Les patients qui se tournent vers les médicaments anti-obésité les plus prometteurs, comme le Wegovy ou le Mounjaro, doivent aussi composer avec des effets indésirables significatifs. Selon Libération, une méta-analyse publiée ce jeudi 9 juillet dans le British Medical Journal révèle que les produits les plus efficaces pour réduire le poids sont précisément ceux qui exposent les utilisateurs à un risque accru d’effets secondaires.

Ce qu'il faut retenir

  • Une synthèse de plus de 200 études, portant sur 19 traitements (commercialisés ou en développement), montre que les médicaments les plus efficaces contre l’obésité ont aussi les profils d’effets indésirables les plus lourds.
  • Parmi les molécules étudiées figurent le Wegovy (sémaglutide) et le Mounjaro (tirzépatide), deux références du marché.
  • Les chercheurs soulignent un lien clair entre l’efficacité thérapeutique et la fréquence des effets secondaires, notamment digestifs et neurologiques.
  • Ces résultats pourraient peser sur les stratégies de prescription et les choix des patients, alors que l’obésité concerne plus de 650 millions d’adultes dans le monde, selon l’OMS.

Une analyse exhaustive sur 19 traitements

Une équipe internationale de chercheurs a passé au crible 215 études cliniques portant sur 19 traitements, qu’ils soient déjà disponibles sur le marché ou encore en phase de développement. Parmi les produits les plus étudiés, le Wegovy, commercialisé par Novo Nordisk, et le Mounjaro, développé par Eli Lilly, ont retenu l’attention en raison de leur efficacité reconnue dans la perte de poids.

Mais c’est précisément cette efficacité qui s’accompagne, selon les auteurs, d’une augmentation des effets indésirables. Les données, compilées dans le British Medical Journal, indiquent que les patients sous ces traitements rapportent plus fréquemment des troubles digestifs (nausées, diarrhées, vomissements), des maux de tête ou encore des risques accrus de carences nutritionnelles.

Un équilibre délicat entre bénéfices et risques

Les chercheurs rappellent que l’obésité, classée comme une maladie chronique par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), touche plus de 650 millions d’adultes dans le monde. Pour les patients en situation d’obésité sévère ou présentant des complications métaboliques, ces traitements représentent souvent une solution de dernier recours. Pourtant, leur adoption pourrait être freinée par la crainte des effets secondaires.

« Les molécules les plus efficaces ne sont pas celles que l’on prescrit en première intention », a expliqué le Pr Jean-Michel Oppert, nutritionniste à la Pitié-Salpêtrière, à Libération. « On commence généralement par des approches plus douces, comme les changements d’hygiène de vie, avant d’envisager ces traitements. La balance bénéfice-risque doit être évaluée au cas par cas. »

Des effets secondaires variables selon les molécules

L’étude détaille les profils d’effets indésirables pour chaque traitement. Les agonistes des récepteurs GLP-1, comme le Wegovy, sont associés à des troubles digestifs dans 30 à 50 % des cas, tandis que les combinaisons de molécules, comme le Mounjaro (qui agit à la fois sur les récepteurs GLP-1 et GIP), augmentent le risque de fatigue et de vertiges.

Certains patients rapportent aussi des épisodes d’hypoglycémie ou des troubles de la concentration, bien que ces effets restent moins documentés. Les auteurs de l’étude appellent à une meilleure information des patients et à un suivi médical renforcé lors de l’instauration de ces traitements.

Et maintenant ?

Ces résultats pourraient inciter les autorités sanitaires à revoir leurs recommandations sur la prescription des anti-obésité. La Haute Autorité de santé (HAS) en France, par exemple, devrait publier d’ici la fin de l’année 2026 un guide actualisé sur la prise en charge de l’obésité, incluant une évaluation plus fine des risques liés à ces traitements. Les laboratoires, de leur côté, continuent d’investir dans la recherche pour développer des molécules aussi efficaces, mais mieux tolérées.

Reste à voir si ces avancées permettront de concilier perte de poids significative et qualité de vie préservée pour les millions de patients concernés. En attendant, la question se pose : faut-il privilégier l’efficacité à tout prix, ou adapter les stratégies thérapeutiques en fonction des profils de patients ?

Les effets indésirables les plus souvent rapportés incluent des troubles digestifs (nausées, diarrhées, vomissements), des maux de tête, une fatigue accrue et, dans certains cas, des épisodes d’hypoglycémie. Ces effets varient selon les molécules et la sensibilité individuelle des patients.

Le remboursement du Wegovy et du Mounjaro dépend des critères d’éligibilité, notamment l’indice de masse corporelle (IMC) et la présence de complications liées à l’obésité. En France, ces médicaments sont partiellement pris en charge sous conditions strictes, et leur remboursement peut évoluer avec les nouvelles recommandations de la HAS.