La porte-parole du gouvernement a confirmé ce lundi 11 mai, lors de son passage sur BFMTV, que de nouvelles mesures d’aide au carburant seront dévoilées d’ici une semaine. Selon BFM Business, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre de l’Énergie, a réitéré la volonté de l’exécutif de privilégier des dispositifs ciblés plutôt que des mesures générales.
Ce qu'il faut retenir
- De nouvelles professions pourraient être incluses dans les aides au carburant dès les prochaines semaines, sans précision sur leur identité pour l’instant.
- Le gouvernement exclut toute suspension des Certificats d’Économie d’Énergie (CEE), jugés essentiels pour la transition énergétique.
- Près de 3 millions de Français modestes, fortement dépendants de la voiture, bénéficient déjà d’un soutien spécifique.
- La ministre a salué le plafonnement des prix imposé par Total, qualifiant cette initiative de « nécessité ».
- Une enquête européenne est en cours pour évaluer d’éventuels abus de la part des raffineurs.
Un élargissement des dispositifs pour toucher davantage de ménages
Alors que les prix des carburants restent une préoccupation majeure pour de nombreux ménages, Maud Bregeon a assuré que « davantage de Français seront aidés dans les semaines à venir ». D’ici une semaine, le gouvernement dévoilera de nouvelles annonces pour étendre le périmètre des professions éligibles aux aides. Pour l’instant, les secteurs déjà concernés sont ceux de la pêche, de l’agriculture, du bâtiment ainsi qu’une partie des transports. « Les pêcheurs ne pourraient plus aller en mer si nous n’avions pas mis en place des aides », a-t-elle souligné lors de son intervention.
Côté chiffres, près de 3 millions de Français modestes, souvent contraints de rouler beaucoup, perçoivent déjà une aide spécifique. Cette stratégie de ciblage, privilégiée par l’exécutif, vise à limiter le coût budgétaire tout en répondant aux besoins les plus pressants.
Les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) épargnés, malgré les pressions
Interrogée sur une éventuelle suspension des CEE — ces dispositifs financés par les distributeurs d’énergie et de carburant pour soutenir la transition énergétique —, Maud Bregeon a balayé cette hypothèse. « Les CEE servent à financer le passage des chaudières à gaz vers les pompes à chaleur, 180 000 rien que l’an dernier. Ils aident aussi les ménages à passer d’une voiture thermique à une voiture électrique », a-t-elle rappelé. Selon elle, ces certificats sont « indispensables » pour réduire la dépendance aux énergies fossiles. « Notre dépendance aux énergies fossiles n’est plus tenable », a-t-elle martelé.
Le gouvernement mise donc sur leur maintien, malgré les critiques récurrentes sur leur efficacité ou leur distribution. Leur suppression risquerait, selon la ministre, de freiner la transition écologique en cours.
Total et le plafonnement des prix : une mesure jugée légitime
Autre point abordé : le plafonnement des prix à la pompe mis en place par Total. Maud Bregeon l’a qualifié de « nécessité ». « Au regard des bénéfices, il est bien légitime que Total redistribue une partie de ses bénéfices indirectement via ses prix plafonnés », a-t-elle déclaré. Cette prise de position intervient dans un contexte où les marges des raffineurs sont scrutées de près par les pouvoirs publics.
Par ailleurs, la porte-parole du gouvernement a indiqué qu’une étude est actuellement menée au niveau de l’Union européenne pour évaluer d’éventuels abus de position dominante. « On ne s’interdit aucune mesure si des abus étaient identifiés », a-t-elle assuré, sans préciser quelles sanctions pourraient être envisagées en cas de manquement.
Un ciblage assumé pour éviter les mesures trop coûteuses
Cette volonté de cibler les aides s’inscrit dans une logique budgétaire stricte. En évitant des mesures générales, le gouvernement espère limiter l’impact sur les finances publiques tout en répondant aux situations les plus critiques. « Pas question de faire des mesures générales », a répété Maud Bregeon, confirmant la ligne choisie depuis le début de la crise énergétique.
Cette approche contraste avec les demandes répétées de certains secteurs, comme celui des transports, qui réclament des aides plus larges. Pour l’instant, l’exécutif maintient sa position, tout en laissant la porte ouverte à des ajustements sectoriels si la situation l’exige.
En attendant, la question des prix des carburants continue de peser sur le pouvoir d’achat, surtout dans les zones rurales ou mal desservies par les transports en commun. Le gouvernement mise sur ces dispositifs ciblés pour atténuer l’impact, mais leur efficacité dépendra de leur rapidité d’application et de leur adaptabilité face à l’évolution du marché.
Le gouvernement n’a pas encore précisé quels secteurs pourraient être inclus dans les prochaines annonces. Actuellement, les aides concernent principalement les pêcheurs, les agriculteurs, le bâtiment et une partie des transports, en plus des 3 millions de Français modestes et fortement dépendants de la voiture.