À Rennes, Nicolas Joncour, 26 ans, vit de manière autonome grâce à une assistance permanente. Autiste non oralisant et dyspraxique, il incarne une réalité encore rare pour de nombreuses personnes en situation de handicap, tout en militant activement pour le droit à une vie indépendante. Comme le rapporte Ouest France, son parcours et son engagement international seront à l’honneur en juin lors de l’Université d’été du droit du handicap en Irlande.
Ce qu'il faut retenir
- Nicolas Joncour, 26 ans, vit de manière autonome à Rennes grâce à une assistance 24h/24.
- Il est autiste non oralisant et dyspraxique, deux troubles qui rendent son quotidien plus complexe sans soutien adapté.
- Son autonomie est qualifiée de « précaire » par le jeune homme lui-même, malgré les progrès réalisés.
- Il s’engage activement pour la reconnaissance du droit à une vie indépendante, en France comme à l’international.
- En juin 2026, il participera à l’Université d’été du droit du handicap en Irlande.
Un modèle d’autonomie rendu possible par un accompagnement constant
À 26 ans, Nicolas Joncour a construit un quotidien où l’autonomie rime avec sécurité. Son mode de vie repose sur une assistance humaine permanente, une solution encore peu répandue mais essentielle pour lui. « Sans ce dispositif, je ne pourrais pas vivre seul », a-t-il expliqué à Ouest France. dyspraxie et son autisme non oralisant compliquent en effet des gestes du quotidien comme s’habiller, cuisiner ou gérer ses déplacements. Pourtant, grâce à cette présence constante, il a pu développer une routine qui lui permet de gérer son temps et ses activités selon ses propres choix.
Une autonomie « précaire », mais une liberté chèrement acquise
Nicolas Joncour nuance lui-même la portée de son autonomie. Pour lui, elle reste « précaire », dépendante des ressources disponibles et des politiques publiques en vigueur. « On me dit que je suis autonome, mais je dépends encore de trop de choses », confie-t-il. Cette précarité, il la lie notamment à l’accès inégal aux dispositifs d’accompagnement en France. Les délais d’attribution des aides, les critères d’éligibilité ou encore le manque de structures adaptées freinent, selon lui, l’émancipation des personnes en situation de handicap. Son témoignage met en lumière les limites d’un système qui, malgré des avancées, peine à garantir une réelle inclusion.
Un engagement militant pour le droit à une vie indépendante
Son expérience personnelle a transformé Nicolas Joncour en porte-parole. Il milite désormais pour que d’autres personnes en situation de handicap puissent, elles aussi, accéder à une vie autonome. Son engagement prend plusieurs formes : interventions publiques, participation à des colloques, ou encore collaborations avec des associations. « Je veux montrer que c’est possible, mais aussi dénoncer les obstacles », a-t-il souligné. Son combat s’inscrit dans un mouvement plus large, qui réclame des réformes structurelles pour faciliter l’accès à l’autonomie, qu’il s’agisse de logements adaptés, de transports ou de services d’accompagnement personnalisés.
Une reconnaissance internationale en vue à l’Université d’été du handicap
En juin 2026, Nicolas Joncour se rendra à Dublin pour participer à l’Université d’été du droit du handicap. Cet événement rassemble des experts, des chercheurs et des militants du monde entier pour échanger sur les enjeux juridiques et sociaux liés au handicap. Son intervention portera sur l’accès à l’autonomie, un sujet qu’il connaît bien. « J’espère y apporter un témoignage concret, mais aussi apprendre des autres », a-t-il indiqué. Cette participation marque une étape importante dans sa démarche militante, lui offrant une tribune pour faire entendre sa voix au-delà des frontières françaises.
Son parcours illustre les défis persistants, mais aussi les avancées possibles quand les moyens sont mobilisés. Pour Nicolas Joncour, l’autonomie n’est pas une utopie : c’est une réalité à construire, pas à pas, avec les bonnes politiques et les bonnes volontés.
Une assistance 24h/24 désigne un accompagnement humain permanent, présent jour et nuit, pour aider une personne à réaliser les actes essentiels de la vie quotidienne. Cela peut inclure l’aide à l’hygiène, à l’alimentation, à la mobilité ou encore à la gestion du domicile. Ce type de dispositif est souvent nécessaire pour les personnes dont les troubles (physiques ou cognitifs) rendent ces tâches impossibles à accomplir seules. Le coût est généralement pris en charge par les autorités publiques, sous conditions de ressources et de besoins.