Le baleinier islandais Hvalur, l'un des deux derniers navires baleiniers encore en activité dans le pays, a pris la mer vendredi 20 juin 2026 pour entamer une nouvelle saison de chasse commerciale à la baleine. Selon Le Figaro, cette reprise intervient après deux années d'interruption liées à des difficultés économiques et à une rentabilité jugée insuffisante.
Ce qu'il faut retenir
- Le Hvalur et son navire jumeau ont appareillé depuis le port de Reykjavik vendredi soir, après avoir testé leurs équipements de harponnage.
- L'Islande autorise un quota total de 320 baleines à capturer pour la saison 2026, réparti entre rorquals communs (150 individus) et petits rorquals (168 individus).
- Ces chiffres représentent une baisse de 28 % pour les rorquals communs et de 23 % pour les petits rorquals par rapport aux recommandations des années précédentes (2018-2025).
- Un manifestant s'est temporairement attaché au mât du navire avant son départ, avant d'être évacué par les forces de l'ordre.
- Le gouvernement islandais prépare un projet de loi visant à interdire définitivement la chasse à la baleine, qui pourrait être soumis au Parlement dès l'automne 2026.
Une reprise après deux ans d'arrêt
Le retour du Hvalur en mer marque la fin d'une pause de deux ans pour l'industrie baleinière islandaise. Selon Le Figaro, les deux navires baleiniers islandais ont quitté le port de Reykjavik vendredi soir, après avoir effectué des essais de leurs harpons dans la journée. Cette reprise s'inscrit dans un contexte économique redevenu favorable, après que les autorités islandaises avaient suspendu la chasse en 2024 et 2025 en raison de difficultés financières et d'une demande locale quasi inexistante pour la viande de baleine.
Cette activité reste cependant marginalisée dans le pays. Les données officielles montrent que la consommation de viande de baleine en Islande a chuté de près de 90 % depuis les années 1980, au point de ne plus représenter qu'une infime partie du régime alimentaire local. Malgré cela, la pratique persiste, encadrée par un quota annuel déterminé par l'Institut de recherche marine et d'eau douce islandais (Marine and Freshwater Research Institute).
Des quotas revus à la baisse sous pression internationale
Pour la saison 2026, les autorités islandaises ont fixé un plafond de 320 baleines à capturer entre mi-juin et mi-septembre. Ce chiffre, validé par les scientifiques locaux, marque une diminution significative par rapport aux années précédentes. Les recommandations officielles prévoient en effet 150 rorquals communs (Balaenoptera physalus), soit une baisse de 28 % par rapport aux années 2018-2025, et 168 petits rorquals, une réduction de 23 %.
Cette décision s'inscrit dans un contexte de pression accrue des organisations de défense des animaux, qui dénoncent depuis des années les méthodes de chasse islandaises. L'Islande figure parmi les trois seuls pays au monde à autoriser encore la chasse commerciale à la baleine, aux côtés de la Norvège et du Japon. Pourtant, les défenseurs des droits des animaux estiment que ces quotas restent trop élevés, malgré leur réduction.
Une opposition militante qui s'exprime dès le départ
Dès l'appareillage des navires, la mobilisation des opposants s'est manifestée. Selon les médias islandais RUV et MBL, relayés par Le Figaro, un manifestant s'est attaché au mât du Hvalur avant le départ, avant d'être rapidement évacué par les forces de l'ordre. Cet incident illustre la tension persistante autour de cette pratique, malgré son déclin économique et social en Islande.
Les associations de protection animale dénoncent régulièrement les méthodes utilisées lors de la chasse. Elles rappellent que les baleines, parmi les plus grands mammifères marins, subissent une agonie prolongée lors de leur mise à mort, malgré les tentatives de régulation. « Il est profondément décourageant de voir le navire baleinier islandais quitter le port pour entamer une nouvelle saison de chasse à la baleine, a déclaré Joanna Swabe, directrice Europe des affaires publiques au sein de l'ONG Humane World for Animals, citée par Le Figaro. Malgré les preuves accablantes qu'il n'existe aucune manière humaine de tuer une baleine, ces géants des océans subiront très probablement une mort atroce pour une viande que presque personne en Islande ne souhaite manger ».
Un avenir incertain pour la chasse baleinière islandaise
Malgré la reprise actuelle, l'avenir de la chasse à la baleine en Islande semble compromis. Le gouvernement islandais a en effet annoncé son intention de soumettre un projet de loi à l'automne 2026 pour interdire définitivement cette pratique. Cette initiative s'inscrit dans une dynamique plus large de protection des écosystèmes marins et de respect des engagements internationaux pris par le pays en matière de biodiversité.
Cependant, l'industrie baleinière locale, bien que marginalisée, conserve des soutiens, notamment parmi une partie de la population rurale et certains acteurs politiques. Pour ses défenseurs, la chasse représente une tradition culturelle et un moyen de subsistance, même si son poids économique reste limité. Les prochains mois seront donc décisifs pour déterminer si l'Islande choisira de tourner définitivement la page de cette pratique controversée.
Cette saison de chasse s'annonce donc comme un baromètre de l'évolution des mentalités en Islande, alors que le pays cherche à concilier héritage culturel et impératifs environnementaux. Pour les défenseurs des animaux, la reprise actuelle des activités baleinières reste un symbole de résistance anachronique, dans un monde de plus en plus sensible à la protection des espèces marines.
L'Islande a repris la chasse à la baleine en 2026 en raison d'une amélioration des conditions économiques locales et d'une rentabilité jugée suffisante par les armateurs. Les deux années d'interruption (2024-2025) avaient été motivées par des difficultés financières et une demande quasi inexistante pour la viande de baleine sur le marché islandais, selon Le Figaro.