La mairie de Barcelone a mis en place un système original pour améliorer le confort thermique de ses établissements scolaires. Selon Ouest France, les revenus générés par la taxe de séjour, payée par les touristes, servent désormais à financer les travaux d’installation de climatisation dans les écoles de la ville.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les vagues de chaleur estivales deviennent de plus en plus fréquentes et intenses en Catalogne. Barcelone, destination touristique majeure, accueille chaque année des millions de visiteurs qui contribuent, via cette taxe spécifique, à moderniser les infrastructures publiques locales. Autant dire que la ville mise sur une approche où l’afflux de visiteurs profite directement aux résidents, notamment les plus jeunes.

Ce qu'il faut retenir

  • La mairie de Barcelone utilise les recettes de la taxe de séjour touristique pour financer l’installation de climatiseurs dans ses écoles.
  • Cette mesure vise à améliorer le confort thermique des élèves face aux canicules de plus en plus fréquentes.
  • Barcelone, ville très touristique, compte sur cette taxe pour moderniser ses infrastructures publiques.
  • La taxe de séjour est prélevée auprès des visiteurs séjournant dans la ville.
  • Les travaux concernent des établissements scolaires publics de la capitale catalane.

Une solution pragmatique face aux canicules

Depuis plusieurs années, l’Espagne, et notamment la région de Catalogne, subit des épisodes de chaleur extrême durant l’été. Ces conditions rendent les salles de classe, souvent mal isolées et dépourvues de systèmes de refroidissement, difficiles à occuper pour les élèves et les enseignants. Face à ce constat, la mairie de Barcelone a décidé de recourir à une source de financement originale : la taxe de séjour payée par les touristes. « Nous avons voulu transformer un coût inévitable du tourisme en un investissement concret pour nos écoles », a expliqué Ada Colau, maire de Barcelone, dans une déclaration rapportée par Ouest France.

Les premiers travaux ont déjà débuté dans une vingtaine d’écoles, avec un budget initial de 5 millions d’euros alloué pour cette année. Ce montant devrait permettre l’installation de systèmes de climatisation dans une cinquantaine d’établissements d’ici la fin de l’année scolaire 2025-2026. Selon les autorités locales, près de 80 % des écoles publiques de la ville seront équipées d’ici 2027, si les financements se maintiennent à ce niveau.

Un modèle économique inspiré du tourisme

Barcelone n’est pas la seule ville européenne à utiliser les recettes touristiques pour financer des projets sociaux. Cependant, son approche se distingue par son ciblage direct : les écoles. La taxe de séjour, dont le taux varie entre 0,50 et 4 euros par nuitée selon le type d’hébergement, rapporte chaque année environ 150 millions d’euros à la ville. Une partie de ces fonds était jusqu’à présent dédiée à la rénovation du patrimoine ou à la promotion culturelle, mais jamais directement aux infrastructures éducatives.

« Nous avons repensé l’allocation de ces ressources pour répondre à un besoin urgent et concret », a indiqué un porte-parole de la mairie, cité par Ouest France. L’objectif est double : d’une part, améliorer les conditions d’apprentissage des élèves, et d’autre part, valoriser l’image de Barcelone comme une ville durable et soucieuse du bien-être de ses habitants. Bref, la mairie mise sur une stratégie où le tourisme et l’éducation ne sont plus des domaines cloisonnés, mais complémentaires.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’impact de cette initiative. D’ici septembre 2026, la mairie prévoit de publier un premier bilan des travaux réalisés, ainsi que des retours des établissements concernés. Si l’expérience s’avère concluante, d’autres villes espagnoles pourraient s’en inspirer, notamment celles confrontées aux mêmes enjeux climatiques. Reste à voir si cette approche sera pérenne ou si elle dépendra des fluctuations du tourisme, lui-même vulnérable aux crises économiques ou sanitaires.

Pour l’heure, les parents d’élèves et les associations locales saluent cette mesure, même si certains pointent du doigt le coût environnemental des climatiseurs. La mairie a d’ores et déjà annoncé qu’elle étudiait des solutions alternatives, comme des systèmes de ventilation naturelle améliorée ou des matériaux de construction plus isolants, afin de limiter l’empreinte carbone de ces installations.

La taxe de séjour à Barcelone est prélevée auprès des touristes séjournant dans la ville. Son taux varie entre 0,50 et 4 euros par nuitée, selon le type d’hébergement (hôtel, appartement touristique, etc.). Elle est collectée par les établissements hébergeant les visiteurs et reversée à la mairie. En 2025, cette taxe a rapporté environ 150 millions d’euros à la ville.

La mairie de Barcelone a ciblé en priorité les écoles publiques situées dans les quartiers les plus exposés aux îlots de chaleur urbains. Les établissements présentant des bâtiments anciens et mal isolés ont également été sélectionnés en premier. Un budget de 5 millions d’euros a été alloué pour 2026, permettant l’équipement d’une cinquantaine d’écoles d’ici la fin de l’année scolaire.