La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a annoncé ce samedi 16 mai à Cannes des modifications des règles de financement du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) afin de mieux protéger la création face à l’intelligence artificielle. Selon Libération, ces ajustements, bien que salués par certains acteurs du secteur, laissent sceptiques ceux qui redoutent une utilisation massive de l’IA au détriment des œuvres traditionnelles.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CNC va modifier ses règles de financement pour protéger la création face à l’IA.
  • Catherine Pégard a fait cette annonce le 16 mai 2026 lors du Festival de Cannes.
  • Ces mesures visent à encadrer l’usage de l’intelligence artificielle dans le cinéma sans l’interdire totalement.
  • Les professionnels du secteur restent divisés sur l’efficacité de ces ajustements.

Un ajustement des financements pour préserver la création

Lors d’une intervention publique à Cannes, Catherine Pégard a précisé que le CNC allait revoir ses critères de financement pour renforcer la protection des œuvres originales. « L’intelligence artificielle représente une opportunité, mais aussi un risque pour la diversité culturelle », a-t-elle souligné. Selon elle, ces nouvelles règles devraient permettre de mieux distinguer les projets 100 % humains des productions intégrant des outils d’IA, sans pour autant exclure ces derniers du financement public.

Cette annonce s’inscrit dans un contexte où l’IA s’impose progressivement dans les processus de création, que ce soit pour le montage, le doublage ou même l’écriture de scénarios. Le CNC, qui finance chaque année des centaines de projets, doit désormais trouver un équilibre entre innovation et préservation des métiers traditionnels du cinéma.

Une réaction contrastée dans le milieu professionnel

Si certains réalisateurs et producteurs saluent cette initiative comme un premier pas vers une régulation, d’autres y voient une mesure insuffisante. « On ne peut pas se contenter de demi-mesures face à l’IA », a réagi un membre du collectif « Cinéma en danger », cité par Libération. « Ces règles ne suffiront pas à empêcher les studios d’utiliser massivement des algorithmes pour réduire leurs coûts de production. »

Les professionnels s’interrogent notamment sur la capacité du CNC à évaluer avec précision le degré d’implication humaine dans un projet. Certains craignent que les nouvelles directives ne créent une inégalité entre les petites structures, moins équipées pour intégrer l’IA, et les grands groupes, qui pourraient en tirer profit pour maximiser leurs subventions.

Le Festival de Cannes, théâtre d’un débat plus large

L’annonce de Catherine Pégard a été faite en marge du Festival de Cannes, un événement où les questions liées à l’avenir du cinéma sont régulièrement mises en avant. Cette année, plusieurs débats et tables rondes ont porté sur l’impact de l’IA, reflétant les tensions qui traversent le secteur. « Cannes est le lieu idéal pour aborder ces enjeux », a rappelé un organisateur, « car c’est ici que se croisent les visions artistiques et les réalités économiques. »

Parmi les projets discutés, certains réalisateurs ont présenté des œuvres entièrement générées par IA, tandis que d’autres ont défendu l’idée d’un cinéma résolument ancré dans l’humain. Cette diversité de points de vue illustre l’ampleur du défi que représente l’intégration de l’IA dans un domaine aussi traditionnel que le cinéma.

Et maintenant ?

Les nouvelles règles du CNC devraient être publiées d’ici la fin de l’été 2026. Leur application effective dépendra cependant de plusieurs facteurs, dont la capacité du centre à adapter ses critères en temps réel. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer si ces ajustements suffiront à protéger la création ou s’ils risquent de renforcer les disparités entre les acteurs du secteur. D’ici là, le débat sur l’IA dans le cinéma promet de s’intensifier.

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : l’équilibre entre innovation et préservation des métiers traditionnels ne sera pas facile à trouver. Les prochaines décisions du CNC seront scrutées de près par l’ensemble de la profession.

Selon les éléments communiqués par Catherine Pégard, le CNC ne prévoit pas d’exclure totalement les projets intégrant de l’IA, mais il pourrait ajuster le montant des subventions en fonction du degré d’autonomie des outils utilisés. Les projets entièrement générés par IA pourraient, par exemple, voir leur financement réduit ou conditionné à des critères supplémentaires.