Le groupe automobile franco-italo-américain Stellantis a annoncé ce jeudi 21 mai 2026 la réduction de ses capacités annuelles de production en Europe de « plus de 800 000 unités » d’ici 2030, soit une baisse de l’ordre de 20 %, selon une source industrielle citée par BFM Business. Cette décision s’inscrit dans le cadre de la présentation de son plan stratégique de 60 milliards d’euros, visant à accélérer sa croissance et sa rentabilité.

Stellantis, qui possède des marques emblématiques comme Peugeot, Fiat, Jeep et Ram, justifie cette restructuration par la nécessité de rationaliser ses coûts et de préserver sa rentabilité après des pertes colossales enregistrées en 2025. Le groupe mise sur la reconversion de certains sites et le développement de partenariats stratégiques pour atteindre un taux d’utilisation de ses capacités de production passant de 60 % aujourd’hui à 80 % en 2030.

Ce qu'il faut retenir

  • Réduction de plus de 800 000 unités de capacité de production en Europe d’ici 2030, soit une baisse de 20 %.
  • Priorité donnée à quatre marques : Jeep, Ram, Peugeot et Fiat.
  • Partenariats annoncés avec Leapmotor (Espagne) et Dongfeng (France) pour optimiser l’utilisation des usines.
  • Objectif : porter le taux d’utilisation des capacités de production de 60 % à 80 % d’ici 2030.
  • Le titre de Stellantis chute de 6,68 % en Bourse après l’annonce, avant de se stabiliser à -5,63 %.

Un plan stratégique ambitieux de 60 milliards d’euros

Stellantis a dévoilé ce jeudi 21 mai 2026 son plan stratégique quinquennal, articulé autour d’investissements massifs de 60 milliards d’euros. L’objectif affiché est d’offrir des prix abordables tout en réduisant les coûts, après une année 2025 marquée par des pertes significatives. Le groupe mise sur quatre marques phares — Jeep, Ram, Peugeot et Fiat — pour porter cette stratégie, tout en rationalisant ses activités en Europe.

Parmi les mesures phares, Stellantis prévoit la reconversion de plusieurs sites industriels. À Poissy, en France, comme à Madrid et Saragosse en Espagne, le groupe collabore avec des partenaires locaux pour mutualiser les capacités de production. En France, un accord a notamment été signé avec le constructeur chinois Dongfeng pour partager l’usine de Rennes. En Espagne, Leapmotor sera associé aux sites de Madrid et Saragosse. Ces partenariats visent à optimiser l’utilisation des sites existants et à réduire les coûts fixes.

Une restructuration industrielle pour améliorer la rentabilité

La réduction de 20 % des capacités de production en Europe s’accompagne d’un engagement de Stellantis à préserver les emplois industriels, selon le communiqué du groupe. Cette mesure intervient dans un contexte de surcapacité chronique du marché automobile européen, où le taux d’utilisation moyen des usines s’établit autour de 60 %. L’objectif affiché par Stellantis est d’atteindre un taux d’utilisation de 80 % d’ici 2030, une cible ambitieuse qui passera par des ajustements structurels et des collaborations industrielles.

Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, a souligné dans un communiqué que ce plan visait à « offrir des prix abordables » tout en garantissant la pérennité du groupe. Après des pertes records en 2025, le constructeur entend ainsi redresser sa situation financière et renforcer sa compétitivité face à la concurrence asiatique et aux nouveaux défis du marché automobile, notamment la transition vers l’électrique.

Le marché réagit : chute du titre en Bourse

La présentation de ce plan stratégique a été suivie d’une réaction immédiate des investisseurs. Selon BFM Business, la cotation de Stellantis a été brièvement suspendue en Bourse après une chute de 6,68 % de son action peu après 11 h 30 GMT. À la reprise des échanges vers 11 h 50 GMT, le titre affichait toujours une baisse de 5,63 %, s’établissant à 6,07 euros. Cette réaction reflète les inquiétudes des marchés quant à l’impact des restructurations sur la rentabilité à court terme, malgré les promesses de gains de productivité à moyen et long terme.

Cette volatilité illustre les défis auxquels fait face Stellantis, un groupe issu de la fusion entre Fiat Chrysler et PSA. Le plan de 60 milliards d’euros, bien que ambitieux, soulève des questions sur sa faisabilité et son calendrier, dans un secteur en pleine mutation où les marges restent sous pression.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pour Stellantis consisteront à finaliser les accords de partenariat avec Leapmotor et Dongfeng, ainsi qu’à préciser le calendrier de reconversion des sites concernés. Le groupe devra également rassurer les marchés sur sa capacité à atteindre ses objectifs de rentabilité, alors que la demande en véhicules thermiques continue de reculer en Europe. Une première évaluation de l’impact de ces mesures pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026, avec la publication des premiers résultats trimestriels post-plan.

Reste à voir si ces restructurations permettront à Stellantis de retrouver une croissance durable, dans un environnement où la concurrence s’intensifie, notamment avec les constructeurs chinois qui gagnent des parts de marché en Europe. La capacité du groupe à concilier réduction des coûts et préservation des emplois sera également scrutée de près par les syndicats et les autorités locales.

Stellantis n’a pas détaillé l’ensemble des sites concernés par la réduction de capacité, mais a mentionné spécifiquement la reconversion de l’usine de Poissy en France. Des partenariats avec Dongfeng à Rennes (France) et avec Leapmotor à Madrid et Saragosse (Espagne) ont également été annoncés pour mutualiser les capacités de production.

Stellantis vise un taux d’utilisation de ses capacités de production de 80 % en Europe d’ici 2030, contre environ 60 % actuellement. Pour y parvenir, le groupe mise sur la reconversion de sites et des partenariats industriels pour optimiser l’activité.