La Maison-Blanche a officiellement tiré sa révérence, jeudi 17 juin 2026, à l’un des deux Boeing 747 modifiés pour servir d’Air Force One, après plus de trois décennies de service ininterrompu. « Bien joué, bon et fidèle serviteur. ‘Le dernier voyage’ », a salué sur X (ex-Twitter) le directeur de la communication de la présidence américaine, Steven Cheung, accompagnant son message d’une photo floue de l’appareil bleu et blanc à son retour du sommet du G7 en France. Selon Le Figaro, cet appareil, entré en service en 1990, a été le transporteur aérien de tous les présidents américains depuis George H.W. Bush.

Ce qu'il faut retenir

  • Un Boeing 747 en service depuis 1990 a effectué son dernier vol officiel jeudi 17 juin 2026.
  • L’appareil a transporté tous les présidents américains depuis George H.W. Bush, soit près de 40 ans.
  • Son successeur pourrait être un Boeing 747 offert par le Qatar à Donald Trump, actuellement en phase de tests.
  • L’utilisation d’un appareil étranger soulève des questions éthiques, constitutionnelles et sécuritaires.
  • Un nouveau contrat avec Boeing pour deux 747 a connu des retards et dépassements de coûts.

Un appareil historique à la retraite

L’avion présidentiel vieillissant, l’un des deux Boeing 747 lourdement modifiés en service depuis 1990, a achevé sa carrière opérationnelle avec un dernier vol jeudi. Selon les responsables de la Maison-Blanche, cité par Le Figaro, cet appareil a symbolisé la continuité du pouvoir américain pendant près de quarante ans. Monica Crowley, cheffe du protocole des États-Unis, a partagé son expérience à bord lors du vol final : « J’étais honorée d’être à bord d’Air Force One la nuit dernière pour son dernier vol. Pendant près de 40 ans, il a transporté chaque président depuis George Bush. Ce n’était pas l’avion le plus moderne, mais il était confortable. Et chaque vol avec le président Trump était incroyablement spécial. »

Un successeur controversé offert par le Qatar

Le sort de l’appareil vieillissant n’est pas le seul sujet de préoccupation. Selon Le Figaro, Donald Trump envisage d’utiliser un Boeing 747-8 offert par l’émirat du Qatar pour remplacer temporairement l’actuel Air Force One. Cet avion, évalué à plusieurs centaines de millions de dollars, pourrait servir lors du voyage présidentiel prévu au Mont Rushmore en juillet 2026, dans le cadre des célébrations du 250e anniversaire de la déclaration d’indépendance américaine. L’US Air Force a confirmé en mai que l’appareil qatari avait terminé ses vols d’essai et serait prêt à entrer en service « dans les temps » pour une livrée rouge, blanche et bleue.

La proposition soulève cependant des interrogations majeures. Selon Le Figaro, l’utilisation d’un avion offert par une puissance étrangère pour un rôle aussi sensible qu’Air Force One interroge sur les plans éthiques, constitutionnels et sécuritaires. Les appareils présidentiels américains sont équipés de systèmes de défense sophistiqués, capables de brouiller les radars ennemis, de disperser des fragments métalliques pour perturber les missiles guidés par radar, et d’utiliser des leurres infrarouges contre les missiles thermiques.

Des questions éthiques et sécuritaires majeures

L’administration américaine a officiellement accepté le cadeau qatari l’année dernière, malgré les réticences initiales. Donald Trump avait justifié cette décision en qualifiant de « stupide » le refus d’un tel présent. Il a également précisé que l’avion serait, à terme, intégré à sa future bibliothèque présidentielle à Miami comme pièce de collection. Cependant, la question de la propriété de l’appareil reste floue. Le Pentagone n’a pas encore tranché sur son avenir une fois le second appareil qatari en service, selon les informations de NBC News rapportées par Le Figaro.

Les experts s’interrogent notamment sur la compatibilité des systèmes de défense américains avec un appareil étranger. « L’intégration d’un avion offert par une puissance étrangère dans la flotte présidentielle soulève des défis techniques et sécuritaires sans précédent », a rappelé un ancien responsable du renseignement américain sous couvert d’anonymat. La Maison-Blanche n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP concernant le sort du second 747 actuellement en service.

Un programme de remplacement en proie aux retards

Parallèlement à cette solution temporaire, le gouvernement américain a signé un contrat avec Boeing pour la livraison de deux nouveaux Boeing 747-8, spécialement modifiés pour le rôle d’Air Force One. Pourtant, ce programme accumule les retards et les dépassements de coûts, une situation qui a déjà poussé l’administration à envisager des alternatives. Selon Le Figaro, ces difficultés techniques et financières ont conduit à une réflexion sur la pertinence de maintenir le calendrier initial de remplacement.

Le président Trump, connu pour son attachement aux symboles du pouvoir, avait exprimé à plusieurs reprises son souhait de voir Air Force One arborer ses couleurs. Autant dire que l’idée d’un appareil aux couleurs du drapeau américain, offert par un allié comme le Qatar, correspond parfaitement à sa vision. « Il a gardé un modèle réduit de l’avion aux nouvelles couleurs sur la table basse du Bureau ovale pendant des années », rappelle Le Figaro.

Et maintenant ?

Le prochain vol d’Air Force One avec le Boeing 747 qatari est prévu pour le 4 juillet 2026, lors des célébrations du 250e anniversaire de l’indépendance américaine au Mont Rushmore. Reste à voir si les questions éthiques et sécuritaires seront levées d’ici là. La Maison-Blanche doit également clarifier le sort du second appareil actuellement en service, dont le devenir reste incertain. Enfin, l’achèvement du programme de remplacement avec Boeing devra être suivi de près, alors que les retards s’accumulent.

Cette transition, bien que symbolique, illustre les défis auxquels fait face l’administration américaine pour concilier tradition, modernité et enjeux géopolitiques. Entre héritage historique et impératifs contemporains, l’avenir d’Air Force One s’écrit sous le signe de l’incertitude.

Selon Le Figaro, l’offre du Qatar s’inscrit dans le cadre des relations diplomatiques et économiques entre les deux pays. L’émirat, soucieux de renforcer ses liens avec les États-Unis, a proposé cet appareil évalué à plusieurs centaines de millions de dollars. Donald Trump a accepté ce cadeau, malgré les questions éthiques et sécuritaires qu’il soulève, justifiant sa décision par le fait que refuser un tel présent serait « stupide ».