Les comptes à terme (CAT) suscitent un regain d’intérêt depuis la baisse du taux du Livret A à 1,5 % en février 2026. Selon Capital, les meilleurs rendements proposés sur 12 mois atteignent désormais 2,5 % brut, soit 1,71 % nets après application de la flat tax à 31,4 %. Ce placement, pourtant mal compris du grand public, offre trois formules de taux distinctes, chacune adaptée à des profils d’épargnants et des horizons temporels différents.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois formules de taux coexistent : fixe (6 à 18 mois), progressif (jusqu’à 36 mois) et variable (indexé sur un indice comme l’Euribor).
  • Le taux fixe est le plus répandu, avec des offres à 2,4 % brut sur 6 à 9 mois et 2,5 % brut sur 12 mois début 2026 chez certains établissements comme Axa.
  • Le taux progressif récompense la stabilité avec des paliers de rémunération croissants, mais impose une durée d’engagement longue (24 à 36 mois).
  • Le taux variable, plus rare, suit l’évolution des indices de référence et convient aux épargnants prêts à assumer un risque de baisse.
  • Les conditions de sortie anticipée varient selon les banques et peuvent impacter les intérêts acquis.
  • Au-delà de 36 mois, un CAT perd de son attractivité au profit d’autres placements comme l’assurance-vie ou les actions.

Un mécanisme simple mais méconnu

Un compte à terme est un placement rémunéré dont le taux et la durée sont fixés dès la souscription. Comme l’explique Barbara Poncin, Agent Général Axa Prévoyance et Patrimoine à Versailles, « un compte à terme est un compte épargne rémunéré dont vous connaissez le taux à l’avance, contractuel, pour une durée et un montant fixés en amont ». Ce produit s’adresse aux épargnants souhaitant sécuriser leur capital tout en obtenant un rendement supérieur à celui des livrets réglementés.

Les trois modalités de taux disponibles sur le marché répondent à des logiques différentes. Le taux fixe, simple et lisible, reste la formule la plus répandue. Le taux progressif, plus complexe, incite à la stabilité via des paliers successifs. Le taux variable, enfin, lie la rémunération à l’évolution d’un indice, offrant un potentiel de rendement plus élevé… mais aussi un risque de baisse. Chaque option impose ses propres règles de sortie anticipée, qu’il est impératif de vérifier avant de signer un contrat.

Le taux fixe : la formule la plus accessible

Le taux fixe convient aux épargnants cherchant de la simplicité et de la prévisibilité. Selon Barbara Poncin, « chez Axa, on est à 2,4 % brut sur 6 à 9 mois et à 2,5 % brut sur 12 mois » parmi les meilleures offres du marché début 2026. Ce taux reste inchangé jusqu’à l’échéance, quel que soit l’évolution des marchés. Les établissements exigent généralement un dépôt minimum de 5 000 euros, avec un plafond pouvant atteindre 1 million d’euros selon les banques.

Ce type de CAT est idéal pour des projets à court terme, comme le règlement des frais de notaire dans les six mois, l’achat d’un véhicule ou le financement de travaux. « Vous avez fait un achat et vos frais de notaire arrivent dans 4 ou 6 mois. Ou vous êtes sur une construction de maison, vous voulez placer votre argent que vous allez débloquer au fur et à mesure. C’est exactement le bon usage », précise l’experte. L’horizon temporel doit être précisément calé sur la date prévue d’utilisation des fonds pour éviter les pénalités de sortie.

Le taux progressif : récompenser la stabilité sur le long terme

Le taux progressif séduit les épargnants prêts à s’engager sur une durée longue (24 à 36 mois) en échange d’une rémunération croissante par paliers. « Vous partez sur un engagement de 36 mois avec un palier à 12 mois. Vous aurez un taux sur vos 12 premiers mois, puis un taux plus élevé sur la suite », détaille Barbara Poncin. Ce mécanisme permet de bénéficier d’une sortie anticipée sans pénalité abusive après le premier palier, tout en maintenant la possibilité de percevoir un rendement plus élevé si l’engagement est respecté.

L’avantage majeur réside dans la prévisibilité : le taux du premier palier est connu dès la souscription, et la sortie reste possible sans perdre l’intégralité des intérêts. En revanche, une sortie trop précoce prive l’épargnant des paliers suivants, réduisant ainsi le rendement global. Ce type de CAT convient particulièrement pour des projets immobiliers ou des successions en cours, où les fonds sont nécessaires dans un délai de 18 à 36 mois.

Le taux variable : un pari sur l’évolution des marchés

Le taux variable, bien que minoritaire en France, attire les épargnants convaincus d’une tendance haussière des taux directeurs ou prêts à assumer un risque. La rémunération est indexée sur un indice de référence comme l’Euribor 3 mois, auquel s’ajoute une marge fixée par l’établissement. « Si les taux directeurs montent, le rendement suit. S’ils baissent, vous perdez en rémunération », souligne Barbara Poncin. Cette formule convient donc aux profils audacieux, prêts à parier sur une hausse des taux dans les années à venir.

Dans le contexte actuel de baisse anticipée des taux directeurs pour 2026 et 2027, le taux fixe apparaît comme une option plus protectrice. Les épargnants doivent peser le pour et le contre : le taux variable offre un potentiel de rendement supérieur, mais expose à une baisse de rémunération en cas de retournement de conjoncture. Les contrats proposant cette formule restent rares et souvent réservés à des montants élevés.

Trois précautions à prendre avant de souscrire

Quelle que soit la formule choisie, trois règles essentielles s’imposent. D’abord, il est conseillé de saturer les livrets réglementés avant d’ouvrir un CAT, dont les plafonds s’élèvent à 22 950 euros pour le Livret A et 12 000 euros pour le LDDS. Ensuite, il est crucial de vérifier les conditions de sortie anticipée, qui varient fortement d’un établissement à l’autre et peuvent réduire ou annuler les intérêts acquis. Enfin, il faut anticiper le renouvellement du contrat, qui se fait au taux du moment, non garanti à l’avance.

« Si vous laissez votre argent sur votre compte courant et qu’il n’est pas placé, votre épargne perd du pouvoir d’achat sous l’effet de l’inflation », rappelle Barbara Poncin. Même un CAT à 1,71 % nets après flat tax reste préférable à une absence de rémunération. Les taux cités correspondent aux conditions de marché début 2026 et sont susceptibles d’évoluer en fonction des établissements et des montants placés.

Et maintenant ?

Les experts s’attendent à une stabilisation des taux des CAT dans les prochains mois, en lien avec l’évolution de la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Une remontée des taux du Livret A, potentiellement dès août 2026 en raison de tensions géopolitiques comme la guerre en Iran, pourrait redynamiser le marché des livrets réglementés et inciter les banques à ajuster leurs offres. Les épargnants devraient surveiller les annonces de la BCE et comparer régulièrement les rendements proposés pour optimiser leur placement.

Pour les projets dépassant 36 mois, les spécialistes recommandent de se tourner vers des solutions plus flexibles, comme les contrats de capitalisation ou les assurances-vie, dont la fiscalité devient plus avantageuse après huit ans. Le choix du compte à terme doit donc s’inscrire dans une stratégie d’épargne globale, tenant compte des besoins en liquidités et du profil de risque de chaque épargnant.

Les intérêts perçus sur un compte à terme sont soumis par défaut à la flat tax de 31,4 %, qui inclut 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Il est possible d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu, mais cette option est rarement avantageuse. Les taux cités dans l’article (1,71 % nets après flat tax) correspondent à ce prélèvement.

Oui, le cumul est tout à fait possible et même recommandé pour diversifier son épargne. Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) doivent être saturés en priorité, suivis éventuellement d’un CAT pour les besoins à court terme. L’assurance-vie, avec ses avantages fiscaux après huit ans, peut compléter cette stratégie pour les projets à plus long terme.