Alors que la gauche française se cherche un candidat commun pour affronter l’extrême droite aux élections présidentielles de 2027, le député écologiste Benjamin Lucas a rejoint le processus de primaire, selon Le Figaro. Son engagement survient malgré les divisions persistantes au sein de la gauche non-mélenchoniste, où seul le Parti socialiste, via son premier secrétaire Olivier Faure, maintient activement l’idée d’une candidature unique.

Âgé de 35 ans, ancien responsable des Jeunes socialistes, Benjamin Lucas a annoncé sa candidature ce jeudi 14 mai 2026 lors d’un passage au journal télévisé de TF1. Il a justifié son engagement par la crainte d’une victoire de l’extrême droite aux prochaines élections. « Je vis dans l’angoisse (...) que ce soit M. Bardella ou Mme Le Pen », a-t-il déclaré, évoquant non seulement ses convictions politiques, mais aussi un risque systémique pour la République. « Le programme de l’extrême droite, c’est la préférence nationale. C’est de l’apartheid dans toutes les sphères de la société : accès au logement, services publics, emploi. C’est la fin de la République et de l’État de droit », a-t-il détaillé.

Ce qu’il faut retenir

  • Benjamin Lucas, député écologiste de Génération.s, a officialisé sa candidature à la primaire de la gauche pour 2027, selon Le Figaro.
  • La primaire, prévue en octobre 2026, vise à désigner un candidat commun contre l’extrême droite, mais elle est fragilisée par les querelles internes au Parti socialiste.
  • Trois autres candidats sont déjà en lice : Marine Tondelier (Les Écologistes), François Ruffin (Debout !) et Clémentine Autain (L’Après).
  • Lucas a justifié sa candidature par la crainte d’une victoire du RN ou du RN-Rassemblement National, évoquant des mesures comme la « préférence nationale » qui, selon lui, menacent l’État de droit.
  • Le processus de primaire, défendu par Olivier Faure, reste incertain après le départ de Boris Vallaud, chef des députés socialistes, opposé à cette initiative.

Une primaire de la gauche déjà fragilisée par les divisions internes

Le projet d’une primaire unitaire de la gauche, hors La France insoumise, reste menacé par les tensions persistantes au sein du Parti socialiste. Selon Le Figaro, seul Olivier Faure et ses proches défendent encore l’utilité de ce processus, lancé dans l’optique de rassembler les forces de gauche face à la montée de l’extrême droite dans les sondages. Pourtant, les partisans de cette initiative ont dévoilé récemment une série de mesures programmatiques, comme l’instauration d’une « taxe Zucman », l’abrogation de la réforme des retraites Borne ou encore l’augmentation du Smic. Autant d’annonces qui peinent à masquer les divisions idéologiques et stratégiques.

Le départ de Boris Vallaud, chef des députés socialistes, en avril 2026, a encore affaibli le camp des « unitaires ». Ce dernier s’est clairement opposé à une primaire qu’il juge prématurée et contre-productive. Une position qui illustre les profondes dissensions au sein du PS, où certains estiment que la gauche doit d’abord clarifier ses lignes avant de chercher une candidature unique.

Benjamin Lucas mise sur le « cri de colère » de la jeunesse progressiste

Pour Benjamin Lucas, sa candidature s’inscrit dans la continuité du mouvement « Nouveau Front populaire », apparu lors des législatives de 2024. Il revendique porter la voix de ceux qui, selon lui, refusent l’alternative entre un « vieux monde » et l’extrême droite. « Je veux porter le cri de colère et le cri d’espoir de cette génération », a-t-il expliqué sur TF1. Son engagement s’appuie sur une base militante, celle des jeunes écologistes et socialistes, inquiets face à la montée des thèses d’exclusion portées par Jordan Bardella ou Marine Le Pen.

Âgé de 35 ans seulement, Lucas incarne une nouvelle génération de responsables politiques, loin des figures traditionnelles de la gauche. Son parcours, marqué par son engagement au sein des Jeunes socialistes puis à Génération.s, en fait un représentant de l’aile gauche et écologiste du paysage politique. Cependant, son arrivée dans la course à la primaire ajoute une nouvelle variable à un processus déjà complexe, où les équilibres entre écologistes, socialistes et insoumis restent à définir.

Quels sont les enjeux de cette primaire ?

L’enjeu principal de cette primaire, si elle a bien lieu en octobre 2026, sera de proposer une alternative crédible à la fois à l’extrême droite et au macronisme, dans un contexte où les sondages placent le RN en tête pour le premier tour de la présidentielle de 2027. Selon les dernières projections, Jordan Bardella et Marine Le Pen pourraient recueillir ensemble entre 35 % et 40 % des intentions de vote au premier tour, un score qui, s’il se confirmait, rendrait toute alliance de la gauche au second tour difficile, voire impossible.

Pour l’instant, trois autres candidats ont déjà officialisé leur participation : Marine Tondelier, secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts, François Ruffin, figure de Debout !, et Clémentine Autain, fondatrice du mouvement L’Après. Tous défendent des propositions économiques et sociales ambitieuses, mais peinent à s’accorder sur la stratégie à adopter face à la NUPES et à ses héritages. Bref, la primaire s’annonce serrée, et l’arrivée de Benjamin Lucas pourrait rebattre les cartes, même si son score final dépendra largement de sa capacité à fédérer au-delà de son propre mouvement.

Et maintenant ?

La prochaine étape pour la primaire de la gauche sera de clarifier son calendrier et ses modalités. Une réunion des « unitaires » est prévue dans les prochaines semaines pour tenter de sauver le processus, mais les divisions au sein du PS pourraient encore compliquer les choses. Si la primaire n’a pas lieu, François Ruffin a déjà prévenu qu’il se présenterait directement à la présidentielle de 2027. Quant à Benjamin Lucas, son objectif immédiat sera de convaincre les électeurs écologistes et socialistes de le soutenir, dans un contexte où la gauche reste profondément divisée sur la stratégie à adopter face à l’extrême droite.

Reste à voir si cette candidature parviendra à relancer un processus en perte de vitesse, ou si elle ne fera que s’ajouter à la liste des initiatives avortées de la gauche française. Une chose est sûre : dans un an pile débutera le mandat du prochain président de la République, et le temps presse.

Benjamin Lucas a justifié sa candidature par la crainte d’une victoire de l’extrême droite aux élections présidentielles de 2027. Il a évoqué, lors de son passage sur TF1, une « angoisse » face à la montée de Jordan Bardella ou Marine Le Pen, dont les programmes, selon lui, menacent les fondements de la République et de l’État de droit.

À ce stade, trois autres personnalités ont officialisé leur candidature : Marine Tondelier (Les Écologistes), François Ruffin (Debout !) et Clémentine Autain (L’Après). Tous défendent des mesures sociales et écologiques ambitieuses, mais peinent à s’accorder sur la stratégie globale de la gauche.