Le retour d’El Niño, attendu cette année et susceptible d’être particulièrement intense, fait peser une menace sérieuse sur les récifs coralliens à travers le monde. Selon Ouest France, des chercheurs alertent vendredi 22 mai 2026 sur les risques accrus de blanchissement des coraux, aggravés par des épisodes successifs de stress thermique. Ce phénomène climatique, qui se produit généralement tous les deux à sept ans, pourrait s’installer plus tôt que prévu et provoquer des dégâts irréversibles sur des écosystèmes déjà en péril.

Ce qu'il faut retenir

  • Le retour d’El Niño en 2026 est attendu avec une intensité potentiellement forte, selon les prévisions des scientifiques.
  • Ce phénomène climatique récurrent se produit en moyenne tous les 2 à 7 ans, son dernier épisode datant de 2023-2024.
  • Les récifs coralliens, déjà fragilisés par des épisodes de blanchissement successifs, risquent d’être encore plus touchés en 2026.
  • Les chercheurs craignent des ravages similaires à ceux observés lors des précédents épisodes, avec des conséquences écologiques majeures.

Un phénomène climatique aux conséquences dévastatrices pour les océans

El Niño, courant océanique anormalement chaud, perturbe les conditions météorologiques à l’échelle mondiale. En 2026, son retour prématuré pourrait amplifier le stress thermique subi par les coraux, déjà mis à rude épreuve ces dernières années. « Les récifs coralliens sont des écosystèmes extrêmement sensibles aux variations de température », explique un chercheur en écologie marine cité par Ouest France. Leur blanchissement, qui intervient lorsque les algues symbiotiques quittent les tissus coralliens, est souvent le signe avant-coureur d’une mortalité accrue.

Les épisodes de blanchissement massifs des dernières décennies ont déjà laissé des traces profondes. En 2016 et 2017, par exemple, le phénomène avait affecté près de 70 % des récifs du globe, selon les données de l’Institut océanographique Paul Ricard. Une situation qui a poussé les scientifiques à tirer la sonnette d’alarme bien avant l’arrivée d’El Niño 2026.

Des récifs déjà en sursis avant même l’arrivée d’El Niño

La situation des récifs coralliens s’est dégradée ces dernières années, en partie à cause du réchauffement climatique global. Entre 2020 et 2025, plusieurs épisodes de blanchissement ont été recensés dans des zones jusqu’alors épargnées, comme la mer Rouge ou le golfe du Mexique. « Nous assistons à une accélération des phénomènes de stress thermique », précise un expert du CNRS interrogé par le quotidien. « Chaque année qui passe voit les températures des océans atteindre des niveaux records, et El Niño 2026 pourrait bien être la goutte d’eau qui fait déborder le vase. »

Les récifs coralliens jouent un rôle clé dans la biodiversité marine, offrant un habitat à près de 25 % des espèces océaniques. Leur déclin aurait des répercussions en cascade sur les pêcheurs, les communautés côtières et même les économies locales, dépendantes du tourisme de plongée et de la pêche. Les scientifiques rappellent que la résilience de ces écosystèmes dépendra en grande partie de l’ampleur du phénomène El Niño à venir.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’intensité réelle d’El Niño 2026. Les agences météorologiques, comme Météo-France ou la NOAA, devraient affiner leurs prévisions d’ici l’été, permettant aux chercheurs d’anticiper les zones les plus à risque. Des missions de surveillance seront déployées dans les régions les plus vulnérables, notamment en Australie, dans le Pacifique Sud et dans l’océan Indien. Si le phénomène se confirme comme redouté, les mesures de protection des récifs – comme la réduction des pollutions locales ou la création d’aires marines protégées – pourraient être renforcées.

Les scientifiques appellent à une mobilisation internationale

Face à l’urgence, plusieurs organisations non gouvernementales ont déjà commencé à alerter les gouvernements sur la nécessité d’agir. « La fenêtre pour sauver les récifs coralliens se referme rapidement », a déclaré un porte-parole de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). « El Niño 2026 pourrait être le dernier avertissement avant un effondrement irréversible de certains écosystèmes. »

Les chercheurs soulignent que, malgré l’ampleur des défis, des solutions existent. Réduire les émissions de CO₂, limiter la surpêche et lutter contre la pollution marine sont autant de leviers pour renforcer la résilience des récifs. « Nous avons encore les moyens d’agir, mais il faut le faire sans attendre », insiste un océanographe de l’IRD. « Les prochaines décennies seront décisives pour l’avenir de ces écosystèmes. »

El Niño est un phénomène climatique naturel caractérisé par un réchauffement anormal des eaux de surface dans le Pacifique central et oriental. Ce réchauffement perturbe les courants marins et les conditions météorologiques, entraînant une hausse des températures océaniques à l’échelle globale. Pour les coraux, cette augmentation de température provoque un stress thermique, conduisant au blanchissement – c’est-à-dire à l’expulsion des algues symbiotiques qui leur fournissent nourriture et couleurs. Sans ces algues, les coraux blanchissent, deviennent vulnérables aux maladies et finissent par mourir si le stress persiste. Selon Ouest France, le retour d’El Niño en 2026 pourrait donc aggraver une situation déjà critique pour les récifs coralliens.