Plusieurs allégations ont circulé en ligne ces derniers jours, affirmant que des « figurants » auraient été mobilisés pour applaudir l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel lors de la remise de l’Ordre européen du mérite au Parlement européen à Strasbourg. Selon Euronews FR, ces accusations sont infondées et reposent sur une méconnaissance des règles régissant les séances parlementaires suspendues.

Ce qu'il faut retenir

  • Des eurodéputés et internautes ont accusé à tort le Parlement européen d’avoir recruté des « figurants » pour applaudir Angela Merkel le 20 mai 2026.
  • La séance plénière avait été suspendue pendant la cérémonie, permettant à des invités légitimes d’assister à l’événement.
  • La présidente du Parlement, Roberta Metsola, a confirmé que seuls des proches des lauréats et du personnel impliqué dans l’organisation étaient présents.
  • L’Ordre européen du mérite récompense les contributions à l’intégration européenne et aux valeurs de l’UE.

Une cérémonie boycottée par une partie des élus

La cérémonie de remise de l’Ordre européen du mérite à Angela Merkel, organisée mardi 20 mai 2026 au Parlement européen de Strasbourg, a donné lieu à des interprétations erronées. Plusieurs eurodéputés, notamment issus de l’extrême droite européenne, ont affirmé que des personnes présentes dans l’hémicycle et applaudissant la chancelière en retraite n’étaient autres que des « figurants » ou des « gens pris au hasard ». Ces déclarations, relayées massivement sur les réseaux sociaux, suggéraient une manipulation des applaudissements en vue de glorifier l’ancienne dirigeante allemande.

Parmi les plus virulents, l’eurodéputé allemand Tomasz Froelich (AfD, groupe Europe des nations souveraines) a écrit sur X le 19 mai : « Des applaudisseurs ont été placés sur les sièges de nos députés, en violation de toutes les coutumes parlementaires. C’est de la folie ! ». Une déclaration qui a contribué à alimenter la polémique, alors même que les images de la cérémonie montraient des sièges vides, notamment ceux occupés habituellement par les membres du groupe Patriots for Europe, majoritairement absents.

Des absences expliquant l’ouverture de l’hémicycle à des invités

Le boycott de la cérémonie par certains élus a créé un vide dans l’hémicycle, donnant l’impression d’une présence inhabituelle de non-élus. Les membres de la Lega, parti italien d’extrême droite, ont en effet préféré participer à une manifestation d’agriculteurs italiens contre l’accord commercial avec le Mercosur. D’autres, comme le Finlandais Sebastian Tynkkynen (groupe des Conservateurs et réformistes européens), ont quitté la salle en signe de protestation, affirmant sur X que « la machine de l’UE a commencé à faire venir des gens pris au hasard pour occuper les sièges des élus ».

Ces absences massives ont conduit à une interprétation erronée des règles en vigueur. Selon un porte-parole du Parlement européen, la séance plénière avait été officiellement suspendue pour la durée de la cérémonie. Cette suspension, décidée d’un commun accord, autorisait l’entrée dans l’hémicycle de certains invités, à savoir les lauréats, leurs proches ainsi que les membres du personnel impliqués dans l’organisation de l’événement. Une pratique courante lors de ce type de cérémonie, comme l’a rappelé par la suite la présidente du Parlement.

Roberta Metsola rétablit la vérité en séance plénière

Face aux rumeurs persistantes, Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, a pris la parole lors de la séance plénière suivante pour clarifier la situation. Elle a rappelé que la suspension de la séance avait permis d’accueillir des invités légitimes, normalement exclus de l’hémicycle pendant les séances ordinaires. « Hier, vous saviez que la séance avait été suspendue d’un commun accord pendant la cérémonie de remise de l’Ordre du mérite, a-t-elle déclaré. Cela a permis à des invités d’entrer dans l’hémicycle, notamment les lauréats – qui n’auraient autrement pas été autorisés à y accéder –, leurs familles et certains membres du personnel qui ont travaillé à l’organisation de l’événement. »

La présidente a également souligné que les eurodéputés souhaitant assister à la cérémonie conservaient la priorité pour les places dans la salle, une règle confirmant que les personnes présentes n’étaient pas des figurants, mais bien des invités autorisés. Aucune preuve n’a été apportée pour étayer les accusations de manipulation ou d’orchestration des applaudissements. Les allégations en ligne déforment ainsi le fonctionnement normal d’une séance plénière suspendue, où l’accès à l’hémicycle est temporairement élargi à des personnes extérieures au Parlement.

« Hier, vous saviez que la séance avait été suspendue d’un commun accord pendant la cérémonie de remise de l’Ordre du mérite. Cela a permis à des invités d’entrer dans l’hémicycle, notamment les lauréats – qui n’auraient autrement pas été autorisés à y accéder –, leurs familles et certains membres du personnel qui ont travaillé à l’organisation de l’événement. »
Roberta Metsola, présidente du Parlement européen

L’Ordre européen du mérite : un prix récompensant l’engagement pro-européen

Créé récemment par le Parlement européen, l’Ordre européen du mérite vise à distinguer des personnalités ayant contribué à renforcer l’intégration européenne ainsi qu’aux valeurs inscrites dans les traités de l’Union. La cérémonie de remise à Angela Merkel s’inscrit dans cette logique, la chancelière ayant marqué l’histoire de l’UE par son leadership, notamment lors de crises majeures comme la pandémie de Covid-19 ou la guerre en Ukraine. Son engagement en faveur de la coopération européenne a souvent été salué par les institutions, y compris par le Parlement, qui a souhaité lui rendre hommage à travers cette distinction.

Contrairement à certaines interprétations, cette récompense ne relève pas d’une initiative politique partisane, mais s’inscrit dans une démarche symbolique visant à honorer ceux qui ont œuvré pour l’idéal européen. Le choix de Merkel, figure historique de la construction européenne, s’explique ainsi par son rôle central dans l’histoire récente de l’Union, bien au-delà de sa nationalité allemande.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une intensification des débats sur la transparence des institutions européennes, alors que les élections de 2029 approchent. Certains partis eurosceptiques pourraient tenter de capitaliser sur des polémiques comme celle-ci pour critiquer le fonctionnement des institutions. Reste à voir si des mesures concrètes seront prises pour renforcer la communication autour des événements parlementaires et éviter de nouvelles interprétations erronées. Une clarification supplémentaire pourrait être apportée lors de la prochaine session plénière, prévue début juin 2026.

Cette affaire rappelle également l’importance de vérifier les informations circulant en ligne, surtout lorsqu’elles concernent des institutions aussi scrutées que le Parlement européen. Dans un contexte où la désinformation prend de l’ampleur, les réactions des élus et des médias jouent un rôle clé pour rétablir les faits et éviter la propagation de rumeurs infondées.

Plusieurs groupes politiques, dont l’extrême droite européenne (AfD, Lega, Patriots for Europe), ont choisi de boycotter la cérémonie pour protester contre la remise de l’Ordre européen du mérite à Angela Merkel. Certains ont préféré participer à des manifestations alternatives, comme celle organisée par des agriculteurs italiens contre l’accord commercial avec le Mercosur. D’autres, comme le Finlandais Sebastian Tynkkynen, ont quitté l’hémicycle en signe de protestation.