Samedi 23 mai 2026 au Ullevaal Stadion d’Oslo, Ada Hegerberg va vivre un moment historique en disputant sa huitième finale de Ligue des champions, cette fois-ci dans son pays d’origine, la Norvège. L’attaquante phare de l’OL Lyonnes affronte le FC Barcelone dans une rencontre qui s’annonce sous le signe de l’émotion pour la footballeuse de 30 ans, comme le rapporte Franceinfo - Sport.
Ce qu'il faut retenir
- À 30 ans, Ada Hegerberg dispute sa huitième finale de Ligue des champions, la première à domicile en Norvège, avec l’OL Lyonnes.
- La rencontre oppose les Lyonnaises au FC Barcelone au Ullevaal Stadion d’Oslo le 23 mai 2026.
- Hegerberg a passé deux saisons en Norvège (2010-2012) avant de rejoindre l’Allemagne puis Lyon, où elle a remporté six des huit Ligue des champions au palmarès du club.
- Elle a marqué l’histoire du football norvégien en quittant l’équipe nationale en 2017 pour dénoncer les inégalités de traitement entre hommes et femmes, avant de faire son retour en 2022.
- Avec trois buts en dix matchs cette saison, elle reste une pièce maîtresse du dispositif lyonnais malgré une saison moins prolifique en buts.
Une finale à domicile, un rêve devenu réalité
Après une qualification acquise dans les dernières minutes d’une double confrontation serrée face à Arsenal, finaliste sortant, Ada Hegerberg a laissé éclater sa joie, les larmes aux yeux, sur la pelouse du Groupama Stadium. « C’est particulier, c’est à la maison en Norvège, c’est quelque chose de spécial », a-t-elle déclaré au micro de La Chaîne L’Équipe. « Tu joues toute une carrière et là, tu as l’occasion de jouer une finale chez toi, devant ton public. J’y croyais, je savais qu’on avait les qualités pour, mais pour y arriver, c’est dur. »
Ce match à Oslo représente bien plus qu’une simple finale. Pour Hegerberg, c’est un retour aux sources, quatorze ans après avoir quitté la Norvège alors qu’elle n’était même pas majeure. « Y être aujourd’hui, aller jouer une nouvelle finale, c’est énorme, et le faire en Norvège, c’est encore plus énorme », a-t-elle souligné lors de la conférence de presse. « Je n’aurais jamais cru que j’allais jouer une finale de Ligue des champions en Norvège. C’est un petit pays, ce n’est pas forcément celui qui accueille des finales de Ligue des champions, mais c’est le cas cette année. Pour moi, c’est grandiose de revenir avec cette belle équipe, de montrer au public en Norvège ce qu’on est capable de faire. »
Le Ullevaal Stadion, temple du football norvégien, a toujours été le théâtre des exploits de la sélection nationale masculine, mais aussi féminine ces dernières années. Pour les Lyonnaises, cette enceinte sera l’occasion de briller devant le public qui les a vues grandir, ou presque. Hegerberg y a en effet évolué deux saisons seulement en Toppserien avec Kolbotn, avant de partir en Allemagne puis à Lyon, où elle est devenue une icône.
Un parcours marqué par des choix forts et des engagements
Ada Hegerberg n’est pas seulement une footballeuse d’exception, elle est aussi une figure militante pour l’égalité dans le football. En 2017, alors au sommet de sa carrière internationale, elle décide de mettre un terme à sa participation avec la sélection norvégienne. Son objectif ? Dénoncer les disparités de traitement entre les équipes masculines et féminines. « Je ne pouvais pas continuer au plus haut niveau dans un système où je me sentais mal », avait-elle expliqué. « Tous ces discours, ‘Allez les filles, on est derrière vous’, sans actes derrière, ça ne me plaisait pas. J’ai le sentiment que la fédération n’a jamais considéré sérieusement le foot féminin depuis que j’ai été appelée en U15. »
Son absence aura duré près de cinq ans, jusqu’à son retour en 2022, quelques mois avant l’Euro en Angleterre. Depuis, elle a même récupéré le brassard de capitaine, un symbole fort de son leadership retrouvé. À 30 ans, elle incarne désormais une nouvelle génération de footballeuses, à la fois performantes et engagées, prête à porter haut les couleurs de l’OL Lyonnes et de la Norvège.
Sur le terrain, malgré une saison en demi-teinte en termes de réalisations (trois buts en dix matchs de Ligue des champions), elle reste une joueuse clé pour son club. Son expérience, sa puissance dans la surface et son leadership sont des atouts majeurs face à un FC Barcelone qui, lui, arrive en finale pour la cinquième fois consécutive, avec deux titres à la clé en 2023 et 2024.
Une finale sous haute tension, entre enjeux sportifs et symboliques
Pour l’OL Lyonnes, cette finale représente une opportunité unique de remporter un septième titre en Ligue des champions, une compétition où le club lyonnais domine depuis près de deux décennies. Hegerberg, avec six trophées à son palmarès dans cette compétition, pourrait devenir la première joueuse à remporter sept fois la C1, un record qui renforcerait encore son statut de légende du football féminin.
Face à elles, le FC Barcelone, dirigé par des joueuses comme Alexia Putellas ou Fridolina Rolfö, est un adversaire redoutable. Les Catalanes misent sur une attaque redoutable et une expérience récente en finale, ce qui promet un duel tactique intense. Pour Hegerberg, ce match est aussi une occasion de montrer que, même à 30 ans, elle reste une joueuse d’impact, capable de peser dans les moments décisifs.
« Peut-être moins décisive en termes de buts cette saison, mais toujours aussi précieuse pour fixer les défenses et apporter de la puissance dans la surface », analyse Franceinfo - Sport. Son rôle pourrait s’avérer crucial pour briser la défense barcelonaise et offrir à Lyon une septième couronne européenne.
Quel que soit le résultat, cette finale restera comme un moment fort de la carrière d’Ada Hegerberg, entre émotion personnelle, engagement militant et quête de nouveaux titres. Une légende du football féminin s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire, sous les yeux de son pays natal.
Ada Hegerberg a décidé de mettre un terme à sa carrière internationale en 2017 pour dénoncer les inégalités de traitement entre les équipes masculines et féminines en Norvège. Elle a expliqué ne plus pouvoir évoluer dans un système où les promesses verbales ne se traduisaient pas par des actes concrets, notamment en matière de soutien et de moyens alloués au football féminin.