Ce dimanche 24 mai 2026, le président béninois Patrice Talon quittera officiellement ses fonctions après dix ans à la tête du pays. À Cotonou, les derniers préparatifs pour la passation de pouvoir s’accompagnent d’un bilan et de décisions symboliques, comme l’a rapporté RFI.

Ce qu'il faut retenir

  • Patrice Talon achève un mandat de dix ans à la présidence du Bénin ce 24 mai 2026.
  • Son dernier Conseil des ministres s’est tenu mercredi, marquant la fin de ses fonctions exécutives.
  • Le porte-parole du gouvernement, Wilfried Houngbédji, a animé une conférence de presse d’adieu pour la presse nationale et internationale.
  • Les sujets abordés incluaient les licenciements à la Société de radio et télévision du Bénin, le bilan décennal et la question des détenus politiques.

Une présidence marquée par des réformes structurelles

Arrivé au pouvoir en avril 2016, Patrice Talon a mené une politique axée sur la modernisation des institutions et la réduction des dépenses publiques. Son mandat a été rythmé par des réformes économiques et sécuritaires, notamment dans le secteur de l’énergie et des transports. Pourtant, ces années ont aussi été marquées par des tensions sociales, notamment lors des mouvements de protestation contre certaines mesures gouvernementales. À quelques jours de son départ, l’heure est désormais à l’évaluation de son héritage politique.

Un dernier Conseil des ministres et un bilan en demi-teinte

Mercredi dernier, le président sortant a présidé son ultime Conseil des ministres, un exercice protocolaire qui a scellé la fin de son action gouvernementale. Les discussions ont porté sur des sujets sensibles, comme la gestion des ressources humaines au sein de la Société de radio et télévision du Bénin, où des licenciements ont été annoncés. RFI souligne que ces décisions s’inscrivent dans une logique de rationalisation budgétaire, mais elles ont aussi suscité des critiques parmi les syndicats.

Les détenus politiques au cœur des débats

Parmi les dossiers évoqués lors de la conférence de presse animée par Wilfried Houngbédji, celui des détenus politiques a occupé une place centrale. Plusieurs observateurs et organisations de défense des droits de l’homme avaient pointé du doigt la détention de personnalités opposées au régime. Si le gouvernement a toujours nié toute instrumentalisation politique de la justice, cette question reste un sujet de crispation dans le débat public. Aucune annonce concrète n’a été faite concernant une éventuelle grâce ou libération avant le départ de Talon.

« Nous avons mené une décennie de réformes pour un Bénin plus stable et plus prospère, même si des défis persistent. »
Patrice Talon, lors de son dernier Conseil des ministres, selon RFI

Et maintenant ?

La passation de pouvoir entre Patrice Talon et son successeur, dont le nom sera connu après l’élection présidentielle du 11 avril 2026, devrait intervenir dans les prochaines semaines. Le nouveau président, qu’il s’agisse de Lionel Zinsou ou d’un autre candidat, héritera d’un pays aux finances contraintes mais doté d’infrastructures en développement. Les premières mesures du nouveau gouvernement, attendues d’ici juin, pourraient révéler les orientations politiques des prochaines années.

Reste à voir si les questions en suspens, comme celle des détenus politiques ou la restructuration de la Société de radio et télévision du Bénin, seront reprises par l’administration suivante. Une chose est sûre : le bilan de Talon servira de référence pour évaluer les choix futurs des autorités béninoises.

Parmi les réalisations citées par le gouvernement, on retrouve la stabilisation du cadre macroéconomique, la construction de barrages hydroélectriques pour réduire les coupures d’électricité, et la modernisation des infrastructures routières. Cependant, ces avancées ont été contrebalancées par des critiques sur la gestion des libertés individuelles et la répression des oppositions.