Un athlète chinois s'apprête à entrer dans l'histoire des sports extrêmes en réalisant un saut en parapente depuis le sommet de l'Everest, à 8 848 mètres d'altitude. Han Xiao, spécialiste des disciplines à haut risque, a obtenu le premier permis officiel délivré par le ministère népalais de la Culture, du Tourisme et de l'Aviation civile pour tenter cette prouesse technique et physique. Selon RMC Sport, cette autorisation, obtenue le 8 mai 2026, marque une première dans l'histoire de l'alpinisme et du parapente himalayen.

Ce qu'il faut retenir

  • Han Xiao, un athlète chinois de sports extrêmes, a reçu le premier permis de vol officiel pour sauter en parapente depuis le sommet de l'Everest (8 848 m).
  • L'autorisation, valable du 10 au 25 mai 2026 entre 9h et 12h, impose des conditions strictes : plafond de vol à 29 000 pieds et présence d'un hélicoptère de secours.
  • Cette tentative intervient malgré les préoccupations exprimées par les autorités chinoises, en raison de la position géopolitique sensible de l'Everest, frontalière entre le Népal et le Tibet.
  • En 2011, deux alpinistes avaient déjà réalisé un saut en parapente depuis l'Everest, mais sans autorisation gouvernementale.

Pour mener à bien ce projet, Han Xiao s'appuie sur l'agence britannique Elite Exped, co-dirigée par des alpinistes expérimentés comme Nirmal Purka et Mingma David Sherpa. Selon Tourism Info Nepal, cette structure a joué un rôle clé dans l'obtention du précieux sésame auprès des autorités népalaises. Plusieurs instances gouvernementales, dont le Département des parcs nationaux et de la conservation de la faune, ont collaboré pour valider cette tentative sous un cadre réglementaire strict.

Les contraintes imposées par le Népal ne sont pas anodines. Le permis limite la fenêtre de vol à seulement trois heures par jour, entre 9h et 12h, et fixe un plafond d'altitude à 29 000 pieds (environ 8 840 mètres), soit quelques mètres en dessous du sommet. Un hélicoptère de secours sera également positionné en permanence pour parer à toute éventualité. Ces mesures reflètent la volonté des autorités de concilier innovation sportive et sécurité, un équilibre devenu incontournable dans la gestion des expéditions himalayennes ces dernières années.

L'Everest, qui culmine à la frontière entre le Népal et la région autonome du Tibet (Chine), incarne une zone de friction géopolitique. Les autorités chinoises ont d'ailleurs fait part de leurs inquiétudes légitimes, comme l'a admis un haut responsable népalais : « Les préoccupations chinoises sont légitimes, compte tenu de la sensibilité du sommet partagé équitablement entre les deux pays ». Cette déclaration, rapportée par RMC Sport, souligne les tensions sous-jacentes liées à ce projet, alors que le Népal a récemment durci sa réglementation concernant les décollages de parapente en haute altitude.

Une première historique sous conditions

Bien que des tentatives similaires aient déjà eu lieu – comme celle de Sano Babu Sunuwar et Lakpa Tsheri Sherpa en 2011 –, aucune n'avait bénéficié d'une autorisation officielle. Le Népal, soucieux de préserver son image et de sécuriser ses sommets, a donc franchi une étape en encadrant juridiquement cette initiative. Pour les opérateurs locaux, cette décision représente une avancée majeure pour le tourisme de sports extrêmes dans l'Himalaya. Elle pourrait, selon eux, ouvrir la voie à de futurs projets d'aventure en haute altitude, à condition de respecter des protocoles stricts.

Les organisateurs précisent que le départ de Han Xiao dépendra avant tout des conditions météorologiques. Une météo capricieuse, fréquente à cette altitude, pourrait en effet reporter l'événement à plusieurs reprises. Les services météorologiques népalais surveillent de près les prévisions, afin de garantir la sécurité du sportif et des secours. « Nous nous élancerons dès que les conditions seront optimales », a indiqué un porte-parole d'Elite Exped à RMC Sport.

Contexte géopolitique et enjeux diplomatiques

Le choix du Népal de valider ce projet malgré les réticences chinoises révèle une stratégie complexe. Le pays, qui mise sur le tourisme comme l'une de ses principales ressources économiques, cherche à se positionner comme une destination phare pour les aventuriers du monde entier. Pourtant, la question de la souveraineté du sommet de l'Everest reste un sujet sensible. Pékin considère que le Tibet, où se trouve la face nord de la montagne, fait partie intégrante de son territoire, tandis que Kathmandou affirme sa juridiction sur l'intégralité de la montagne.

Les autorités chinoises n'ont pas manqué de rappeler leur position. « Le Mont Everest est un symbole de l'amitié sino-népalaise », a déclaré un responsable du ministère chinois des Affaires étrangères, sans pour autant s'opposer formellement au projet. Cette déclaration prudente illustre la complexité des relations entre les deux pays, où les questions symboliques et territoriales pèsent lourd dans les échanges diplomatiques. Pour autant, le Népal semble déterminé à poursuivre sa politique d'ouverture, tout en cherchant à apaiser les tensions par le dialogue.

Et maintenant ?

Si la fenêtre de tir accordée par les autorités népalaises expire le 25 mai, la réussite de cette tentative pourrait inspirer d'autres projets similaires dans les années à venir. Les organisateurs d'Elite Exped ont d'ores et déjà évoqué la possibilité d'étendre ce type d'expéditions à d'autres sommets himalayens, sous réserve d'obtenir les autorisations nécessaires. Côté chinois, une réaction officielle n'a pas encore été communiquée, mais les observateurs s'attendent à ce que Pékin surveille de près l'évolution de la situation. Quant à Han Xiao, son défi dépendra avant tout des caprices du vent et des conditions atmosphériques – une variable imprévisible à près de 9 000 mètres d'altitude.

Cette aventure, à la fois sportive et diplomatique, illustre les défis auxquels sont confrontés les pays himalayens dans la gestion de leur patrimoine naturel. Entre ouverture au tourisme extrême et préservation de leur souveraineté, le Népal et la Chine devront trouver un équilibre pour éviter que ces exploits ne deviennent des sources de tensions supplémentaires.

Quoi qu'il en soit, si Han Xiao parvient à mener à bien son saut, il inscrira son nom dans les annales des sports de l'extrême, aux côtés de ceux qui ont repoussé les limites du possible dans les montagnes les plus hautes du monde.

Les autorités chinoises expriment des inquiétudes en raison de la position géopolitique sensible du Mont Everest, situé à la frontière entre le Népal et le Tibet, région qu'elles considèrent comme leur territoire. Selon RMC Sport, Pékin craint que cette initiative ne soit perçue comme une provocation ou une remise en cause de sa souveraineté sur la région.

Le permis délivré par le ministère népalais de la Culture, du Tourisme et de l'Aviation civile limite la fenêtre de vol à trois heures par jour (entre 9h et 12h), fixe un plafond d'altitude à 29 000 pieds, et impose la présence d'un hélicoptère de secours. Ces mesures visent à garantir la sécurité du sportif et des secours en cas d'imprévu.