Un drone naval militaire ukrainien, conçu pour des missions kamikazes, a été découvert au large de l'île grecque de Leucade, en mer Ionienne. Selon Courrier International, cet engin chargé d'explosifs a été repéré par des pêcheurs le 8 mai 2026, avant que son origine ukrainienne ne soit confirmée par les autorités grecques cinq jours plus tard.
Ce qu'il faut retenir
- Un drone Magura V5, identifié comme un véhicule de surface sans pilote ukrainien, a été retrouvé le 8 mai 2026 au large de Leucade, en mer Ionienne.
- L'engin, conçu pour des missions kamikazes, peut transporter une charge explosive importante et atteindre une vitesse de 110 à 120 km/h.
- Le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias, a qualifié l'incident de « sujet extrêmement grave » affectant la sécurité maritime.
- Kiev a indiqué ne disposer d'aucune information sur ce drone tout en se disant prêt à coopérer avec Athènes pour clarifier l'affaire.
- L'appareil est le même modèle que ceux utilisés par l'Ukraine dans la plupart de ses opérations en mer Noire.
Une découverte aux implications sécuritaires majeures
Le drone, identifié comme un Magura V5, est un véhicule de surface sans pilote conçu spécifiquement pour des missions kamikazes. D'après les informations rapportées par Courrier International, cet engin peut transporter une charge explosive significative et se déplace à une vitesse comprise entre 110 et 120 km/h. Il a été utilisé à plusieurs reprises par les forces ukrainiennes lors d'opérations en mer Noire, notamment dans le cadre du conflit avec la Russie.
Sa présence dans les eaux grecques, à près de 2 000 kilomètres de la zone de conflit, soulève des questions sur les circonstances de sa dérive ou de son déploiement. Les autorités grecques n'ont pas précisé si le drone avait été délibérément dirigé vers les côtes helléniques ou s'il avait dérivé après une opération.
Réactions immédiates et tensions diplomatiques
Dès la confirmation de l'origine ukrainienne du drone, le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias, a réagi avec fermeté. « Il s’agit d’un sujet extrêmement grave qui affecte la liberté et la sécurité de navigation », a-t-il déclaré mardi 12 mai 2026, soulignant les risques pour la navigation commerciale et militaire en Méditerranée.
Du côté ukrainien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Heorgii Tykhyi, a assuré que Kiev « ne disposait d'aucune information concernant le drone retrouvé en Grèce ». Il a cependant confirmé la volonté de l'Ukraine de coopérer pleinement avec les autorités grecques pour faire la lumière sur cet incident. « L'enjeu principal concerne les relations entre Athènes et Kiev à un moment où la stabilité régionale est déjà fragile », a-t-il précisé.
« Il s’agit d’un sujet extrêmement grave qui affecte la liberté et la sécurité de navigation. »
Nikos Dendias, ministre grec de la Défense, le 12 mai 2026
Un contexte régional déjà tendu
La découverte de ce drone survient dans un contexte où la Grèce, membre de l'OTAN, entretient des relations complexes avec l'Ukraine et la Russie. Athènes a déjà été le théâtre d'incidents impliquant des drones ou des activités suspectes en mer Égée, notamment près des îles de la mer Ionienne et de la mer Égée. La présence d'un drone ukrainien, même non opérationnel, risque d'alourdir les tensions déjà existantes.
Par ailleurs, la Grèce a récemment renforcé sa coopération militaire avec Kiev, notamment dans le cadre de la livraison d'armements et de la formation de soldats ukrainiens. Cet incident pourrait ainsi être interprété comme une remise en question de cette collaboration, ou au contraire, comme un signe de l'intensification des échanges entre les deux pays.
En attendant, la question des responsabilités reste entière : s'agit-il d'un incident isolé, d'une erreur de navigation, ou d'une manœuvre délibérée ? Les réponses pourraient venir des enquêtes en cours et des échanges diplomatiques à venir.
Le Magura V5 est un drone naval ukrainien conçu pour des missions kamikazes. Il peut transporter une charge explosive importante, atteint une vitesse de 110 à 120 km/h et a été utilisé à plusieurs reprises par l'Ukraine dans la mer Noire. Selon Courrier International, il s'agit d'un véhicule de surface sans pilote de technologie rudimentaire, mais efficace pour des opérations ciblées.