L’ancien arrière droit brésilien Cicinho, aujourd’hui âgé de 45 ans, a livré un témoignage poignant sur sa descente aux enfers provoquée par une dépendance à l’alcool, selon RMC Sport. Passé par des clubs prestigieux comme le São Paulo FC, le Real Madrid et l’AS Roma, le joueur, qui compte 15 sélections en équipe nationale, évoque aujourd’hui sa renaissance grâce au soutien indéfectible de son épouse et à une thérapie.
Ce qu'il faut retenir
- Début précoce : Cicinho a commencé à boire dès l’âge de 13 ans, décrivant son attachement à la bière comme une « histoire d’amour ».
- Record extrême : Il affirme avoir consommé 70 bières et 15 caïpirinhas en une seule journée lors de son passage en Italie.
- Carrière en péril : Son addiction a nui à sa performance, notamment lors de son passage au Real Madrid et à l’AS Roma, où il arrivait ivre à l’entraînement.
- Seulement 8 tatouages sur 33 réalisés à jeun, les autres ayant été faits sous l’emprise de l’alcool pour masquer la douleur.
- Renaissance : Il n’a plus bu une goutte d’alcool depuis 14 ans, une victoire qu’il attribue à sa femme et à une thérapie.
- Nouvelle vie : Aujourd’hui consultant et père de famille, il déclare avoir « redécouvert le sens de la vie ».
Une passion pour l’alcool devenue une malédiction
Cicinho, de son vrai nom Cícero João de Cézare, a révélé dans un entretien accordé à la Gazzetta dello Sport que son rapport à l’alcool a commencé bien avant sa carrière professionnelle. « Je me suis détruit avec l’alcool », a-t-il confié, expliquant que sa première bière, bue à 13 ans, a marqué le début d’une relation toxique. « Plus je vieillissais, plus je buvais », a-t-il ajouté. À 17 ans, il a ajouté la cigarette à son quotidien, accélérant ainsi la spirale de sa dépendance. Selon ses propres mots, cette combinaison a « précipité la fin de sa carrière », alors qu’il était déjà un joueur prometteur au Brésil.
Son talent l’a cependant conduit à signer au Real Madrid en 2005, où il était censé remplacer Michel Salgado en tant qu’arrière droit offensif. Mais loin de briller sur le terrain, Cicinho a surtout brillé par ses excès en dehors des pelouses. « J’étais toujours chez moi, je me couchais à 4 heures du matin et j’allais à l’entraînement ivre à 8 heures », a-t-il raconté. Pour masquer son état, il avalait des litres de café et enchaînait les cigarettes, une stratégie qui n’a trompé personne bien longtemps.
L’Europe, miroir de ses démons
Recruté pour son dynamisme, Cicinho a rapidement transformé son image en celle d’un fêtard invétéré. Dans sa villa madrilène, il organisait des soirées interminables, une habitude qui lui permettait d’éviter les paparazzis. « J’étais chez moi en permanence », a-t-il expliqué. Mais son addiction ne s’arrêtait pas aux fêtes : elle a aussi influencé des moments plus intimes, comme ses tatouages. Sur les 33 tatouages qu’il arbore aujourd’hui, seuls huit ont été réalisés à jeun. « Je détestais la douleur des aiguilles, alors je buvais pour ne pas la sentir », a-t-il révélé, illustrant à quel point l’alcool avait infiltré chaque aspect de sa vie.
En 2007, il a rejoint l’AS Roma, où il a cru trouver un nouveau départ. Francesco Totti lui avait même lancé un « On est les Galactiques » pour le convaincre de signer. Pourtant, la réalité a été tout autre. Sous les couleurs de la Louve, Cicinho a battu tous les records d’excès. « J’ai dépassé toutes les limites. J’ai consommé 70 bières et 15 caïpirinhas en une seule journée, sans compter deux paquets de cigarettes », a-t-il raconté. « Je détestais dormir. Je voulais juste faire la fête chez moi avec des amis. » Ces excès, combinés à son incapacité à s’adapter au rythme italien, ont scellé son sort en Europe.
La chute et le sauvetage
Malgré son talent, Cicinho n’a jamais réussi à s’imposer durablement dans les grands clubs européens. Son manque de discipline a eu raison de lui, et il a quitté l’AS Roma en 2010, avant de terminer sa carrière en 2018 dans des clubs brésiliens moins prestigieux. Mais sa vraie bataille se jouait ailleurs : dans sa lutte contre l’alcool. « J’ai touché le fond », a-t-il reconnu. Sa carrière brisée, il a sombré dans une dépression, d’où il n’est sorti que grâce à l’intervention de son épouse. « Sans elle, je ne serais pas là aujourd’hui », a-t-il souligné. Elle l’a poussé à suivre une thérapie, un choix qui a changé le cours de sa vie.
Quatorze ans après son dernier verre, Cicinho a tourné la page. Aujourd’hui consultant pour des médias brésiliens et père de famille, il dit avoir « redécouvert le sens de la vie ». « Je suis heureux maintenant », a-t-il déclaré. Son témoignage, diffusé par RMC Sport, rappelle les dangers de l’addiction et l’importance du soutien familial dans les processus de guérison. Une histoire qui montre qu’il n’est jamais trop tard pour se reconstruire.
Son histoire soulève une question plus large : comment concilier la pression du haut niveau sportif et la gestion des addictions ? Un débat qui dépasse le cas de Cicinho et qui mérite une attention particulière dans un milieu où la performance prime souvent sur le bien-être.
Cicinho a évolué au São Paulo FC (Brésil), au Real Madrid (Espagne), à l’AS Roma (Italie), ainsi que dans plusieurs clubs brésiliens comme le Santos FC et le Botafogo, avant de terminer sa carrière en 2018.
Cicinho a arrêté de boire de l’alcool il y a 14 ans, un choix qu’il attribue à sa thérapie et au soutien de son épouse.