L’affaire judiciaire concernant Félicité Affoué Kouamé, condamnée pour escroquerie en Côte d’Ivoire, a connu un dénouement ce mercredi 13 mai 2026. La Cour d’appel d’Abidjan a réduit sa peine de vingt à cinq ans de prison, entraînant sa libération immédiate, comme le rapporte RFI. Cette décision met fin à une période de sept ans d’incarcération préventive, un délai qui avait suscité de vives critiques sur les dysfonctionnements du système judiciaire ivoirien.
Ce qu'il faut retenir
- Félicité Affoué Kouamé a été reconnue coupable d’escroquerie par la justice ivoirienne en première instance.
- Elle était détenue depuis sept ans en attente de son procès en appel, une situation dénoncée comme une détention abusive.
- Mercredi 13 mai 2026, la Cour d’appel d’Abidjan a réduit sa peine de vingt à cinq ans de prison.
- Cette réduction lui permet de recouvrer sa liberté, sa nouvelle peine étant déjà considérée comme purgée.
Une détention préventive exceptionnellement longue
Félicité Affoué Kouamé avait été arrêtée en 2019 pour des faits d’escroquerie présumés. Depuis cette date, elle attendait son procès en appel dans l’enceinte de la prison d’Abidjan. Cette durée de détention préventive, inhabituellement longue pour une affaire de cette nature, a alimenté les débats sur l’efficacité et la rapidité de la justice ivoirienne. Selon les observateurs, ce cas illustre les difficultés rencontrées par les justiciables dans un système judiciaire parfois engorgé.
Les associations de défense des droits humains et certains juristes avaient multiplié les alertes sur cette situation. « Une détention préventive de sept ans pour une affaire d’escroquerie est disproportionnée et contrevient aux principes fondamentaux d’un procès équitable », avait souligné un avocat spécialisé dans les droits humains, cité par RFI. La décision de la Cour d’appel intervient alors que la question des délais judiciaires en Côte d’Ivoire reste un sujet de préoccupation majeure.
Une réduction de peine motivée par des circonstances exceptionnelles
La Cour d’appel d’Abidjan a justifié sa décision par des « circonstances exceptionnelles » liées à la durée excessive de la détention préventive. La peine initiale de vingt ans de prison, prononcée en première instance, a donc été ramenée à cinq ans, une durée déjà largement couverte par le temps passé derrière les barreaux.
« La justice a pris en compte l’ensemble des éléments du dossier, y compris la durée anormalement longue de la détention préventive », a expliqué un magistrat anonyme à RFI. Cette décision, bien que saluée par les défenseurs des droits humains, ne manque pas de susciter des questions sur les pratiques judiciaires en Côte d’Ivoire. Certains observateurs estiment que cette affaire pourrait servir de précédent pour d’autres dossiers similaires.
Un débat récurrent sur les détentions abusives en Afrique de l’Ouest
Ce cas n’est pas isolé en Afrique de l’Ouest, où les détentions préventives prolongées sont régulièrement dénoncées. Selon des rapports d’organisations internationales, des milliers de personnes attendent des années avant d’être jugées, souvent dans des conditions précaires. En Côte d’Ivoire, des réformes ont été engagées ces dernières années pour accélérer les procédures judiciaires, mais les résultats restent mitigés.
« La lenteur de la justice est un fléau qui touche de nombreux pays africains », rappelle un juriste international. « Cette affaire Félicité Affoué Kouamé pourrait, espérons-le, accélérer les réflexions sur une réforme en profondeur du système judiciaire ivoirien. »
Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l’impact de cette décision. Les associations de défense des droits humains appellent déjà à une réforme structurelle du système judiciaire, tandis que le ministère de la Justice n’a pas encore réagi officiellement à cette affaire.