Les autorités militaires burkinabè ont publié, mardi 12 mai 2026, une troisième liste de 247 associations accusées de ne pas se conformer à la nouvelle réglementation administrative en vigueur. Selon RFI, cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une volonté affichée par le gouvernement de renforcer la transparence et de lutter contre le financement présumé du « terrorisme ».
Parmi les organisations visées figurent des associations de défense des droits humains, dont certaines dénoncent une instrumentalisation de la réglementation pour museler toute forme d’opposition politique. D’après RFI, ces sanctions administratives pourraient entraîner la dissolution de ces structures si elles ne régularisent pas leur situation dans les délais impartis.
Ce qu'il faut retenir
- La junte militaire burkinabè a publié, le 12 mai 2026, une liste de 247 associations sanctionnées pour non-respect de la réglementation administrative.
- L’objectif officiel est d’améliorer la transparence et de lutter contre le financement du « terrorisme ».
- Les organisations de défense des droits humains dénoncent une instrumentalisation de cette mesure pour étouffer l’opposition.
- Les associations concernées doivent régulariser leur situation sous peine de dissolution.
Un arsenal réglementaire renforcé sous la junte militaire
Cette troisième liste de sanctions intervient dans un contexte où le gouvernement de transition burkinabè, dirigé par les militaires, a multiplié les mesures administratives pour encadrer le secteur associatif. Selon RFI, ces sanctions visent à appliquer un décret adopté en 2025, qui impose aux associations de fournir des comptes détaillés sur leurs activités et leurs sources de financement. Les autorités justifient cette démarche par la nécessité de « couper les financements illicites » et de « protéger la stabilité nationale ».
Cependant, cette politique suscite des critiques, notamment de la part d’organisations comme la Coalition burkinabè des droits de l’homme (CBDH), qui y voit une « tentative de contrôle accru de la société civile ». La junte, au pouvoir depuis 2022, a déjà restreint les libertés publiques sous prétexte de lutte contre le jihadisme, une stratégie qui alimente les tensions avec les défenseurs des droits fondamentaux.
Des associations ciblées, dont des défenseurs des droits humains
Parmi les 247 associations sanctionnées figurent plusieurs organisations engagées dans la promotion des droits humains et de la démocratie. Selon RFI, certaines de ces structures ont été accusées de « propagande subversive » ou de « liens avec des groupes non déclarés ». Ces accusations, souvent floues, ont été rejetées par plusieurs ONG, qui dénoncent une « criminalisation de leur travail légitime ».
Un responsable de la Ligue burkinabè des droits de l’homme (LBDH), qui souhaite rester anonyme par crainte de représailles, a déclaré à RFI : « Ces sanctions sont une nouvelle preuve que le régime cherche à étouffer toute voix dissidente. Nous ne sommes pas contre la transparence, mais cette loi est utilisée comme un outil de répression. »
Quelles conséquences pour les associations concernées ?
Les associations visées disposent désormais d’un délai de 30 jours pour régulariser leur situation administrative, sous peine de dissolution. Selon les autorités, cette procédure permettra de « purger le secteur associatif des éléments douteux ». Toutefois, des observateurs craignent que ces sanctions ne visent qu’à éliminer les structures critiques envers le pouvoir en place.
D’après RFI, certaines associations ont déjà annoncé leur intention de contester ces mesures devant les tribunaux, arguant que la réglementation est « disproportionnée » et « contraire aux libertés fondamentales ». La junte, de son côté, a réaffirmé sa détermination à appliquer strictement le décret, malgré les protestations internationales.
Cette affaire illustre les tensions persistantes entre les autorités militaires et la société civile au Burkina Faso, où la lutte contre le terrorisme sert parfois de prétexte à des restrictions plus larges des libertés. Le sort des 247 associations sanctionnées pourrait donc avoir des répercussions bien au-delà du cadre associatif.