l’État de droit constitue le « socle de notre souveraineté ». Il a rappelé que sans règles de droit ni juge indépendant, « la force finit toujours par prévaloir sur les libertés et sur nos choix démocratiques ». « Autrement dit, si nous voulons demeurer une Nation libre et indépendante, plus que jamais, force doit rester à la loi », a-t-il déclaré lors de l’installation du nouveau vice-président du Conseil d’État, Marc Guillaume.

Ce qu'il faut retenir

  • L’État de droit est présenté comme un pilier de la souveraineté nationale par Sébastien Lecornu.
  • Le Premier ministre a évoqué des menaces internes et externes, notamment de la part des populistes et des régimes autoritaires.
  • Marc Guillaume, nouveau vice-président du Conseil d’État, a été salué pour sa « brillante carrière » et son engagement dans la haute fonction publique.
  • Lecornu a insisté sur la nécessité d’adapter le droit tout en préservant les principes fondamentaux de l’État de droit.

Un plaidoyer pour la défense de l’État de droit face à ses détracteurs

Pour Sébastien Lecornu, l’État de droit est aujourd’hui « menacé » par plusieurs acteurs. Il a cité en premier lieu « les populistes qui opposent le peuple aux institutions », avant d’ajouter que certains responsables politiques remettent régulièrement en cause son rôle. « On le caricature en obstacle permanent, on laisse croire qu’il interdirait d’agir », a-t-il dénoncé, sans nommer directement ses détracteurs.

Le Premier ministre a également pointé du doigt « ceux qui ne reconnaissent la règle commune que lorsqu’elle leur est favorable », ainsi que « les régimes autoritaires qui font du droit un instrument du pouvoir et non une limite ». Il a évoqué, sans les citer, des puissances étrangères qui « piétinent les traités qu’elles ont signés ». Autant de dangers qui, selon lui, fragilisent le socle démocratique des nations.

Dans ce contexte, Sébastien Lecornu a rappelé que l’État de droit « ne saurait être un statu quo ou un prétexte à l’immobilisme ». Il a insisté sur la nécessité d’adapter le droit pour mieux le protéger, tout en garantissant son respect par des juges indépendants. « Plus que jamais, force doit rester à la loi », a-t-il conclu.

Marc Guillaume, nouveau visage du Conseil d’État

Sébastien Lecornu a profité de son discours pour saluer la nomination de Marc Guillaume à la tête de la plus haute juridiction administrative du pays. Ce dernier devient vice-président du Conseil d’État après avoir occupé le poste de secrétaire général du gouvernement de 2015 à 2020, puis celui de préfet d’Île-de-France.

Âgé de 61 ans, Marc Guillaume est un énarque ayant effectué l’essentiel de sa carrière dans la haute fonction publique. Proche de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, il s’est notamment illustré dans la préparation et la gestion des Jeux olympiques de 2024 en tant que préfet de la région parisienne. Son « caractère réputé bien trempé » a été souligné par Sébastien Lecornu, qui a salué sa « brillante carrière ».

L’État de droit, un concept central mais parfois contesté

La définition de l’État de droit – un système où la puissance publique est soumise au droit et où les libertés individuelles sont garanties par des juges indépendants – est au cœur du débat politique actuel. Plusieurs responsables, notamment à l’extrême droite et à l’extrême gauche, remettent régulièrement en cause son rôle, le présentant comme un frein à l’action publique ou comme un outil au service des élites.

Dans son intervention, Sébastien Lecornu a rejeté cette vision. Pour lui, l’État de droit n’est pas un « obstacle » mais une condition sine qua non de la démocratie. « Sans règle de droit ni juge indépendant pour en garantir le respect, la force finit toujours par prévaloir sur les libertés », a-t-il rappelé. Il a également mis en garde contre les dérives autoritaires, où le droit devient un simple instrument au service du pouvoir.

Ces prises de position interviennent alors que plusieurs pays européens, comme la Hongrie ou la Pologne, sont pointés du doigt par l’Union européenne pour leurs atteintes à l’État de droit. En France, certains projets de loi, notamment sur l’immigration ou la sécurité, ont suscité des débats sur leur conformité aux principes constitutionnels.

Et maintenant ?

La nomination de Marc Guillaume au Conseil d’État pourrait marquer une volonté de renforcer l’institution face aux pressions politiques. Les prochains mois seront décisifs pour voir si les appels de Sébastien Lecornu à préserver l’État de droit se traduisent par des mesures concrètes, notamment dans la refonte de certaines lois. Reste à savoir si ce plaidoyer suffira à convaincre les sceptiques, tant au sein de la majorité que de l’opposition.

Par ailleurs, le gouvernement pourrait être amené à préciser sa position sur plusieurs dossiers sensibles, comme les réformes judiciaires ou les traités internationaux, afin de rassurer sur sa détermination à protéger les principes démocratiques. Les prochaines élections européennes, prévues en juin 2029, pourraient aussi influencer le débat, les partis populistes étant traditionnellement critiques envers les institutions judiciaires.

Le Premier ministre a cité quatre menaces principales : les populistes qui opposent le peuple aux institutions, ceux qui ne reconnaissent la règle commune que lorsqu’elle leur est favorable, les régimes autoritaires qui instrumentalisent le droit, et les puissances étrangères qui piétinent les traités internationaux. Il a également évoqué une fragilisation interne, lorsque l’État de droit est caricaturé comme un obstacle permanent à l’action publique.