Alors que plus d’un million de citoyens européens avaient signé une pétition pour demander leur interdiction, la Commission européenne a annoncé, mercredi 13 mai 2026, qu’elle ne disposait pas des compétences juridiques nécessaires pour bannir les « thérapies » de conversion des personnes LGBTQ+ à l’échelle de l’Union. Selon RFI, cette décision marque un tournant dans le débat sur la protection des droits des minorités sexuelles en Europe, tout en renvoyant la responsabilité aux États membres. Ces pratiques, qui assimilent l’homosexualité à une maladie et prétendent modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne, restent donc légales dans plusieurs pays de l’UE.

Ce qu'il faut retenir

  • Une pétition signée par plus d’un million de personnes réclamait l’interdiction des thérapies de conversion au niveau européen.
  • La Commission européenne a estimé, le 13 mai 2026, ne pas avoir les moyens légaux pour les interdire directement.
  • Elle encourage désormais les États membres à adopter des législations nationales pour les bannir.
  • Ces pratiques sont reconnues comme pseudoscientifiques et discriminatoires par la plupart des organisations de santé.

Une décision contestée par les associations, mais sans alternative légale

La décision de la Commission européenne ne fait pas l’unanimité parmi les associations de défense des droits LGBTQ+. Certaines saluent l’engagement à promouvoir des interdictions nationales, tandis que d’autres dénoncent une demi-mesure. Comme l’a rappelé ILGA-Europe, une organisation spécialisée dans les droits des personnes LGBTQ+, « l’absence d’interdiction européenne maintient une porte ouverte à ces pratiques dans les pays les plus répressifs ». D’après RFI, la Commission s’appuie sur l’absence de base juridique commune pour agir, chaque État restant souverain sur sa législation.

Pourtant, plusieurs pays européens, comme la France, l’Allemagne ou Malte, ont déjà légiféré contre ces thérapies. En France, une loi de 2022 les interdit sous peine de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. « C’est une avancée, mais elle reste insuffisante tant que d’autres États de l’UE ne suivent pas », a souligné un porte-parole de l’association SOS Homophobie, contacté par RFI.

Des pratiques toujours en vigueur dans une partie de l’Union

Selon les dernières données disponibles, au moins dix États membres de l’UE n’ont aucune législation contre les thérapies de conversion, principalement en Europe centrale et de l’Est. En Pologne, par exemple, des municipalités se sont déclarées « zones sans idéologie LGBT » et promeuvent des programmes controversés de « réorientation sexuelle ». En Hongrie, des associations locales rapportent des cas de jeunes envoyés de force dans des centres pour « soigner » leur homosexualité.

La Commission européenne a indiqué qu’elle comptait sur le mécanisme de conditionnalité des fonds européens pour inciter les États récalcitrants à agir. « Nous utiliserons tous les leviers à notre disposition pour encourager le respect des droits fondamentaux », a déclaré une porte-parole, sans préciser de calendrier. Reste à savoir si cette approche suffira à faire évoluer les législations nationales.

Un débat qui dépasse les frontières de l’UE

La question des thérapies de conversion ne concerne pas uniquement l’Europe. Aux États-Unis, plusieurs États, comme la Californie ou New York, les ont interdites, tandis que d’autres, comme l’Alabama, les autorisent sous couvert de « liberté religieuse ». En Ouganda, une loi de 2023 les criminalise même, mais avec des peines pouvant aller jusqu’à la prison à perpétuité. En Europe, la pression des institutions internationales, comme le Conseil de l’Europe, reste forte pour une harmonisation des législations.

« L’homosexualité n’est pas une maladie, et ces pratiques n’ont aucune base scientifique », a rappelé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un communiqué publié en 2020. Pourtant, selon une enquête de Eurobaromètre, près de 12 % des Européens considèrent encore que l’homosexualité peut être « guérie » ou « corrigée ».

Et maintenant ?

La Commission européenne devrait présenter, d’ici la fin de l’année 2026, un rapport sur l’application des droits LGBTQ+ dans les États membres, incluant des recommandations pour lutter contre les thérapies de conversion. Une proposition législative pourrait être envisagée si la majorité des pays ne progressent pas d’ici 2027. En parallèle, les associations appellent à une mobilisation citoyenne pour maintenir la pression sur les gouvernements réticents. Le débat reste ouvert, mais l’absence d’interdiction européenne laisse planer le doute sur son efficacité à long terme.

Alors que les droits des personnes LGBTQ+ continuent de progresser dans certains pays, cette décision de l’UE rappelle que l’harmonisation des législations reste un combat de tous les instants. Pour les militants, l’enjeu est clair : éradiquer ces pratiques ne peut plus attendre.

Il s’agit de pratiques visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne, souvent présentées comme des « thérapies ». Elles sont considérées comme pseudoscientifiques et discriminatoires par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la plupart des institutions médicales.