Les relations entre l’Afrique du Sud et le Rwanda entrent dans une phase de détente. Ronald Lamola, ministre sud-africain des Affaires étrangères, et Olivier Nduhungirehe, son homologue rwandais, se sont rencontrés hier, mardi 17 juin 2026, à Pretoria pour une réunion bilatérale axée sur la restauration d’un dialogue constructif. Selon RFI, cette rencontre marque une volonté partagée de tourner la page sur les tensions récurrentes entre les deux pays.
Ce qu'il faut retenir
- Une réunion bilatérale s’est tenue le 17 juin 2026 à Pretoria entre les ministres des Affaires étrangères de l’Afrique du Sud et du Rwanda.
- Les deux parties ont exprimé leur volonté de rétablir une relation diplomatique apaisée, après des désaccords persistants.
- Les tensions portaient notamment sur la gestion du conflit à l’est de la RDC et l’accueil de dissidents rwandais en Afrique du Sud.
- Les discussions ont porté sur des mécanismes concrets pour renforcer la coopération bilatérale.
Les désaccords entre Pretoria et Kigali ne datent pas d’hier. Depuis plusieurs années, l’Afrique du Sud abrite des opposants politiques rwandais, une situation que Kigali a régulièrement critiquée. Le Rwanda a, à plusieurs reprises, accusé Pretoria de servir de base arrière à des mouvements hostiles à son gouvernement. Autant dire que la présence de ces dissidents a empoisonné les relations diplomatiques entre les deux capitales. D’un autre côté, l’Afrique du Sud a toujours défendu sa souveraineté en matière d’asile politique, tout en soulignant son rôle de médiateur dans les crises régionales.
Le conflit à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a également pesé sur les échanges entre les deux pays. L’Afrique du Sud, membre actif de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), a été impliquée dans des initiatives de paix, tandis que le Rwanda a été accusé par Kinshasa et certains observateurs d’appuyer des groupes armés opérant dans la région. Ces divergences ont souvent conduit à des frictions diplomatiques, voire à des blocages lors de forums internationaux.
« Nous avons échangé de manière constructive sur les défis communs et les moyens de renforcer notre coopération », a déclaré Ronald Lamola à l’issue de la réunion. « L’Afrique du Sud et le Rwanda partagent des intérêts stratégiques en Afrique australe, et il est essentiel de les préserver. »
« La normalisation de nos relations est une priorité pour notre gouvernement », a pour sa part affirmé Olivier Nduhungirehe. « Nous sommes prêts à travailler main dans la main avec l’Afrique du Sud pour résoudre les crises qui menacent la stabilité de la région. »
Les deux ministres ont convenu de mettre en place des groupes de travail dédiés à la résolution des contentieux bilatéraux. Parmi les sujets abordés figurent la sécurisation des frontières, la lutte contre le trafic d’armes et la promotion des échanges économiques. Selon des sources proches des négociations, des avancées auraient été réalisées sur la question des dissidents, bien que les détails n’aient pas été rendus publics. « Des progrès concrets ont été faits, mais il reste du chemin à parcourir », a indiqué un diplomate sous couvert d’anonymat.
Cette tentative de rapprochement s’inscrit dans un contexte régional complexe. L’Afrique du Sud, puissance économique majeure, cherche à jouer un rôle central dans la résolution des conflits en RDC, tandis que le Rwanda, dirigé d’une main ferme par Paul Kagame, mise sur une stabilisation de sa périphérie pour sécuriser son développement. Pour Pretoria comme pour Kigali, la stabilité des relations bilatérales pourrait faciliter la résolution de crises qui dépassent leurs frontières.
Les prochaines semaines seront donc déterminantes. Si les discussions aboutissent, elles pourraient ouvrir la voie à une coopération renforcée, notamment dans les domaines sécuritaires et économiques. Dans le cas contraire, les tensions pourraient resurgir, risquant d’affaiblir la position des deux pays sur la scène internationale.
Les tensions portent principalement sur l’accueil par Pretoria de dissidents rwandais, accusés par Kigali de fomenter des activités subversives, ainsi que sur le rôle joué par le Rwanda dans le conflit à l’est de la RDC, où il est accusé d’appuyer des groupes armés.