Emmanuel Macron a troqué la diplomatie classique contre une session de football ce lundi à Nairobi, aux côtés des présidents sénégalais Bassirou Diomaye Faye et kényan William Ruto. Cette rencontre sportive, organisée en marge du sommet « Africa Forward » (« En avant l’Afrique »), visait à illustrer l’engagement des dirigeants africains et français en faveur du développement par le sport.

Selon Le Figaro, cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une journée dédiée à la jeunesse, au sport et à la culture, avant l’ouverture officielle des travaux intergouvernementaux ce mardi. L’événement, qui se tient pour la première fois dans un pays anglophone, rassemble des chefs d’État africains et français, des acteurs économiques et des représentants d’organisations internationales autour de trois axes majeurs : la coopération économique, la sécurité et les priorités de développement du continent.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois dirigeants – Emmanuel Macron, Bassirou Diomaye Faye et William Ruto – ont participé à un match de football symbolique à Nairobi.
  • Le sommet « Africa Forward » marque une première édition dans un pays anglophone, avec une journée dédiée à la jeunesse et au sport avant les travaux officiels.
  • Un plan de 23 milliards d’euros d’investissements pour l’Afrique a été annoncé, dont 14 milliards proviennent de la France.
  • Les secteurs ciblés incluent la transition énergétique (4,3 milliards), le numérique (3,76 milliards), l’économie bleue (3,3 milliards) et la santé (942 millions).
  • Les dirigeants ont insisté sur la nécessité d’investissements plutôt que d’aide publique pour le continent.

Un sommet Africa Forward placé sous le signe du sport et de la jeunesse

L’initiative « Africa Forward: Sport for Sustainable Development » (« En avant l’Afrique : le sport au service du développement durable ») a offert aux jeunes participants l’opportunité de partager le terrain avec les dirigeants. À cette occasion, Emmanuel Macron, Bassirou Diomaye Faye et William Ruto ont échangé des passes devant les caméras, transformant une rencontre diplomatique en moment de convivialité. Pour Le Figaro, cette démarche illustre la volonté des organisateurs de donner une dimension concrète et participative à un sommet souvent perçu comme abstrait.

La journée de lundi a été consacrée à des échanges informels entre les participants, avant l’ouverture officielle des travaux intergouvernementaux ce mardi. Parmi les invités figurent des représentants de l’Union africaine, de la Banque africaine de développement et plusieurs acteurs du secteur privé. L’objectif affiché est de renforcer les liens entre l’Afrique et la France, tout en abordant des enjeux globaux comme la transition écologique ou l’innovation technologique.

Un plan d’investissement de 23 milliards d’euros pour l’Afrique

Lors de cette première journée, Emmanuel Macron et William Ruto ont souligné que le continent africain avait « besoin d’investissements plutôt que d’aide publique ». Ils ont annoncé conjointement un plan ambitieux de 23 milliards d’euros d’investissements, répartis entre capitaux français et africains. Selon les précisions apportées par l’Élysée à Le Figaro, ce montant se décompose en 14 milliards d’euros de fonds français (publics et privés) et 9 milliards d’investissements africains.

Les priorités sectorielles ont été détaillées : 4,3 milliards d’euros seront consacrés à la transition énergétique, un secteur clé pour répondre aux défis climatiques du continent. Le numérique et l’intelligence artificielle bénéficieront de 3,76 milliards d’euros, tandis que l’économie bleue – liée aux ressources marines – recevra 3,3 milliards d’euros. L’agriculture, pilier de nombreuses économies africaines, est dotée de 1 milliard d’euros, et le secteur de la santé de 942 millions d’euros.

« L’Afrique a besoin d’investissements plutôt que d’aide publique. Ce plan de 23 milliards d’euros en est la preuve concrète », a déclaré Emmanuel Macron lors de la présentation du projet.

Un sommet inédit dans un pays anglophone, mais une ambition francophone maintenue

L’organisation de « Africa Forward » à Nairobi, capitale du Kenya, marque une première : c’est la première fois que ce sommet, traditionnellement organisé dans un pays francophone, se tient dans un État anglophone. Cette décision reflète une volonté de diversification géographique, mais aussi de toucher un public plus large. Pour Le Figaro, ce choix s’inscrit dans une stratégie plus large visant à élargir l’influence française sur le continent, tout en collaborant avec des partenaires anglophones clés comme le Kenya.

Pourtant, malgré cette ouverture, la langue française reste au cœur des échanges. Les documents officiels, les discours et les négociations sont majoritairement menés en français, confirmant le statut de cette langue comme langue de travail privilégiée dans les institutions africaines et françaises. Cette dualité linguistique illustre les défis et les opportunités d’un sommet conçu pour être à la fois inclusif et ambitieux.

Et maintenant ?

Les travaux officiels du sommet « Africa Forward » débutent ce mardi à Nairobi, avec l’objectif de concrétiser les engagements pris lors de la journée d’ouverture. Les prochaines heures seront consacrées aux négociations intergouvernementales, où seront discutés les détails des investissements annoncés et les mécanismes de suivi. Une attention particulière sera portée à la mise en œuvre des projets dans les secteurs prioritaires, notamment la transition énergétique et le numérique.

Reste à voir comment ces annonces se traduiront en actions concrètes sur le terrain, et si les 23 milliards d’euros d’investissements parviendront à mobiliser d’autres partenaires internationaux. La réussite de ce sommet pourrait aussi influencer la future politique africaine de la France, alors que Paris cherche à renforcer son rôle sur le continent dans un contexte géopolitique concurrentiel.

Ce sommet, par son approche innovante mêlant sport et diplomatie, pourrait bien laisser une empreinte durable dans l’histoire des relations franco-africaines. L’enjeu désormais est de transformer l’enthousiasme de cette première journée en résultats tangibles pour les populations africaines.

Selon les informations communiquées par l’Élysée à Le Figaro, les investissements seront répartis entre plusieurs pays africains, sans que la répartition détaillée par État ne soit encore précisée. Les secteurs ciblés – énergie, numérique, économie bleue, agriculture et santé – suggèrent une approche continentale plutôt que focalisée sur un pays en particulier. Les discussions lors du sommet de Nairobi devraient apporter des clarifications sur la répartition géographique des fonds.