Les investisseurs européens se préparent à une nouvelle hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE), prévue jeudi 12 juin 2026, alors que l’institution monétaire devrait relever son principal taux directeur de 25 points de base, selon Euronews FR. Cette décision s’inscrit dans un contexte d’inflation alimentée par la flambée des prix de l’énergie, elle-même liée à la guerre en Iran et à la fermeture du détroit d’Ormuz aux pétroliers. Les marchés anticipent également des indications sur d’éventuelles hausses supplémentaires dans les mois à venir.
Ce qu'il faut retenir
- La BCE devrait relever ses taux de 25 points de base, passant de 2,0 % à 2,25 %, selon les prévisions d’ING.
- Les Bourses européennes ont ouvert en hausse malgré le recul des marchés asiatiques, tirées par l’Euro Stoxx 50 (+1,2 %), le Dax (+1 %) et le CAC 40 (+1 %).
- Le Brent s’échangeait à 93,60 dollars le baril en début de séance européenne, en hausse de 0,5 %, après avoir atteint 93,10 dollars mercredi.
- Wall Street a reculé de 1,6 % mercredi, plombée par la chute des valeurs technologiques liées à l’IA.
Une hausse des taux attendue mais risquée pour la croissance
La BCE devrait donc porter son taux de dépôt à 2,25 %, une première depuis 2023, alors que l’inflation reste soutenue par la hausse des prix de l’énergie. Dans une note publiée ce jeudi matin, ING estime que cette décision, « avec un ton plutôt ferme », pourrait peser sur la croissance et les résultats des entreprises européennes. « Malgré des cours du pétrole tombés sur de nouveaux plus bas plus tôt cette semaine, la courbe en euros intègre de plus en plus trois hausses de taux », précise l’analyste. Autant dire que les marchés anticipent désormais plusieurs relèvements dans les prochains mois.
Cette hausse des taux intervient alors que les économistes s’interrogent sur sa capacité à contenir l’inflation sans étouffer la reprise. « Des rendements plus élevés peuvent freiner la croissance économique et peser sur toute une gamme d’investissements, des actions aux cryptomonnaies », rappelle Euronews FR. Les actifs les plus valorisés, comme les valeurs technologiques, seraient particulièrement affectés par cette politique monétaire plus restrictive.
Les marchés européens résistent malgré le recul asiatique
Alors que les places boursières asiatiques ont globalement reculé ce jeudi — le Nikkei 225 japonais cédant 0,5 %, le Kospi sud-coréen 0,2 % et le S&P/ASX 200 australien 0,2 % — les Bourses européennes ont affiché des performances contrastées mais globalement positives. L’Euro Stoxx 50 a ainsi gagné 1,2 % à l’ouverture, tandis que l’indice paneuropéen Stoxx 600 évoluait à l’équilibre en début de séance.
À Paris, le CAC 40 a progressé de 1 %, tout comme l’indice Dax à Francfort. Londres a enregistré la meilleure performance européenne avec le FTSE 100 en hausse de 1,2 %, devant le FTSE MIB milanais (+0,7 %). Une résistance qui s’explique en partie par l’attentisme des investisseurs avant la décision de la BCE, prévue en milieu de journée.
Wall Street dans la tourmente des valeurs technologiques
Outre-Atlantique, les marchés restent sous tension depuis plusieurs jours en raison de la correction des valeurs liées à l’intelligence artificielle. Mercredi, le S&P 500 a perdu 1,6 %, le Dow Jones Industrial Average 1,9 % et le Nasdaq Composite 2 %. Cette baisse fait suite à une semaine marquée par des à-coups violents sur les titres technologiques, notamment ceux spécialisés dans l’IA.
Parmi les valeurs les plus touchées, Super Micro Computer a chuté de 28 % après avoir annoncé un projet de levée de fonds de 7 milliards de dollars, une opération qui a suscité des craintes de dilution pour les actionnaires existants. Nvidia, géant des puces pour l’IA, a reculé de 3,7 %, tandis que Broadcom perdait 5,1 %. Micron Technology, dont le cours a fluctué ces derniers jours entre -13,3 % et +9,9 %, affiche encore une hausse de 212,5 % depuis le début de l’année, mais reste très volatile.
Une partie de la pression sur ces valeurs s’explique aussi par des prises de bénéfices avant plusieurs introductions en Bourse attendues aux États-Unis, dont celle de SpaceX, prévue plus tard cette semaine.
L’énergie et l’inflation au cœur des préoccupations
La hausse des prix du pétrole, alimentée par les tensions géopolitiques autour de l’Iran, pèse également sur les marchés. Le Brent s’échangeait à 93,60 dollars le baril en début de séance européenne, en légère hausse de 0,5 %, après avoir atteint 93,10 dollars mercredi. Le président américain Donald Trump a d’ailleurs averti que Téhéran « paierait le prix » de l’enlisement des négociations, alors que la guerre a de facto fermé le détroit d’Ormuz, perturbant les approvisionnements en brut depuis le golfe Persique.
Cette flambée des prix de l’énergie a renforcé les pressions inflationnistes. Aux États-Unis, les prix à la consommation ont augmenté en mai à leur rythme annuel le plus rapide depuis trois ans, selon les dernières données publiées. Les opérateurs s’attendent désormais à ce que la Réserve fédérale américaine (Fed) relève au moins une fois ses taux cette année pour contenir cette inflation persistante, malgré un marché du travail toujours solide. Une décision qui pourrait, là encore, freiner la croissance et peser sur les actifs risqués.
Le dollar et l’or en léger recul
Dans ce contexte, le dollar s’échangeait à 160,58 yens japonais en début de journée, tandis que l’euro gagnait légèrement du terrain à 1,1542 dollar. La livre sterling valait quant à elle 1,3377 dollar. Côté matières premières, le cours de l’or a fléchi de 0,6 %, s’établissant à 4 109,60 dollars l’once.
Cette semaine s’annonce donc décisive pour les marchés financiers, entre décisions monétaires, tensions énergétiques et correction des valeurs technologiques. Les prochaines 48 heures pourraient offrir des indices précieux sur la capacité des banques centrales à maîtriser l’inflation sans étouffer la reprise économique.
La BCE relève ses taux pour tenter de contenir une inflation alimentée par la hausse des prix de l’énergie, elle-même liée à la guerre en Iran et à la fermeture du détroit d’Ormuz. Selon ING, la BCE devrait porter son taux de dépôt de 2,0 % à 2,25 %, avec un ton « plutôt ferme » pour rassurer les marchés.