Un groupe de chercheurs du CHU de Lille travaille depuis quatre ans au développement d’un stérilet masculin, selon Franceinfo - Santé. Ce dispositif, baptisé « STEOM », pourrait être mis sur le marché d’ici 2033, après avoir franchi toutes les étapes réglementaires européennes. Les premières expérimentations animales sont prévues dès le mois prochain, suivies d’une implantation sur l’homme dans le cadre d’une étude clinique attendue en 2030.
Ce qu'il faut retenir
- Le dispositif « STEOM », développé par des chercheurs du CHU de Lille, est une sorte de « petite pince » placée sous anesthésie locale en 15 minutes.
- Son action est purement mécanique : il dévie le trajet des spermatozoïdes sans altérer leur production, avec une durée d’efficacité de trois ans.
- Les premières expérimentations animales débuteront le mois prochain, avant une étude clinique sur l’homme prévue en 2030.
- La commercialisation n’est envisagée qu’en 2033, après validation par les autorités européennes.
- Ce projet répond à une demande croissante de vasectomies et à une réticence des femmes envers les contraceptifs hormonaux.
Un dispositif mécanique réversible et sans hormones
Le stérilet masculin « STEOM » se présente comme une alternative mécanique aux méthodes contraceptives existantes. « Dans la vasectomie, on coupe ces canaux, alors qu’avec notre stérilet, on place le dispositif et on dévie le trajet des spermatozoïdes », explique Jessica Schiro, docteure en biomécanique au CHU de Lille et conceptrice du projet. Aucune modification de la production de spermatozoïdes n’est prévue, ce qui garantit une réversibilité du dispositif à terme.
La pose, réalisée en quinze minutes sous anesthésie locale, reproduit la procédure d’une vasectomie classique. « On n’est pas obligé d’utiliser le même moyen de contraception toute sa vie », souligne Julie Prasivoravong, andrologue au CHU de Lille. L’enjeu, selon elle, est avant tout celui du choix et de la liberté pour les hommes comme pour les couples.
Un projet né d’une demande croissante et d’un besoin non couvert
Le projet « STEOM » s’inscrit dans un contexte où les alternatives contraceptives masculines restent limitées. Entre 2010 et 2022, le nombre de vasectomies a été multiplié par quinze, reflétant une demande accrue pour des méthodes définitives ou semi-définitives. Parallèlement, de plus en plus de femmes expriment une réticence envers les contraceptifs hormonaux, en raison de leurs effets secondaires potentiels.
« L’idée, c’est la liberté, c’est le choix », insiste Julie Prasivoravong. Le stérilet masculin pourrait ainsi offrir une solution adaptée à ceux qui souhaitent éviter une contraception hormonale, tout en bénéficiant d’une méthode réversible et sans impact sur la santé à long terme.
Des étapes réglementaires strictes avant une commercialisation
Avant de pouvoir être utilisé par le grand public, le dispositif « STEOM » devra franchir plusieurs étapes clés. Les expérimentations animales, prévues dès le mois prochain, permettront d’évaluer son efficacité et sa sécurité. Si ces tests s’avèrent concluants, une étude clinique sur l’homme sera lancée en 2030, sous le contrôle des autorités sanitaires.
La mise sur le marché n’est envisagée qu’en 2033, une fois que le produit aura obtenu toutes les certifications européennes. « Pour le grand public, il faudra attendre au moins 2033 », précise Franceinfo - Santé. Cette échéance reflète la rigueur des procédures d’homologation, essentielles pour garantir la sécurité des utilisateurs.
Selon les chercheurs, ce dispositif pourrait répondre à un besoin croissant, tant chez les hommes que chez les couples soucieux de diversifier leurs options contraceptives. Reste à voir comment les autorités sanitaires évalueront son rapport bénéfice/risque, une étape cruciale avant une éventuelle mise à disposition.
Le dispositif « STEOM » est une sorte de « petite pince » placée dans les canaux déférents sous anesthésie locale. Il dévie le trajet des spermatozoïdes, empêchant leur passage sans altérer leur production. Son action est purement mécanique, et il est conçu pour durer trois ans, avec une réversibilité possible.