Alors que la France subit depuis plusieurs jours une vague de chaleur intense, un drame évitable s’est produit à Sceaux, dans les Hauts-de-Seine. Une femme de 94 ans, Louisette Rivalain, est décédée d’hyperthermie dans son appartement dépourvu de volets, malgré les multiples alertes lancées auprès du bailleur et de la mairie. Selon Franceinfo – Faits divers, ce cas illustre les risques encourus par les personnes âgées lors des épisodes caniculaires, surtout dans des logements mal adaptés.
Ce qu'il faut retenir
- Une octogénaire de 94 ans, Louisette Rivalain, est décédée d’hyperthermie le 28 juin 2026 dans son appartement à Sceaux (Hauts-de-Seine).
- Son logement, situé au dernier étage d’un immeuble HLM des années 1990, était dépourvu de volets depuis un an, à la suite de travaux.
- Malgré plusieurs alertes du bailleur et de la mairie, aucune solution durable n’avait été mise en place avant son décès.
- Le bailleur a finalement installé un voilage temporaire le 23 juin, jugé insuffisant par les proches et les associations de locataires.
- D’autres résidents de l’immeuble, dont certains âgés, dénoncent des conditions de vie insupportables en pleine canicule.
Un appartement transformé en « fournaise » par l’absence de volets
Le drame s’est joué dans un immeuble HLM situé rue Robinson à Sceaux, un bâtiment des années 1990 particulièrement vulnérable aux fortes chaleurs. Louisette Rivalain y vivait seule au dernier étage, un étage réputé pour concentrer la chaleur en période caniculaire. Ce 28 juin, la température avoisinait les 34 °C dans son logement, selon le témoignage de son amie Odile Sant, qui l’a retrouvée inanimée ce jour-là.
Le problème des volets remonte à un an. À l’origine, la locataire bénéficiait de volets posés sur prescription médicale, indispensables pour limiter la surchauffe de son appartement. Lors de travaux de remplacement de la fenêtre, le bailleur les a retirés pour des raisons techniques. Depuis, aucune solution définitive n’a été mise en place, malgré les demandes répétées de la victime et de ses proches.
Des alertes ignorées malgré l’urgence sanitaire
Odile Sant, amie de longue date de Louisette Rivalain, avait alerté à plusieurs reprises le bailleur, Sceaux Bourg-la-Reine habitat, par courriers. La chaleur représentait un danger mortel pour la santé de la octogénaire, affaiblie par l’âge. Pour tenter de limiter les risques, Odile Sant avait même installé elle-même un store gris en dépannage. Le 23 juin, soit cinq jours avant le drame, le bailleur a finalement posé un voilage – une mesure jugée insuffisante par les proches, mais présentée comme une solution temporaire en attendant l’installation définitive de stores.
De son côté, le directeur général du bailleur, Jérémy Nuttin, a expliqué que d’autres alternatives avaient été proposées à la locataire : ventilateurs, accès à des salles fraîches, voire un relogement d’urgence. « Elle a refusé, elle voulait rester chez elle », a-t-il déclaré. Une position compréhensible, mais qui n’a pas empêché l’issue tragique.
Un immeuble sous surveillance : d’autres locataires en danger
L’immeuble de 75 logements compte plusieurs résidents âgés, dont certains, comme Patricia Guilbault, n’ont jamais eu de volets. Avec les échafaudages des travaux, la chaleur y est encore plus étouffante. « Ça fait comme une fournaise. Ça retient le chaud », témoigne-t-elle. Face à cette situation, le collectif des locataires a multiplié les interpellations auprès de la mairie de Sceaux, s’inquiétant pour les personnes les plus vulnérables.
Sylvain Lebas, membre de l’amicale des locataires CSF Robinson, dénonce l’inaction des autorités : « Il va se passer deux ou trois mois durant lesquels ça va être vraiment extrêmement dangereux. Et là, on joue avec la vie humaine. C’est impossible, ça ne peut pas continuer comme ça. » La mairie n’a pas répondu aux sollicitations de Franceinfo – Faits divers pour réagir à ces accusations.
Des travaux promis… mais trop tard pour Louisette Rivalain
D’après le bailleur, la pose de stores définitifs est prévue à l’automne 2026, soit plusieurs mois après le drame. En attendant, les résidents doivent composer avec des solutions provisoires, comme des voilages ou des ventilateurs. Pour Patricia Guilbault, ces mesures sont largement insuffisantes : « Avec les échafaudages, la chaleur est insupportable », confie-t-elle.
Le cas de Louisette Rivalain soulève une question plus large : comment protéger les personnes âgées lors des canicules, surtout dans des logements sociaux mal isolés ? Les associations de locataires réclament des mesures d’urgence, comme l’installation immédiate de protections solaires ou des vérifications systématiques des températures dans les logements occupés par des seniors.
Ce drame rappelle que les épisodes caniculaires, de plus en plus fréquents en France, exigent une mobilisation accrue des pouvoirs publics pour protéger les populations les plus fragiles. Les logements sociaux, souvent mal adaptés aux fortes chaleurs, devront faire l’objet d’une attention particulière dans les mois à venir.
Le bailleur, Sceaux Bourg-la-Reine habitat, a indiqué que les stores définitifs seraient installés à l’automne 2026. En attendant, des voilages provisoires ont été posés. La mairie de Sceaux n’a pas communiqué de mesures complémentaires, mais le collectif des locataires menace de saisir les autorités si aucune solution durable n’est trouvée avant la prochaine canicule.
Les volets ont été retirés lors de travaux de remplacement de la fenêtre de l’appartement de Louisette Rivalain. Le bailleur n’a pas précisé les raisons exactes de leur retrait, mais a confirmé qu’ils n’avaient pas été remis en place malgré les prescriptions médicales de la locataire.