Selon Libération, le projet de budget pour 2026, dévoilé ce lundi 15 juin, révèle des disparités dans l’impact des mesures sociales. Si la revalorisation de la prime d’activité devrait favoriser les hommes aux revenus modestes, les femmes — et en particulier les mères seules — subiraient, à l’inverse, une baisse de leur niveau de vie en raison de la réduction des allocations familiales. C’est ce que met en lumière une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP), publiée ce jour.
Les conclusions de l’IPP soulignent un déséquilibre structurel dans les mesures budgétaires. Alors que les hommes bénéficieraient d’une amélioration de leur pouvoir d’achat, les femmes, surtout celles élevant seules leurs enfants, verraient leurs ressources diminuer. Cette différence s’explique principalement par la baisse des allocations familiales, un dispositif essentiel pour les foyers monoparentaux, majoritairement composés de femmes.
Ce qu'il faut retenir
- La revalorisation de la prime d’activité en 2026 devrait avantager les hommes aux revenus modestes, selon l’Institut des politiques publiques.
- Les allocations familiales seront réduites, ce qui impacte directement les mères seules, souvent dépendantes de ces aides.
- L’étude de l’IPP, publiée le 15 juin 2026, révèle un effet contrasté des mesures budgétaires sur les niveaux de vie selon le genre.
- Les foyers monoparentaux, composés à plus de 80 % de femmes, seront les plus pénalisés par ces changements.
- Cette analyse s’appuie sur des projections économiques et des données fiscales détaillées.
Des mesures qui creusent les inégalités de genre
L’étude de l’IPP, citée par Libération, détaille comment les réformes budgétaires de 2026 pourraient accentuer les inégalités existantes. La prime d’activité, qui concerne principalement les travailleurs à bas revenus, est revalorisée de 2,5 %, un montant qui devrait profiter davantage aux hommes, souvent mieux représentés dans les secteurs où les salaires sont modestes.
En revanche, la réduction des allocations familiales — estimée à 5 % en moyenne — frappe de plein fouet les mères seules. Ces dernières, dont le niveau de vie moyen est déjà inférieur de 18 % à celui des pères seuls, selon les données de l’IPP, verraient leurs ressources encore diminuer. « Les politiques publiques ne doivent pas pénaliser davantage les femmes déjà en situation de fragilité économique », a déclaré Clément Carbonnier, économiste à l’IPP et coauteur de l’étude.
Un impact différencié selon la situation familiale
Les chiffres de l’IPP montrent que les couples avec enfants ne subiraient qu’un léger recul de leur niveau de vie, de l’ordre de 0,8 %, grâce à la compensation par d’autres dispositifs. En revanche, les familles monoparentales — et notamment les mères seules — pourraient subir une baisse de 3,2 % de leur niveau de vie. Cette différence s’explique par la dépendance accrue de ces foyers aux allocations familiales, dont le montant moyen s’élève à 120 € par mois par enfant.
Bref, les mesures de 2026 risquent d’aggraver les disparités économiques entre les genres, alors même que les inégalités salariales persistent. « On observe une tendance à long terme où les politiques sociales, même bien intentionnées, peuvent renforcer les déséquilibres existants », a précisé Carbonnier. Selon lui, cette étude souligne la nécessité d’une approche plus équilibrée dans la conception des réformes.
Cette étude de l’IPP rappelle aussi que les enjeux de genre dans les politiques sociales restent un sujet de débat récurrent. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer si les réformes budgétaires de 2026 parviendront à concilier équité et efficacité économique.
Plusieurs pistes sont évoquées, comme le maintien partiel des allocations familiales pour les foyers monoparentaux ou la création d’un bonus spécifique pour les parents isolés. Aucune décision n’a encore été prise à ce stade.