La Bourse de Paris a démarré la semaine sur une note prudente, selon BFM Bourse. L’indice CAC 40 a enregistré une baisse de 0,69% à la clôture du lundi 11 mai, s’établissant à 8 056,38 points, après avoir cédé plus de 1% en fin de semaine précédente. Cette contre-performance s’explique notamment par les incertitudes persistantes autour du conflit au Moyen-Orient et la faiblesse persistante du secteur du luxe.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CAC 40 recule de 0,69% à 8 056,38 points le 11 mai, après une baisse de plus de 1% la veille
  • Les tensions géopolitiques entre les États-Unis et l’Iran pèsent sur les marchés, avec des déclarations musclées de Donald Trump jugées « totalement inacceptables » par Washington
  • Le secteur du luxe, incarné par LVMH, affiche une forte baisse de 4,4%, tirant l’indice parisien vers le bas
  • Le prix du pétrole augmente de près de 3%, avec le Brent à 104,20 dollars le baril et le WTI à 97,38 dollars
  • STMicroelectronics (+2,6%), Orange (+2,4%) et Schneider Electric (+2,3%) enregistrent les plus fortes hausses du CAC 40

Un contexte géopolitique toujours tendu

Les marchés financiers restent sous tension en raison de l’impasse persistante entre les États-Unis et l’Iran. Donald Trump a réitéré lundi sa position ferme lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, affirmant que les États-Unis « auront une victoire complète » dans ce conflit. « Nous avons déjà eu, en théorie, une victoire complète d’un point de vue militaire », a-t-il déclaré. Ces propos font suite à une réponse iranienne jugée « totalement inacceptable » par l’administration américaine, selon un message posté sur Truth Social.

Côté iranien, le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé que Téhéran exigeait la « fin de la guerre dans la région », y compris au Liban, ainsi que le déblocage des avoirs iraniens gelés. « La seule chose que nous avons exigée, ce sont les droits légitimes de l’Iran », a précisé le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, lors d’un point presse hebdomadaire. Ces déclarations illustrent l’écart persistant entre les deux camps et alimentent les craintes d’une escalade régionale.

Le secteur du luxe en première ligne

Le CAC 40 a également subi le contrecoup de la morosité du secteur du luxe, traditionnellement bien représenté à Paris. LVMH, fleuron du luxe français, a enregistré une baisse de 4,4% à la clôture, entraînant dans son sillage l’ensemble du segment. Cette contre-performance s’inscrit dans un contexte plus large de ralentissement des ventes dans ce secteur, sensible aux tensions géopolitiques et à l’incertitude économique.

Parmi les autres valeurs en difficulté figurent Rémy Cointreau (-1,86%), Maisons du Monde (-1,76%) et Pluxee (-1,75%). Ces baisses contrastent avec les performances contrastées d’autres entreprises du CAC 40, où STMicroelectronics (+2,6%), Orange (+2,4%) et Schneider Electric (+2,3%) tirent leur épingle du jeu.

Le pétrole, baromètre des tensions

Les tensions au Moyen-Orient ont également un impact direct sur le marché du pétrole. Le contrat de juillet sur le Brent de mer du Nord a progressé de 2,9%, atteignant 104,20 dollars le baril, tandis que le WTI coté à New York a gagné 2,7%, s’établissant à 97,38 dollars. Cette hausse reflète les inquiétudes liées à la stabilité de l’approvisionnement énergétique, dans un contexte où le détroit d’Ormuz, voie majeure pour le transport du pétrole, reste une zone de friction.

Selon Ben Jones, Global Head of Research, Strategy & Insights chez Invesco, et Ashley Oerth, Senior Investment Strategist au sein de la même société, une avancée dans les négociations pourrait provenir d’un accord entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping lors du sommet prévu à Pékin du 13 au 15 mai 2026. « Un accord pourrait conduire la Chine à exercer une certaine pression sur l’Iran pour qu’il accepte certaines demandes américaines. Cela pourrait ouvrir la voie à une avancée dans les négociations et, à terme, à une reprise des flux commerciaux », ont-ils souligné. Une hypothèse, cependant, encore très incertaine.

Les autres indices européens en demi-teinte

À l’échelle européenne, les performances des indices restent contrastées. Le SBF 120 enregistre une baisse de 0,26%, tandis que le NEXT BIOTEC progresse de 0,58%. Parmi les autres indices régionaux, le AEX25 (Pays-Bas) gagne 0,62%, le BEL20 (Belgique) affiche une hausse de 0,38%, et le PSI 20 (Portugal) progresse légèrement de 0,17%. Ces mouvements reflètent une tendance générale de prudence sur les marchés européens.

Côté changes, l’euro se déprécie légèrement face au dollar, s’échangeant à 1,1779 dollar pour un euro, perdant 0,1% sur la journée.

Et maintenant ?

Les prochains jours s’annoncent décisifs, avec le sommet entre Donald Trump et Xi Jinping prévu du 13 au 15 mai à Pékin. Les analystes surveilleront de près les déclarations des deux dirigeants, ainsi que leurs éventuelles implications sur les négociations entre les États-Unis et l’Iran. Par ailleurs, l’évolution du prix du pétrole et les annonces macroéconomiques, notamment aux États-Unis, pourraient influencer la dynamique des marchés dans les prochains jours. Enfin, le secteur du luxe restera sous surveillance, alors que les investisseurs évalueront l’impact des tensions géopolitiques sur la consommation de produits haut de gamme.

En conclusion, la journée du 11 mai a confirmé la volatilité des marchés européens, tiraillés entre les incertitudes géopolitiques et les spécificités sectorielles. Si le CAC 40 reste sous pression, certains segments, comme la tech ou les télécoms, parviennent à tirer leur épingle du jeu. La semaine à venir pourrait apporter des éléments de réponse sur l’évolution de ces tendances, à condition que les tensions au Moyen-Orient ne s’aggravent pas.

Le secteur du luxe, très dépendant de la demande des consommateurs aisés, est particulièrement sensible aux incertitudes économiques et géopolitiques. Les tensions au Moyen-Orient, en alimentant les craintes de ralentissement économique ou de perturbations des chaînes d’approvisionnement, poussent les investisseurs à se montrer plus prudents. De plus, les marchés émergents, importants pour les groupes comme LVMH ou Richemont, sont souvent les premiers touchés en période de crise.