Selon RFI, African Parks, organisation sud-africaine gestionnaire de parcs nationaux et d’aires protégées dans treize pays du continent, est actuellement au cœur de vives critiques. Créée dans les années 2000 par un homme d’affaires néerlandais, en collaboration avec d’anciens responsables des parcs nationaux sud-africains, elle a progressivement étendu son influence en signant des contrats de gestion avec plusieurs gouvernements africains. Parmi ses membres, on compte notamment le prince Harry, intégré à son conseil d’administration.
Ce qu'il faut retenir
- African Parks gère des parcs nationaux dans 13 pays africains et emploie des contrats de délégation de gestion avec les gouvernements locaux.
- L’organisation a été fondée dans les années 2000 par un homme d’affaires néerlandais et d’anciens dirigeants des parcs sud-africains.
- Le prince Harry siège au conseil d’administration d’African Parks depuis plusieurs années.
- Malgré son statut d’acteur majeur de la protection de la nature en Afrique, l’organisation fait face à des critiques croissantes.
Depuis son lancement, African Parks s’est imposée comme l’un des principaux acteurs privés de la conservation en Afrique, avec la gestion de plus de vingt aires protégées réparties dans des pays comme le Malawi, le Rwanda, le Congo ou encore le Tchad. Son modèle repose sur des partenariats publics-privés, où les États africains lui confient la responsabilité de la gestion opérationnelle de leurs parcs nationaux, en échange d’un soutien financier et technique. Pourtant, cette approche suscite des remous au sein de la communauté environnementale et des populations locales.
Les détracteurs d’African Parks lui reprochent notamment des méthodes jugées trop interventionnistes, une centralisation excessive des décisions et un manque de transparence dans la gestion des fonds. Certains observateurs soulignent également que les retombées économiques pour les communautés locales restent limitées, malgré les promesses de développement durable. D’autres critiques portent sur la privatisation de ressources naturelles stratégiques, perçue comme une forme de néocolonialisme par certains militants.
« Notre objectif est de préserver la biodiversité tout en soutenant le développement des communautés locales. Ces critiques, nous les écoutons, mais nous restons convaincus que notre modèle apporte des résultats tangibles sur le terrain. »
— Peter Fearnhead, directeur général d’African Parks, selon RFI
Face à ces contestations, African Parks met en avant ses succès en matière de lutte contre le braconnage et de restauration des écosystèmes. L’organisation revendique une augmentation notable des populations d’animaux sauvages dans les parcs sous sa gestion, ainsi que la création d’emplois locaux et de programmes éducatifs. Elle cite notamment l’exemple du parc national de Majete, au Malawi, où la réintroduction d’espèces comme les lions ou les rhinocéros a permis de relancer l’écotourisme et de dynamiser l’économie régionale.
Pourtant, les tensions persistent. En Afrique du Sud, berceau historique de l’organisation, des associations dénoncent un déséquilibre entre les bénéfices privés et l’intérêt général. Des ONG locales accusent également African Parks de marginaliser les acteurs locaux au profit de ses propres intérêts. Ces controverses ont été amplifiées par des enquêtes journalistiques révélant des lacunes dans la gouvernance interne et des conflits d’intérêts présumés.
Alors que le débat sur la gouvernance des espaces naturels en Afrique s’intensifie, African Parks devra prouver que son modèle peut concilier efficacité écologique, équité sociale et transparence. Pour ses détracteurs, la question n’est plus de savoir si l’organisation a sauvé des parcs, mais si elle a su le faire sans sacrifier les intérêts des populations qui en dépendent.