Le ministère de l’Économie a annoncé ce lundi 11 mai l’extension du dispositif des « prêts flash carburant » au secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP). Une décision prise par le gouvernement alors que les prix des carburants restent élevés, dans un contexte géopolitique marqué par l’absence de résolution du conflit au Moyen-Orient, selon BFM Business.

Cette mesure, dévoilée début avril, vise à soutenir la trésorerie des très petites entreprises (TPE) et des petites et moyennes entreprises (PME) confrontées à une augmentation de leurs dépenses en carburant. Roland Lescure, ministre de l’Économie, a précisé sur France 5 que l’élargissement au BTP s’expliquait par des « factures qui augmentent » dans ce secteur. « On l’élargit dès les jours qui viennent au secteur du BTP, parce que là aussi, ils ont des factures qui augmentent », a-t-il déclaré, soulignant qu’il s’agissait d’une « aide pour aider à passer un creux de trésorerie », en attendant que les entreprises puissent répercuter ces surcoûts dans leurs prix de vente.

Ce qu'il faut retenir

  • Le gouvernement étend le dispositif des « prêts flash carburant » au secteur du BTP, effective « dès les jours qui viennent »
  • Ce prêt, à un taux de 3,80 %, concerne des montants allant de 5 000 à 50 000 euros, sans garantie exigée
  • Les entreprises éligibles doivent avoir été créées depuis plus d’un an et consacrer au moins 5 % de leur chiffre d’affaires aux dépenses en carburant
  • La durée du prêt est de 36 mois, avec un différé d’amortissement du capital de 12 mois
  • Déjà 3 millions d’euros ont été débloqués, et des montants plus élevés sont à l’étude
  • Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit annoncer dans la semaine de nouvelles mesures de soutien à l’activité économique

Un dispositif conçu pour soulager la trésorerie des entreprises

Annoncé début avril par Bercy, le prêt flash carburant est un mécanisme de trésorerie conçu pour les TPE et PME des secteurs des transports, de l’agriculture et de la pêche. Désormais, il inclut également le BTP, un secteur particulièrement exposé aux fluctuations des prix de l’énergie. Ce prêt, distribué par Bpifrance, permet aux entreprises de bénéficier d’un financement rapide, sans avoir à fournir de garantie personnelle.

Les critères d’éligibilité restent stricts pour éviter les abus. Outre la condition de chiffre d’affaires consacrée aux carburants, les entreprises doivent avoir été créées depuis plus d’un an et accepter de transmettre à Bpifrance leurs relevés bancaires des derniers mois. Ces vérifications visent à garantir que les fonds sont bien utilisés pour couvrir des dépenses incontournables liées au carburant.

Des conditions financières avantageuses, mais temporaires

Les prêts flash carburant sont accordés à un taux fixe de 3,80 %, un niveau inférieur aux taux du marché pour des crédits similaires. Leur durée est de trois ans, avec une période de franchise de douze mois pendant laquelle seul le paiement des intérêts est exigible. Ce différé permet aux entreprises de mieux gérer leur trésorerie en attendant une éventuelle répercussion des coûts sur leurs clients.

Selon Bercy, 3 millions d’euros ont déjà été mobilisés depuis le lancement du dispositif. Des discussions sont en cours pour augmenter ce plafond, en fonction de l’évolution des besoins des entreprises. Le gouvernement justifie cette extension par la persistance de la hausse des prix des carburants, une situation qui pèse sur la compétitivité des PME, notamment dans les secteurs du transport et du bâtiment.

Un contexte économique tendu et des annonces à venir

L’élargissement de ce dispositif s’inscrit dans une série de mesures destinées à atténuer l’impact de la flambée des prix de l’énergie. Sébastien Lecornu, Premier ministre, doit présenter dans les prochains jours un nouveau plan de soutien à l’activité économique. Celui-ci pourrait inclure des aides ciblées pour d’autres secteurs ou des ajustements fiscaux, bien que le gouvernement n’ait pas encore détaillé ces options.

La guerre au Moyen-Orient, qui perturbe les approvisionnements énergétiques, maintient une pression sur les coûts. Les entreprises, en particulier celles du BTP, peinent à absorber ces hausses sans affecter leur rentabilité. Roland Lescure a rappelé que ces prêts n’étaient qu’une « aide pour passer un creux », insistant sur le caractère temporaire de cette solution.

Et maintenant ?

Les entreprises du BTP pourront dès cette semaine déposer leur demande de prêt flash carburant auprès de Bpifrance. Le gouvernement devrait préciser dans les prochains jours les modalités pratiques de cette extension, notamment les démarches administratives à suivre. Par ailleurs, l’exécutif pourrait annoncer d’autres mesures d’accompagnement, sans qu’aucune échéance précise ne soit encore fixée pour l’heure.

Alors que les tensions sur les prix des carburants persistent, cette mesure s’ajoute à d’autres dispositifs existants, comme les chèques énergie ou les aides à la rénovation thermique. Reste à savoir si ces initiatives suffiront à limiter l’impact de la crise sur le tissu économique, notamment pour les PME les plus vulnérables.

Toutes les TPE et PME du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) peuvent prétendre à ce prêt, à condition d’avoir été créées depuis plus d’un an et que leurs dépenses en carburant représentent au moins 5 % de leur chiffre d’affaires. Les entreprises doivent également accepter de transmettre leurs relevés bancaires à Bpifrance pour vérification.

Le montant des prêts flash carburant varie de 5 000 à 50 000 euros, avec un taux fixe à 3,80 %. La durée de remboursement est de 36 mois, incluant un différé d’amortissement du capital de 12 mois. Pendant cette période, seuls les intérêts sont à payer.